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Ousmane Ndiaye : « Le Cameroun est un exemple typique de fiction démocratique »

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Journaliste et analyste politique, Ousmane Ndiaye vient de publier un essai au vitriol dans lequel il s’attaque aux tenants du « relativisme démocratique ». Il estime que « le moins mauvais des régimes » n’est pas applicable sur le continent. Entretien en vidéo.

« Plus on vote, plus on s’éloigne de la démocratie. » Le journaliste sénégalais Ousmane Ndiaye est un adepte de ce type de punchlines qui, derrière un faux air de provocation, engagent à la réflexion. Fin connaisseur de l’actualité politique du continent, qu’il a couverte pour de nombreux médias, dont TV5 Monde où il fut rédacteur en chef pour l’Afrique, il vient de publier L’Afrique contre la démocratie – Mythes, déni et péril (Rive neuve – 2025). Un essai nerveux et virulent, dans lequel il s’attaque à ceux qui jugent que la démocratie ne serait pas applicable dans les pays africains, car trop occidentale. Contre ces tenants du « relativisme démocratique », il répond par une critique en règle des fondements historiques de la construction de ce qu’il qualifie de « fictions démocratiques », et en fait plonger l’origine dans la période coloniale.

Dans l’entretien en vidéo qu’il a accordé à Jeune Afrique, il livre notamment son analyse sur le Cameroun, qui se prépare à la présidentielle d’octobre prochain, et dont il juge que la situation politique reflète très exactement la thèse qu’il défend dans son essai. « Il y a un Sénat, il y a une commission nationale électorale indépendante, qui n’est surtout pas indépendante, il y a un Parlement, qui n’est surtout pas un contre-pouvoir ni une instance de contrôle du pouvoir », liste-t-il, critiquant « une sorte de personnification du pouvoir par un seul homme avec les atours d’une démocratie ».

Opposants historiques et panafricanistes populistes

Il n’est pas plus tendre avec les anciens « opposants historiques », d’Alpha Condé à Laurent Gbagbo, coupables selon lui d’avoir « tué l’espoir démocratique en ne mettant pas en place un régime réellement démocratique ». Au passage, il égratigne certains opposants d’aujourd’hui : « Quand, dans l’opposition, dans son propre parti, on n’a pas une gouvernance et une pratique démocratique, quand on arrive au pouvoir, on ne l’aura pas. »

Il s’attaque également aux activistes se revendiquant néo-panafricanistes qui, de Nathalie Yamb à Kemi Seba, ont selon lui dévoyé l’héritage des penseurs du panafricanisme originel. « En Afrique de l’Ouest, une bonne partie de la jeunesse s’est politisée sur la question postcoloniale, sur deux enjeux : le franc CFA et la présence française, notamment militaire. Et cela a été capté par des populistes, des influenceurs, des radicaux, qui ont mis [cette dynamique] au service des pouvoirs antidémocratiques de l’Alliance des États du Sahel ».

L’intégralité de l’entretien est à découvrir dans la vidéo ci-dessus.

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