À peine installée, Kaba Nialé adopte une posture ferme face aux accusations répétées du Niger après les tirs à Niamey, rompant avec la retenue observée par ses prédécesseurs.
À peine installée à la tête du ministère d’État, ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Kaba Nialé a donné le ton. Contrairement à la posture prudente observée jusqu’ici par Abidjan face aux accusations répétées du Niger, la nouvelle cheffe de la diplomatie ivoirienne a opté pour une réponse officielle et ferme.
Contexte sécuritaire à Niamey
La réaction ivoirienne fait suite aux tirs entendus dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026 à l’aéroport international Diori Hamani de Niamey. La zone visée abrite la base aérienne 101, le quartier général de la Force unifiée de l’Alliance des États du Sahel (AES) ainsi qu’une cargaison d’uranium sous haute surveillance. Les forces de défense et de sécurité nigériennes, appuyées par des partenaires russes, affirment avoir neutralisé les assaillants. L’attaque a été revendiquée ce vendredi par l’organisation terroriste État islamique.
La junte indique que quatre militaires ont été blessés, que vingt assaillants ont été neutralisés, dont « un Français », et que plusieurs autres ont été arrêtés.
Dans la foulée, le chef de la junte nigérienne, le général Abdourahmane Tiani, a publiquement accusé la Côte d’Ivoire, la France et le Bénin d’être à l’origine de cette attaque présumée. Des accusations rejetées sans ambiguïté par Abidjan.
Une diplomatie ivoirienne ferme
Ce vendredi 30 janvier 2026, l’ambassadrice du Niger a été convoquée au cabinet de la ministre d’État. Au cours de l’entretien, le gouvernement ivoirien a exprimé sa « vive indignation » et condamné « avec la plus grande fermeté » les déclarations de Niamey. Selon le communiqué officiel, ces propos « contreviennent aux usages diplomatiques » et portent « une atteinte grave à l’honneur et à la dignité du Chef de l’État, ainsi qu’au peuple ivoirien ». Une note de protestation formelle a été remise à l’ambassadrice pour transmission aux autorités nigériennes. Abidjan affirme rester attentif à la suite de cette démarche et se réserve « le droit de tirer toutes les conséquences qui s’imposent » si les accusations persistent.
Jusqu’ici, Abidjan s’était surtout inscrit dans une logique de retenue, préférant ignorer ou minimiser les accusations répétées de Niamey depuis le coup d’État de juillet 2023. La convocation officielle de l’ambassadrice marque donc un changement de méthode, sans pour autant rompre avec les canaux diplomatiques.

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Au Niger la junte accuse la Côte-d’Ivoire, le Bénin et la France, après l’attaque de l’aéroport de Niamey
Au Niger, le chef de la junte, le général Abdourahamane Tiani, a accusé la France, le Bénin et la Côte d’Ivoire d’avoir « sponsorisé » l’attaque menée dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026 contre l’aéroport international Diori Hamani de Niamey. Selon les autorités militaires, vingt assaillants ont été tués, dont « un Français », et onze autres arrêtés, tandis que quatre soldats nigériens ont été blessés.
Le général Tiani a publiquement remercié la Russie pour son appui militaire, saluant l’intervention des partenaires russes dans la défense du site stratégique, qui abrite notamment une base aérienne, une base de drones et le quartier général de la force conjointe Niger–Burkina Faso–Mali.
L’attaque, non revendiquée à ce stade, a également endommagé des aéronefs civils, dont des avions des compagnies Asky et Air Côte d’Ivoire. Des images satellites montrent des zones brûlées à proximité de la piste.
Si la junte évoque une opération de « mercenaires télécommandés », plusieurs observateurs estiment que la piste jihadiste demeure la plus crédible, dans un contexte de forte pression des groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’État islamique au Sahel autour de Niamey.
Cet épisode intervient dans un climat de tensions diplomatiques persistantes entre le Niger et plusieurs pays occidentaux, sur fond de rapprochement avec la Russie et de bras de fer autour de l’uranium nigérien.
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Niger : « 20 mercenaires neutralisés lors d’une attaque contre la Base aérienne de Niamey » (Communiqué)
Dans un communiqué rendu public le 29 janvier 2026, le Ministère de la Défense nationale du Niger informe qu’une attaque terroriste a été menée dans la nuit du 28 au 29 janvier contre la Base aérienne 101 de Niamey, site emblématique d’où les forces françaises ont quitté le pays en novembre 2023.
Aux environs de 00h20, un groupe de mercenaires circulant à moto, phares éteints, a lancé un assaut d’environ trente minutes contre la base. Le dispositif de sécurité, renforcé par les forces de défense et de sécurité de Niamey, a réussi à repousser cette attaque, malgré des blessures infligées à quatre militaires et des dégâts matériels, notamment un incendie dans un stock de munitions.
Le communiqué précise que lors de leur retraite, les assaillants ont tiré sur trois aéronefs civils, dont deux de la compagnie Askaï, sans faire état de victimes parmi les civils. La riposte combinée a permis la neutralisation de vingt mercenaires et l’arrestation de onze autres, la majorité étant grièvement blessée.
Un important matériel de guerre et plusieurs motocyclettes ont été saisis. Le Ministre d’État, Ministre de la Défense nationale, le Général d’Armée Salifou Mody, adresse ses félicitations aux forces armées pour leur courage et assure la population que la situation est maîtrisée.
Il invite également les citoyens à signaler tout comportement suspect et remercie la population de Niamey pour son soutien spontané pendant cette épreuve.
Bruno Bayala