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Liste grise du GAFI : Mali et Burkina libérés, Abidjan doit encore attendre

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Alors que le Mali et le Burkina Faso quittent la liste des pays à haut risque pour l’Union européenne, la Côte d’Ivoire reste sous surveillance, malgré ses progrès. Le pays doit encore convaincre Bruxelles.

La Côte d’Ivoire observe de loin le soulagement de ses voisins du Sahel. Le Mali et le Burkina Faso viennent d’être officiellement retirés de la liste des juridictions financières à haut risque par l’Union européenne, une décision effective dès le 29 janvier 2026. Une distinction qui souligne des efforts concrets de ces pays pour lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).

Reformes structurantes

Pour ces deux États, le chemin a été long. Entre renforcement des sanctions financières, amélioration de la traçabilité des transactions et réformes juridiques, Bamako et Ouagadougou ont su convaincre Bruxelles que leurs systèmes financiers étaient désormais plus sûrs et transparents.

« Cette reconnaissance européenne est le fruit de plusieurs années de réformes structurantes », commente un analyste économique basé à Ouagadougou.

La Côte d’Ivoire, elle, doit encore patienter. Entré sur la liste grise du GAFI en octobre 2024, le pays fait face à des insuffisances dans son dispositif LBC/FT, notamment sur la coopération internationale et l’accès aux informations sur les bénéficiaires effectifs. Les autorités ivoiriennes ont pourtant lancé un plan d’action ambitieux et noté des progrès. Mais pour Bruxelles, les efforts ne sont pas encore suffisants.

Une lutte à intensifier 

Le président Alassane Ouattara a rappelé la priorité de cette lutte dans son discours du Nouvel An. « La rigueur dans la gestion économique et financière de l’État restera une priorité absolue, a-t-il promis. Nous continuerons d’optimiser les procédures de gestion des finances publiques… et de poursuivre les efforts en matière de bonne gouvernance. La lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme sera intensifiée, afin de faire de la Côte d’Ivoire un modèle de transparence en Afrique. »

D’un point de vue économique, la différence est immédiate. Pour le Mali et le Burkina Faso, la sortie de la liste grise signifie une réduction des coûts de conformité pour les banques et une attractivité renforcée auprès des investisseurs internationaux. Pour Abidjan, en revanche, la vigilance renforcée des institutions financières européennes reste de mise, ce qui peut freiner certains flux commerciaux et investissements.

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