Bagarres, coups de poing, coups de pied, scènes de bousculades et violences verbales : le congrès extraordinaire organisé ce mercredi à la Maison de la Presse a offert un spectacle désolant. Des journalistes ivoiriens, déjà confrontés pour la plupart à des conditions de vie précaires, ont donné à voir une image peu reluisante de la profession.
Plusieurs voix appellent désormais à la dissolution pure et simple de l’Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), une organisation jugée par ses détracteurs comme profondément gangrenée par des querelles internes et des soupçons de corruption.
Le 12ᵉ congrès de l’UNJCI, initialement prévu puis reporté, a surtout ravivé une vive polémique autour de la carte des journalistes professionnels de Côte d’Ivoire (CIJP).
Un collectif de journalistes conteste la validité de la carte détenue par le candidat déclaré Franck Ettien. Selon ce groupe, l’intéressé ne devrait pas bénéficier de la carte de journaliste professionnel au motif qu’il occupe actuellement les fonctions de chef de cabinet du président du Conseil régional du Gôh. D’après eux, les textes encadrant la profession exigent l’exercice effectif du métier de journaliste pour pouvoir prétendre à cette carte.
La question est donc posée : comment un candidat à la présidence de l’UNJCI a-t-il pu obtenir la carte de journaliste professionnel si, selon ses détracteurs, il ne remplirait pas les conditions requises ?
Au-delà des personnes, cette controverse soulève un débat plus large sur la crédibilité de la carte professionnelle, censée attester du statut, de l’indépendance et de la légitimité des journalistes en Côte d’Ivoire.
Face à la gravité des tensions observées, certains estiment que le ministère de tutelle devrait clarifier publiquement les critères d’attribution de la carte, voire procéder à un audit du processus, afin de restaurer la confiance et préserver l’image de la profession.
