Auteur/autrice : iciabidjan

  • Côte d’Ivoire : l’ouvrage principal du grand carrefour de Koumassi ouvert à la circulation ce dimanche 8 juin 2025

    Côte d’Ivoire : l’ouvrage principal du grand carrefour de Koumassi ouvert à la circulation ce dimanche 8 juin 2025

    L’ ouvrage principal du grand carrefour de Koumassi sera ouvert à la circulation ce dimanche 8 juin 2025, dans une note du Ministère de l’Équipement et de l’Entretien Routier consultée ce jour. 

    Le ministre Amédé Koffi Kouakou et l’ambassadrice des États-Unis en Côte d’Ivoire, Mme Jessica Davis Ba, inspectent les travaux de l’échangeur du grand carrefour de Koumassi.

    À cet effet, le Ministre de l’Équipement et de l’Entretien Routier, Dr. Amédé Koffi Kouakou, a effectué une visite du chantier en compagnie de Jessica Davis Ba, Ambassadrice des États-Unis en Côte d’Ivoire pour constater que l’ouvrage principal du projet notamment le pont qui passe au-dessus du grand carrefour de Koumassi est achevé. De ce fait, sa mise en service est prévue pour le dimanche prochain.

    La note indique que Dr Kouakou s’est félicité de cette importante avancée et a salué l’engagement conjoint des gouvernements ivoirien et américain dans la concrétisation de ce projet structurant. « C’est un symbole fort de coopération au bénéfice des populations ivoiriennes, qui permettra de fluidifier durablement la circulation dans notre capitale », a-t-il déclaré.

    De plus, il a également exprimé sa gratitude à l’endroit des populations riveraines pour leur “ patience et leur résilience “ face aux désagréments temporaires liés à la réalisation du projet.

    Par ailleurs, les travaux d’aménagement se poursuivent jusqu’à la fin du mois de juillet

    R-SEKONGO

  • Interdictions d’entrée aux États-Unis : L’Union africaine appelle Trump à tenir compte des aspects humains et à dialoguer avec les États

    Interdictions d’entrée aux États-Unis : L’Union africaine appelle Trump à tenir compte des aspects humains et à dialoguer avec les États

    Au lendemain de la décision du président américain, Donald Trump, relative aux restrictions de voyage visant plusieurs pays africains, la Commission de l’Union africaine a exprimé sa préoccupation à travers un document publié le 5 juin 2025.

    Dans cette déclaration, l’UA exprime sa compréhension sur le droit de chaque nation à protéger ses frontières et ses citoyens. Cela dit, elle souhaite de la part du gouvernement américain une action équilibrée qui se base sur des preuves et en accord avec les relations entre les pays africains et les États-Unis.

    L’Union africaine s’inquiète singulièrement des effets néfastes de ces dispositions sur les échanges humains, l’éducation, le commerce et les relations diplomatiques établies depuis plusieurs décennies entre l’Afrique et les États-Unis. La Commission de l’UA rappelle également, à travers ce document, qu’Africains et Américains ont des intérêts communs en matière de paix, de prospérité et de coopération mondiale.

    La Commission appelle donc l’administration américaine à privilégier une action concertée, à mettre en priorité le dialogue avec les pays touchés et solutionner le problème.

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    Lutte contre les “terroristes étrangers” : Trump interdit l’accès des Etats- Unis aux ressortissants de 19 pays

    Le président américain Donald Trump a pris une nouvelle décision interdisant l’accès à son pays à des ressortissants de 12 pays. L’annonce, faite le mercredi 4 juin 2025, se fonde sur une volonté de lutter contre les « terroristes étrangers » et les menaces sécuritaires.

    Cette décision, qui entrera en vigueur le 9 juin 2025, à partir de 4h 01 (GMT), est dans la ligne droite du durcissement de la politique migratoire américaine depuis le début du retour de Trump à la Maison blanche.

    Les pays dont les citoyens sont concernés sont : l’Afghanistan, le Myanmar, le Tchad, le Congo, la Guinée équatoriale, l’Érythrée, Haïti, l’Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan et le Yémen. Mais en plus, cette nouvelle disposition prévoit des restrictions partielles pour les voyageurs originaires de sept autres pays dont Cuba, le Venezuela ou encore le Togo.

    Le décret justifie aussi cette décision par l’incapacité de certains pays à vérifier l’identité de leurs citoyens à destination des Etats-Unis.

    Dans une vidéo publiée sur le réseau social X, Donald Trump a déclaré : « Nous n’autoriserons pas les personnes qui souhaitent nous faire du mal à entrer dans notre pays ». Il précise également que cette liste pourrait être mise à jour en fonction des enjeux sécuritaires.

    Le décret précise toutefois que les visas délivrés avant le 9 juin 2025 resteront valides.

    Samuel Tia

  • CHARLES BLÉ GOUDÉ ET SIMONE GBAGBO SONT EN CONTACT AVEC LE RHDP – MAMADOU TOURÉ

    CHARLES BLÉ GOUDÉ ET SIMONE GBAGBO SONT EN CONTACT AVEC LE RHDP – MAMADOU TOURÉ

    Entre la CAP-CI et le pouvoir en place, les discussions se poursuivent, loin des caméras. C’est ce qu’a affirmé ce mercredi 4 juin 2025, le ministre Mamadou Touré, lors des Rendez-vous du RHDP.

    Le porte-parole adjoint du parti au pouvoir  a maintenu à levier toute ambiguïté sur les relations entre le RHDP et la Coalition pour l’Alternance Pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI), qui regroupe plusieurs formations dont le PDCI, le FPI, le MGC et le COJEP.

    « Il faut qu’ils vous disent qu’on se parle », a insisté Mamadou Touré, avant de révéler que certaines figures de cette coalition, bien connue des Ivoiriens, sont déjà dans des discussions informelles avec le parti présidentiel. « Charles Blé Goudé, qui a été à la tête des manifestations, sait qu’on se parle tout le temps. Simone Ehivet Gbagbo parle avec des gens du RHDP », a-t-il indiqué.

    « Il faut qu’on soit transparent. On se parle, donc ce n’est pas la peine de faire croire aux Ivoiriens, qu’on ne se parle pas », a ajouté le ministre Touré.

    Ces propositions interviennent dans un contexte politique tendu — entre candidatures écartées et contestations autour de la CEI — à six mois de la présidentielle. L’annulation, à la dernière minute, d’une rencontre prévue en mai entre la CAP-CI et le RHDP, qui aurait pu marquer une avancée dans les relations entre pouvoir et opposition, a suscité des interrogations. Ce mercredi, Kobenan Kouassi Adjoumani , ministre d’État et porte-parole du RHDP, a apporté des éclaircissements sur les raisons de ce rapport.

    « Nous avons dit que nous étions dans les préparatifs de notre congrès et donc nous avons dû déplacer la date », a déclaré le ministre d’État, pour qui, le RHDP reste fidèle à son engagement d’ouverture. « Lorsqu’une coalition de partis politiques demande un rendez-vous au RHDP, conformément à ce principe-là, nous sommes tenus de la recevoir. Donc après notre congrès, nous allons voir ensemble la possibilité de la rencontre. »

    « Ligne rouge »

    Pour le parti présidentiel, le dialogue est une tradition. Mais il a ses limites. « Le RHDP s’est montré disposé à échanger. Nous sommes un parti de paix et de dialogue », a rappelé Mamadou Touré, tout en posant une condition claire. « Le dialogue ne doit pas avoir pour finalité de remettre en cause nos acquis démocratiques , at-il prévenu. C’est une ligne rouge à ne pas franchir. »

    Faisant référence à la présidentielle de 2020, il a rappelé les efforts du gouvernement à l’époque pour ouvrir la discussion — notamment à travers l’initiative du défunt Premier ministre Hamed Bakayoko.


    « Malgré toute cette volonté de dialoguer, ils ont boycotté les élections. Ils ont été violents pendant ces élections, ils ont tué des gens à travers la CNT (structure mise en place par l’opposition à l’époque) », a-t-il accusé.

    Malgré ce passé récent tendu, le RHDP assure que les canaux de communication restent ouverts. « 
    Les états-majors de la CAP-CI et du RHDP sont en contact pour définir une nouvelle date », a confirmé Mamadou Touré. Et même si les caméras ne sont pas encore braquées sur ces échanges, elles n’en sont pas moins réelles, à entendre le ministre de la Jeunesse.

    Samuel KADIO

  • Nations Unies New-York: Tidjane Thiam assigne la Côte-d’Ivoire devant le Comité des droits de l’homme

    Nations Unies New-York: Tidjane Thiam assigne la Côte-d’Ivoire devant le Comité des droits de l’homme

    Le président du PDCI-RDA et candidat déclaré à la présidentielle d’octobre 2025, Cheick Tidjane Thiam, a saisi officiellement le Comité des droits de l’homme des Nations Unies. Il entend ainsi contester, au niveau international, les décisions de justice ivoiriennes qu’il juge attentatoires à ses droits civils et politiques. Cette action intervient en l’absence de recours internes efficaces, selon lui. Le PDCI-RDA appelle à une mobilisation nationale et internationale en faveur d’une élection équitable et inclusive.

    COMMUNIQUÉ DU PDCI-RDA

    version optimisée et fluidifiée

    Le Président du PDCI-RDA, Monsieur Cheick Tidjane THIAM, par ailleurs candidat du parti à l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, a officiellement saisi le Comité des droits de l’homme des Nations Unies, organe chargé de veiller à l’application du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

    Cette démarche intervient en raison de l’absence de recours internes effectifs en Côte d’Ivoire, alors que plusieurs décisions de justice récentes ont gravement porté atteinte à ses droits civils et politiques. N’ayant d’autre option pour faire valoir ses droits, le Président Cheick Tidjane Thiam s’est tourné vers cette instance internationale, dont l’autorité est reconnue par l’État de Côte d’Ivoire depuis la ratification, le 5 mars 1997, du Protocole facultatif au Pacte international.

    Cette saisine est parfaitement conforme à la Constitution ivoirienne, notamment à son article 123, qui confère une primauté aux traités et accords internationaux régulièrement ratifiés, dont ce Pacte fait partie depuis le 26 mars 1992. Elle s’inscrit donc dans la légalité républicaine et dans l’esprit de l’État de droit.

    Face à cette situation, le PDCI-RDA :

    appelle tous ses militantes et militants, ainsi que l’ensemble des Ivoiriennes et Ivoiriens, à demeurer mobilisés autour du Président Cheick Tidjane Thiam, porteur d’un espoir de transformation profonde pour la Côte d’Ivoire 

    renouvelle son appel à la communauté internationale, afin qu’elle s’investisse pleinement pour garantir une élection présidentielle juste, inclusive, transparente et sans discrimination, en octobre 2025 ;

    met en garde contre le risque d’un effondrement définitif des fondements républicains de notre pays, avec des conséquences directes sur la stabilité et la sécurité de la sous-région ouest-africaine.

    Enfin, le PDCI-RDA réaffirme son attachement indéfectible à la paix, à travers un dialogue inclusif, franc et sincère, dans le strict respect des droits fondamentaux de chaque citoyen.

    Pour le PDCI-RDA
    Le Secrétaire Exécutif en Chef Adjoint,
    Chargé de la Communication
    Kouassi BREDOUMY Traoré

    @christ.manu

    Tidjane Thiam n’est pas sur la liste électorale définitive 2024-2025 publiée ce mercredi 4 juin. #abidjan225🇨🇮 #élections2025 #cotedivoire🇨🇮225 #thiam #pdci_rda #ado #gbagbo #soro

    ♬ son original – christ_manu

    RCI: radié des listes électorales, Tidjane Thiam saisit l’ONU

    Le président du PDCI (opposition), Tidjane Thiam, candidat du parti à l’élection présidentielle ivoirienne du 25 octobre 2025, radié de la liste électorale suite à une décision de justice, s’en remet à l’arbitrage de l’ONU. 

    Le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Tidjane Thiam, « vient de saisir le Comité des droits de l’homme des Nations Unies qui est l’organe de surveillance du Pacte International sur les droits civils et politiques », annonce sa formation politique.

    Dans une note, le PDCI explique qu’il a saisi cette instance de l’ONU « conformément aux droits et libertés consacrés par la Constitution de Côte d’Ivoire et à la primauté que l’article 123 de cette dernière accorde aux traités ou accords régulièrement ratifiés, notamment le Pacte international sur les droits civils et politiques ».

    « En l’absence de recours dans le droit interne ivoirien lui permettant de défendre utilement et efficacement ses droits civils et politiques qui ont été pourtant sévèrement limités par plusieurs décisions rendues récemment par des tribunaux ivoiriens, M. Cheick Tidjane Thiam n’avait pas d’autre choix que de s’en remettre au Comité des droits de l’homme des Nations Unies », fait observer le PDCI.

    L’État de Côte d’Ivoire a « accepté la juridiction », à savoir le Comité des droits de l’homme des Nations Unies, en ratifiant le Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le 05 mars 1997 rappelle le parti.

    « Il en résulte donc que la saisine dudit Comité s’inscrit dans l’esprit et la lettre de la Constitution ivoirienne qui intègre pleinement le Pacte international sur les droits civils et politiques dans le corpus juridique ivoirien, et ce, depuis sa ratification par l’État de Côte d’Ivoire, le 26 mars 1992 », note le parti.

    En conséquence, le PDCI appelle tous ses militantes et militants, l’ensemble des Ivoiriens dans toutes les composantes « à rester mobilisés derrière l’espoir que représente Cheick Tidjane Thiam pour une transformation profonde de la Côte d’Ivoire au bénéfice de tous », mentionne le texte.

    Le PDCI-RDA renouvelle son appel à la communauté internationale pour s’investir conséquemment pour l’organisation d’une élection présidentielle juste, en octobre 2025, qui soit inclusive, transparente et sans discrimination, poursuit le parti.

    Pour le président du PDCI, Tidjane Thiam, cela pourrait « éviter à la Côte d’Ivoire, un effondrement définitif de ses fondements et relever les facteurs clés de renforcement de la sécurité et de la stabilité de la sous-région Ouest Africaine ».

    Tidjane Thiam a acquis la nationalité française en 1987. Selon l’article 48 du Code de la nationalité ivoirienne, datant du 14 décembre 1961, « perd la nationalité ivoirienne, l’Ivoirien majeur qui acquiert volontairement une nationalité étrangère, ou qui déclare reconnaître une telle nationalité ».

    La justice ivoirienne a ordonné en avril 2025 la radiation de Tidjane Thiam de la liste électorale, soutenant qu’il avait perdu la nationalité ivoirienne au moment où il s’inscrivait sur la liste électorale en 2022. La Commission électorale indépendante annonce ce mercredi 4 juin 2025 la disponibilité de la liste électorale définitive.

    Le 19 mars 2025, l’ex-CEO de Crédit Suisse, Tidjane Thiam s’est libéré de son allégeance à la République française. Le magistrat hors hiérarchie, Augustin Yao, a indiqué qu’il a ainsi recouvré « automatiquement » la nationalité ivoirienne du fait qu’il a été Ivoirien par filiation.

    Le PDCI-RDA reste foncièrement attaché à la reconstruction d’une paix durable en Côte d’Ivoire par un dialogue inclusif franc et sincère dans le strict respect des droits fondamentaux de chacun de nos compatriotes, conclut la note.

    Pour être électeur, il faut figurer sur la liste électorale. L’ex-président Laurent Gbagbo a été radié du fichier électoral à la suite d’un procès lié à la crise postélectorale de 2010-2011, de même que Charles Blé Goudé. L’ex-Premier ministre Guillaume Soro a été radié du listing électoral suite à une condamnation.

    Les statistiques de la liste électorale 2024-2025 indiquent 8 millions 727 431 électeurs, soit une hausse de 715 006 nouveaux électeurs (8,92%) avec 4 millions 508 948 hommes, soit un taux de 51,66% et 4 millions 218 483 de femmes, soit 48,34 %.

    AP/Sf/APA

  • LISTE ÉLECTORALE DÉFINITIVE : GBAGBO, THIAM, SORO…LES GRANDS ABSENTS DU FICHIER

    LISTE ÉLECTORALE DÉFINITIVE : GBAGBO, THIAM, SORO…LES GRANDS ABSENTS DU FICHIER

    En Côte d’Ivoire, la liste électorale définitive 2025 est disponible depuis ce mercredi 4 juin 2025.Pourtant, ce fichier destiné à la présidentielle d’octobre omet de nombreuses personnalités politiques nationales.

    Des figures majeures exclues du fichier

    Ils ne figurent pas sur la liste électorale définitive 2025 de la Côte d’Ivoire.

    Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, Guillaume Soro, Akossi Benjo et Tidjane Thiam sont absents de ce document national.

    Ce fichier doit conduire à l’élection présidentielle d’octobre 2025.

    Une publication contestée

    Publiée ce mercredi 4 juin 2025, la liste électorale définitive était attendue.

    Elle l’était surtout dans le milieu politique, où elle est l’objet de contestation.

    Depuis plusieurs mois, alors que la Commission électorale indépendante venait de publier la version provisoire, des voix se sont élevées pour la contester.

    L’opposition dénonce des absences

    L’opposition politique notamment, reproche entre autres au document l’absence de principaux leaders politiques qui lui sont proches.

    Il s’agit de Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, Guillaume Soro, Akossi Benjo et Tidjane Thiam.

    Une situation qui ne surprend pas

    À l’exception du président du PDCI, l’absence des autres personnages de la liste électorale définitive n’est pas nouvelle.

    Lors des scrutins locaux du 2 septembre 2023, ces quatre leaders politiques n’étaient pas sur le fichier.

    En appliquant des décisions de justice, la Commission électorale indépendante avait procédé à la radiation de leurs noms.

    Les raisons juridiques de l’exclusion

    Laurent Gbagbo, acquitté par la Cour pénale internationale (CPI) en mars 2021, a vu sa condamnation par la justice ivoirienne pour « braquage de la BCEAO ».

    Cela a conduit à sa radiation.

    Même la grâce présidentielle à lui accordée par Alassane Ouattara en 2022, qui avait laissé espérer une levée de cette radiation, n’a pas changé la situation.

    Guillaume Soro, en exil depuis plusieurs années, est sous le coup d’une condamnation à perpétuité pour « atteinte à la sûreté de l’État ».

    Une condamnation qui a entraîné également sa radiation du fichier électoral.

    Charles Blé Goudé, ancien chef des Jeunes patriotes et coaccusé de Gbagbo à la CPI, a été condamné par contumace à vingt ans de prison en 2019.

    Ce qui lui a valu une déchéance de ses droits civils.

    Le cas spécifique de Tidjane Thiam

    S’agissant de Tidjane Thiam, le président du PDCI, une décision de justice a récemment ordonné sa radiation de la liste électorale définitive.

    Cela fait suite à un problème sur sa nationalité au moment de son inscription sur le listing en 2022.

    Un impact sur la présidentielle d’octobre

    La publication de la liste définitive intervient à moins de 5 mois de la présidentielle 2025.

    Et si l’on s’en tient à ce document, ces grands absents du listing ne devraient pas être candidats à ce scrutin.

    Richard Yasseu

  • Côte d’Ivoire. « Houphouët a bâti une nation ; Alassane Ouattara l’a modernisée… » (Bruno Koné)

    Côte d’Ivoire. « Houphouët a bâti une nation ; Alassane Ouattara l’a modernisée… » (Bruno Koné)

    Les militants du Rassemblement des houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) de la région de la Bagoué dans le Nord de la Côte d’Ivoire, ont choisi Alassane Ouattara comme leur candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2025. Ils ont en chœur exprimé ce choix, à l’occasion du précongrès qui s’est tenu le 1er juin 2025 à Boundiali. C’est ce que rapporte une note de la Direction de la Communication du ministre Bruno Koné

    Dès les premières heures, militants, cadres, élus et responsables RHDP ont convergé vers le lieu du rassemblement. L’objectif est de dire haut et fort que : « Alassane Ouattara est leur candidat pour la présidentielle du 25 octobre 2025 ».

    « Un père fonde, un fils élève…. »

    Lors de son intervention, le ministre Bruno Koné, président du Conseil régional et coordonnateur principal du RHDP dans la Bagoué, a tenu à faire une mise au point devant toute l’assistance, sur cette phrase qui a fait polémique : « En moins de 15 ans, Alassane Ouattara a fait plus que le Président Houphouët en 33 ans ». « Je l’assume ici, devant vous, chers militants RHDP, mes frères et sœurs de la Bagoué. Parce que ces propos ont un sens. Chez nous, un père fonde, un fils élève », a-t-il fait savoir. Puis il s’explique en ces termes : « Houphouët a bâti une nation. Alassane Ouattara l’a modernisée, connectée, électrifiée, numérisée. Qui ici n’a jamais souhaité que son fils fasse mieux que lui ? Ce n’est pas une offense. C’est l’accomplissement d’un héritage ».

    Le ministre Alain Richard Donwahi était le chef de la délégation de la direction du RHDP à ce précongrès. Bruno Koné lui a porté les messages des militants RHDP de la région de la Bagoué qui se résument en trois points. En premier, la Bagoué désigne Alassane Ouattara comme Président du RHDP. Deuxièmement, la Bagoué choisit Alassane Ouattara comme son candidat à la présidentielle. Enfin, la Bagoué reste unie, forte et solidaire derrière le Président Alassane Ouattara. A ces messages s’ajoutent six motions de soutien adoptées par tous.

    Alain-Richard Donwahi a pour sa part salué cet engagement fort et sincère des militants du parti. « Le Président Alassane Ouattara est votre choix, et c’est le meilleur choix. Grâce à lui, notre pays est plus prospère, plus solide. Il est une chance pour la Côte d’Ivoire. », leur a-t-il répondu en substance.

    Diomandé Karamoko

  • RCI: radié du listing électoral Tidjane Thiam saisit l’ONU

    RCI: radié du listing électoral Tidjane Thiam saisit l’ONU

    Le président du PDCI (opposition), Tidjane Thiam, candidat du parti à l’élection présidentielle ivoirienne du 25 octobre 2025, a été radié de la liste électorale, suite à une décision de justice.  

    Le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Tidjane Thiam, « vient de saisir le Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies qui est l’organe de surveillance du Pacte International sur les droits civils et politiques », annonce sa formation politique.

    Dans une note, le PDCI explique qu’il a saisi cette instance de l’ONU « conformément aux droits et libertés consacrés par la Constitution de Côte d’Ivoire et à la primauté que l’article 123 de cette dernière accorde aux traités ou accords régulièrement ratifiés, notamment le Pacte international sur les droits civils et politiques ».

    « En l’absence de recours dans le droit interne ivoirien lui permettant de défendre utilement et efficacement ses droits civils et politiques qui ont été pourtant sévèrement limités par plusieurs décisions rendues récemment par des tribunaux ivoiriens, M. Cheick Tidjane Thiam n’avait pas d’autre choix que de s’en remettre au Comité des droits de l’homme des Nations Unies », fait observer le PDCI.

    L’État de Côte d’Ivoire a « accepté la juridiction », à savoir le Comité des droits de l’homme des Nations Unies, en ratifiant le Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le 05 mars 1997 rappelle le parti.

    « Il en résulte donc que la saisine dudit Comité s’inscrit dans l’esprit et la lettre de la Constitution ivoirienne qui intègre pleinement le Pacte international sur les droits civils et politiques dans le corpus juridique ivoirien, et ce, depuis sa ratification par l’État de Côte d’Ivoire, le 26 mars 1992 », note le parti.

    En conséquence, le PDCI appelle tous ses militantes et militants, l’ensemble des Ivoiriens dans toutes les composantes « à rester mobilisés derrière l’espoir que représente Cheick Tidjane Thiam pour une transformation profonde de la Côte d’Ivoire au bénéfice de tous », mentionne le texte.

    Le PDCI-RDA renouvelle son appel à la communauté internationale pour s’investir conséquemment pour l’organisation d’une élection présidentielle juste, en octobre 2025, qui soit inclusive, transparente et sans discrimination, poursuit le parti.

    Pour le président du PDCI, Tidjane Thiam, cela pourrait « éviter à la Côte d’Ivoire, un effondrement définitif de ses fondements et relever les facteurs clés de renforcement de la sécurité et de la stabilité de la sous-région Ouest Africaine ».

    Tidjane Thiam a acquis la nationalité française en 1987. Selon l’article 48 du Code de la nationalité ivoirienne, datant du 14 décembre 1961, « perd la nationalité ivoirienne, l’Ivoirien majeur qui acquiert volontairement une nationalité étrangère, ou qui déclare reconnaître une telle nationalité ».

    La justice ivoirienne a ordonné en avril 2025 la radiation de Tidjane Thiam de la liste électorale, soutenant qu’il avait perdu la nationalité ivoirienne au moment où il s’inscrivait sur la liste électorale en 2022. La Commission électorale indépendante annonce ce mercredi 4 juin 2025 la disponibilité de la liste électorale définitive.

    Le 19 mars 2025, l’ex-CEO de Crédit Suisse, Tidjane Thiam s’est libéré de son allégeance à la République française. Le magistrat hors hiérarchie, Augustin Yao, a indiqué qu’il a ainsi recouvré « automatiquement » la nationalité ivoirienne du fait qu’il a été Ivoirien par filiation.

    Le PDCI-RDA reste foncièrement attaché à la reconstruction d’une paix durable en Côte d’Ivoire par un dialogue inclusif franc et sincère dans le strict respect des droits fondamentaux de chacun de nos compatriotes, conclut la note.

    Pour être électeur, il faut figurer sur la liste électorale. L’ex-président Laurent Gbagbo a été radié du fichier électoral à la suite d’un procès lié à la crise postélectorale de 2010-2011, de même que Charles Blé Goudé. L’ex-Premier ministre Guillaume Soro a été radié du listing électoral suite à une condamnation.

    Les statistiques de la liste électorale 2024-2025 indiquent 8 millions 727 431 électeurs, soit une hausse de 715 006 nouveaux électeurs (8,92%) avec 4 millions 508 948 hommes, soit un taux de 51,66% et 4 millions 218 483 de femmes, soit 48,34 %.

    AP/APA

  • Prison de Bouaké : cinq détenus tués dans une mutinerie, des armes et de la drogue saisies

    Prison de Bouaké : cinq détenus tués dans une mutinerie, des armes et de la drogue saisies

    Une opération de fouille de routine menée ce mardi 3 mai 2025 par l’Administration pénitentiaire à la Maison Pénale de Bouaké a viré à l’affrontement sanglant, entraînant la mort de cinq détenus et faisant vingt-neuf blessés, selon un communiqué du Parquet du Tribunal de Première Instance de Bouaké.

    L’intervention visait à extraire de l’établissement carcéral tous les objets prohibés, dans le cadre des procédures habituelles de sécurité. Si la fouille s’est déroulée sans heurts dans plusieurs cellules, la situation a dégénéré à l’arrivée des agents au Bâtiment E. Les détenus de ce pavillon ont opposé une résistance violente, armés de gourdins, de machettes et d’autres objets contondants, attaquant les forces pénitentiaires.

    Face à cette hostilité, les agents, débordés, ont été contraints de faire usage de tirs de sommation afin de pouvoir se replier. Ce n’est qu’avec l’intervention rapide des forces de la Gendarmerie et de la Police Nationale que l’ordre a pu être rétabli.

    Le bilan humain est lourd : cinq détenus ont perdu la vie et vingt-neuf personnes ont été blessées, dont six agents pénitentiaires et vingt-trois détenus. Les blessés ont été immédiatement pris en charge, et un médecin légiste a été sollicité pour les constats d’usage.

    Malgré l’incident, l’opération s’est poursuivie et a permis la saisie de plusieurs objets illicites, dont des blocs de cannabis, des plaquettes de Tramadol, dix-huit téléphones portables (dont huit smartphones), trois grenades et diverses armes blanches. Des saisies similaires avaient déjà été effectuées lors de précédentes fouilles, mettant en lumière la persistance de trafics au sein de la prison.

    Le Parquet a indiqué qu’une enquête a été ouverte pour faire toute la lumière sur les circonstances exactes de cette mutinerie et en situer les responsabilités.

    Fn

  • La Côte d’Ivoire ambitionne de transformer annuellement la moitié de sa récolte de noix de cajou d’ici 2030.

    La Côte d’Ivoire ambitionne de transformer annuellement la moitié de sa récolte de noix de cajou d’ici 2030.

    La Côte d’Ivoire veut assembler localement ses équipements pour transformer le cajou

    La Côte d’Ivoire ambitionne de transformer annuellement la moitié de sa récolte de noix de cajou d’ici 2030. Dans cette optique, le régulateur de la filière multiplie les collaborations avec des partenaires locaux et étrangers pour créer un environnement favorable à la réalisation de cette ambition.

    La Côte d’Ivoire vient de faire un grand pas vers l’autonomisation industrielle de sa filière anacarde. Le 30 mai dernier, le Conseil du Coton et de l’Anacarde a signé une convention de partenariat d’une durée de 5 ans renouvelables avec la société vietnamienne Cashew Machines Vietnam Company Limited (CMV), spécialisée dans la fabrication d’équipements de transformation de la noix de cajou.

    Dans un communiqué publié sur son site, le régulateur a révélé que ce nouveau partenariat vise l’installation en Côte d’Ivoire d’un centre de montage d’équipements industriels pour la transformation de la noix de cajou et la création d’un centre de stockage de pièces de rechange critiques afin d’assurer la continuité opérationnelle des usines. Il est également prévu la mise en œuvre de programmes de formation des techniciens ivoiriens à l’utilisation et à la maintenance de ces équipements de pointe.

    « Cashew Machines Vietnam, fort de plus de dix ans d’expérience et d’un site industriel de 12 000 m², mettra à la disposition de la Côte d’Ivoire son expertise technologique, son savoir-faire et son engagement en faveur d’une industrie locale performante », peut-on lire dans le communiqué.

    Cette initiative vise à renforcer les capacités industrielles de la filière en Côte d’Ivoire, en ligne avec la politique nationale de transformation locale. L’enjeu pour la Côte d’Ivoire d’assembler localement les équipements dont elle a besoin pour la transformation de la noix de cajou est non seulement de réduire les coûts et les délais liés à l’importation, mais aussi de renforcer les capacités locales en matière de maintenance et de formation technique.

    En attendant que ce projet se concrétise, les industriels qui souhaitent étendre leur capacité de production ou se lancer dans la transformation de l’anacarde devront continuer à dépendre des importations, principalement en provenance du Vietnam et de l’Inde, qui sont les leaders mondiaux dans la fabrication d’équipements pour la transformation de l’anacarde. En Côte d’Ivoire, la récolte d’anacarde est attendue à 1,3 million de tonnes en 2025. Le pays qui a transformé 36 % de sa production l’année dernière, est actuellement le 3ème transformateur mondial de la noix, après le Vietnam et l’Inde.

  • « La BAD doit être une Banque africaine de développement, et non une banque internationale opérant en Afrique » : Adama Mariko (AFD)

    « La BAD doit être une Banque africaine de développement, et non une banque internationale opérant en Afrique » : Adama Mariko (AFD)

    Alors que des contraintes croissantes pèsent sur l’aide publique internationale, la Banque africaine de développement s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre avec l’élection, ce jeudi 29 mai 2025, du Mauritanien Sidi Ould Tah à sa présidence. Celui qui prendra officiellement les commandes de l’institution panafricaine en septembre héritera d’une banque solide, bénéficiant de la confiance des investisseurs grâce à sa note triple A. Il devra toutefois faire face à d’importants défis, notamment en matière de mobilisation de financements, avec en priorité la 17e reconstitution du Fonds africain de développement – un exercice rendu plus complexe par le retrait des États-Unis sous l’administration Trump.

    Adama Mariko secrétaire général de Finance en commun et directeur exécutif adjoint de l’AFD 

    Présent à Abidjan à l’occasion des Assemblées annuelles de la BAD, Adama Mariko, secrétaire général de Finance en commun et directeur exécutif adjoint de l’AFD – institution partenaire de la banque panafricaine – a partagé avec l’Agence Ecofin sa lecture des enjeux liés à cette nouvelle présidence et au futur de l’institution.

    Agence Ecofin : M. Mariko, bonjour. Le Fonds africain de développement, actuellement en phase de négociation pour son cycle 2026-2030, vise à mobiliser 25 milliards de dollars, soit près du triple du montant du cycle précédent. Dans un contexte de resserrement de l’aide financière internationale, est-ce un objectif réaliste et réalisable ?

    Adama Mariko : C’est un objectif réaliste, ce n’est pas un objectif hors-sol. Car s’il n’est pas réalisable, cela voudrait dire que ce n’est pas ce dont nous avons besoin. Or, c’est exactement ce dont nous avons besoin. Cet objectif est à la hauteur des enjeux actuels. C’est aussi un test de cohérence pour les États, qu’ils soient régionaux ou non régionaux, qui doivent aligner leurs déclarations sur la priorité africaine avec leur capacité à soutenir une banque africaine qui peut répondre à l’urgence.

    Tripler le montant est ambitieux, mais cela suppose aussi de l’imagination : mobiliser des réformes adaptées à la conjoncture mondiale actuelle. Les systèmes fiscaux des États ne peuvent pas tout assumer seuls. Et dans ce cadre on pourrait explorer plusieurs options. Par exemple, on pourrait considérer les ressources accordées par les privés ou les philanthropes comme des financements publics dédiés à créer de la concessionnalité dans l’investissement. Qu’elles viennent d’un État ou d’un philanthrope, l’important est de savoir comment on les utilise.

    « Que les ressources viennent d’un État ou d’un philanthrope, l’important est de savoir comment on les utilise. »

    Comme pour les reconstitutions de l’IDA ou d’autres fonds, on peut aussi recourir aux marchés de capitaux ou à des banques publiques, pour générer des financements à long terme. Cela permet de ne pas faire tout peser sur les budgets des États. Ces approches innovantes nécessitent des réformes systémiques et l’usage de nouveaux outils. L’objectif de tripler les ressources ne repose pas uniquement sur les contributions des États. Il y aura aussi un élargissement du cercle des donateurs. Par exemple, certains pays vont contribuer pour la première fois ou augmenter fortement leurs engagements. Cela renforcera le FAD.

    Agence Ecofin : Lors du précédent cycle, le FAD 16, les États-Unis avaient contribué à hauteur de 568 millions de dollars. Cette année, le président Donald Trump a annoncé qu’il ne participerait pas au prochain cycle. Cela inquiète, car un retrait américain peut avoir un effet de levier négatif. Faut-il s’en inquiéter ou la BAD est-elle suffisamment solide pour s’en passer ?

    Adama Mariko : Chaque euro, chaque dollar compte. On ne peut pas minimiser 500 millions de dollars. Mais au-delà du montant, c’est le signal qui est préoccupant. Il ne faudrait pas que certains pays remettent en question leur engagement dans les dispositifs multilatéraux de financement du développement.

    Ce qui est encourageant, c’est qu’il n’y a pas eu d’effet domino. D’autres pays ne se sont pas retirés à leur tour. Depuis quelques mois, on sent une résilience du système. Le monde s’est habitué à ce type de revirements spectaculaires. Le véritable test sera à la clôture du cycle : les États-Unis reviendront-ils sur leur décision ? Il faut donc rester serein et poursuivre les efforts de mobilisation. La BAD a fait un excellent travail de plaidoyer, ce qui peut peut-être encourager les États-Unis à reconsidérer leur position.

    Cela dit, ce retrait s’inscrit dans une tendance qu’on observe dans plusieurs pays du Nord : une remise en cause du rôle des fonds publics dans le développement. C’est pour cela que le FAD 17 propose plus que des dons. Il met en avant des mécanismes de financement innovants et une logique de solidarité élargie.

    « Le retrait des Etats-Unis s’inscrit dans une tendance qu’on observe dans plusieurs pays du Nord : une remise en cause du rôle des fonds publics dans le développement. »

    Même si chaque pays donnait 10 millions, on n’irait pas très loin. Ce n’est pas un financement linéaire. Il faut donc des approches différenciées. Ce retrait américain reste un mauvais signal, mais le reste du monde a montré sa résilience. On a vu des phases critiques, comme lors de la fermeture de l’USAID, et de la hausse des tarifs, mais les autres puissances ont gardé leur calme, ce qui a atténué l’impact.

    Rappelons que les États-Unis avaient quitté l’accord de Paris sous Trump, mais ils sont revenus. Le FAD 17 n’est qu’une étape : il y aura un FAD 18, un FAD 20. Ce n’est qu’un épisode. Mais le message doit rester clair : il faut augmenter le FAD, viser les 25 milliards, et ne pas perdre de vue que 500 millions peuvent faire une grande différence.

    Adama Mariko secrétaire général de Finance en commun et directeur exécutif adjoint de l’AFD et Moutiou Adjibi Nourou, rédacteur en chef Politiques publiques de l’Agence Ecofin

    Agence Ecofin : Justement, en parlant d’autres mécanismes, certains organismes n’ont pas hésité à emprunter sur les marchés internationaux pour préfinancer leur reconstitution. Lors de l’IDA20, par exemple, ils ont levé plus de fonds sur les marchés que via les dons. Le FAD, qui peut s’appuyer sur la note triple A de la BAD, ne pourrait-il pas lui aussi emprunter pour couvrir une grande partie de ses besoins ?

    Adama Mariko : Bien sûr. C’est là que l’Afrique doit aussi innover. L’innovation naît souvent des contraintes. Quand on est dans le confort, on ne se réforme pas. Le contexte actuel est une opportunité pour repenser les mécanismes du FAD, mobiliser des capitaux privés, recourir à des instruments nouveaux.

    « Quand on est dans le confort, on ne se réforme pas. Le contexte actuel est une opportunité pour repenser les mécanismes du FAD, mobiliser des capitaux privés, recourir à des instruments nouveaux. »

    Mais cela reste une décision des actionnaires. C’est dans cette logique que s’inscrit le processus de mobilisation pour le FAD 17. Il faut combiner confiance dans les projets et dans la solidité des actionnaires. Évidemment, quelqu’un devra payer ces montants : que ce soit sous forme de contribution, de garantie ou autre, il faut que le modèle financier soit solide et permette de générer les résultats attendus, y compris le remboursement.

    C’est cela, l’innovation financière : accéder rapidement à des ressources, accroître l’échelle des investissements. Et je pense que cela va se faire.

    Agence Ecofin : Le FAD adopte de plus en plus une orientation climatique. De votre position à l’AFD, ce sujet est sans doute central. Est-ce que les outils comme les green bonds peuvent permettre au FAD, à l’avenir, de se renforcer de manière plus résiliente face aux changements de politiques des bailleurs ?

    Adama Mariko : Il existe de nombreux fonds climats multilatéraux, comme le GCF ou le FEM. Le FAD et la BAD, eux aussi, investissent de manière de plus en plus durable. L’accord de Paris est devenu un repère structurant : une banque publique qui aligne ses financements avec cet accord s’engage à avoir un impact positif ou au minimum neutre sur le climat.

    C’est ce que nous faisons à l’AFD, et ce qu’on observe aussi dans les banques multilatérales ou nationales. Pour autant, 100 % des ressources du FAD ne sont pas destinées au climat. Il faut aussi répondre aux besoins sociaux, créer de l’emploi, renforcer les priorités nationales. Mais en faisant cela, on contribue aussi aux grands enjeux internationaux.

    En arrivant à Abidjan ce week-end, j’ai lu dans la presse les premiers drames liés à la saison des pluies. En France aussi, certains ont perdu leur maison après des précipitations records en une journée. Nos infrastructures ne sont pas adaptées au climat actuel. C’est donc l’affaire de tous.

    L’investissement dans l’aménagement, dans le développement économique, dans les systèmes productifs, doit intégrer cette dimension climatique, tout en étant socialement responsable et respectueux des droits humains.

    Enfin, la BAD, comme d’autres institutions, s’est interrogée sur le rôle de l’énergie dans le développement. Il ne s’agit pas d’opposer énergie fossile et renouvelable de manière caricaturale. Il faut financer une transition énergétique, qui passe peut-être par le gaz dans certains contextes. Un développement durable, mais réaliste.

    L’exploitation des ressources minières africaines de façon responsable, le développement d’infrastructures sobres en carbone, les transports en commun verts, tout cela crée des opportunités pour l’industrie africaine. Pourquoi pas demain des usines de voitures électriques en Afrique ? Il y a les minéraux, le potentiel est là. Et le FAD peut y répondre.

    « L’exploitation des ressources minières africaines de façon responsable, le développement d’infrastructures sobres en carbone, les transports en commun verts, tout cela crée des opportunités pour l’industrie africaine. »

    Agence Ecofin : Lors du lancement des Assemblées de la BAD mardi, le président Adesina a fait un bilan de ses dix années à la tête de la Banque, notamment à travers le programme High 5. Alors que le nouveau président vient d’être élu avec son propre programme, pensez-vous qu’un changement de leadership modifiera les priorités de la Banque ? Quelles sont vos attentes vis-à-vis de cette nouvelle gouvernance ?

    Adama Mariko : Je commencerais d’abord par féliciter le président Adesina et son équipe sortante. Je pense que la Banque africaine de développement n’a jamais autant assumé son africanité qu’au cours de ces dix dernières années. Et je le dis souvent : la BAD doit être une Banque africaine de développement, et non une banque internationale opérant en Afrique. Cela signifie qu’elle doit rester fidèle aux priorités du continent et affirmer clairement sa posture d’acteur majeur du développement africain.

    Cette africanité passe par une empreinte plus forte sur le terrain, par une capacité à accroître sa taille financière, à multiplier les partenariats locaux, et à devenir une véritable force d’entraînement pour les économies du continent. Je prends un exemple comparatif.

    En Amérique latine, si vous additionnez les financements des banques de développement, cela dépasse ceux de la Banque mondiale dans cette région. En Europe, la BEI (Banque européenne d’investissement) finance plus que la Banque mondiale. En Asie, c’est pareil. Il n’y a qu’en Afrique où l’on attend encore que la BEI ou la Banque mondiale joue ce rôle, alors que la BAD devrait être le premier moteur du développement régional.

    « Il n’y a qu’en Afrique où l’on attend encore que la BEI ou la Banque mondiale joue ce rôle, alors que la BAD devrait être le premier moteur du développement régional. »

    Et c’est là ma première attente : une BAD qui grandit, non pas en termes de personnel, mais en taille de financement, en vitesse d’intervention, et en capacité de coordonner les efforts des autres partenaires. Trop souvent, on voit des bailleurs intervenir dans des pays sans même que la BAD soit impliquée. Il faut que la BAD devienne le poisson-pilote des projets de développement sur le continent.

    C’est un peu l’approche que nous défendons à l’AFD, et que je porte aussi à travers Finance en commun : les banques nationales de développement doivent apporter du volume localement, mais elles ont besoin d’une BAD forte, structurante, capable de les appuyer.

    Ensuite, je voudrais répondre de manière plus personnelle, en tant qu’Africain. Ce que j’attends de la nouvelle gouvernance, ce n’est pas une banque qui fait la politique économique à la place des États.

    J’aimerais une BAD qui dit : « Voilà vos priorités nationales, vous avez une stratégie de développement, un plan économique : nous sommes là pour vous accompagner, pour accélérer la mise en œuvre, pour structurer des projets bancables, et faire en sorte qu’ils soient prêts à accueillir les financements. » Aujourd’hui, ce n’est pas encore totalement le cas. Et même si les High 5 restent des priorités pertinentes – nourrir l’Afrique, électrifier l’Afrique, intégrer le continent, industrialiser l’Afrique, améliorer la qualité de vie –, je pense qu’il faut aller plus loin.

    Pour moi, il y a trois grandes priorités sur lesquelles j’aimerais voir la BAD s’engager encore davantage. D’abord, l’accès à l’énergie. C’est fondamental. Sans énergie suffisante et abordable, on ne pourra pas industrialiser le continent. Le cas du Sénégal, avec l’exploitation du gaz, ou les projets de solaire, est un exemple. On doit baisser le coût de l’énergie, investir dans les renouvelables, développer des solutions locales. C’est une condition sine qua non pour réussir la transition énergétique et soutenir la croissance industrielle.

    Ensuite, le financement des femmes et des jeunes. L’Afrique est un continent jeune, mais aussi très féminin. Et pourtant, ce sont aussi les deux catégories les plus touchées par le sous-emploi et l’informalité. Il faut des dispositifs puissants pour financer l’entrepreneuriat féminin et jeune, soutenir la création d’entreprises dans l’agriculture, l’artisanat, les services, les start-up… C’est une réponse directe aux défis sociaux, mais aussi une opportunité économique énorme.

    « Le financement des femmes et des jeunes doit être une priorité. L’Afrique est un continent jeune, mais aussi très féminin. Et pourtant, ce sont aussi les deux catégories les plus touchées par le sous-emploi et l’informalité. »

    Enfin, la transformation agricole. Quand on parle de « nourrir l’Afrique », il ne s’agit pas simplement d’augmenter la production. Il s’agit d’en faire un levier d’emploi, d’industrialisation, de souveraineté. Avec de l’énergie, une jeunesse active et des outils adaptés, l’agriculture peut devenir un véritable moteur de croissance et de transformation. Voilà, pour moi, les axes prioritaires d’une BAD nouvelle génération, toujours africaine, mais encore plus proche des États, plus agile, plus puissante, et mieux alignée sur les enjeux du continent.

    Agence Ecofin : Une dernière question. Les priorités que vous venez de lister sont aujourd’hui au cœur des discussions autour de la ZLECAf. Ce projet concentre en réalité la plupart des défis que les pays africains doivent relever pour accélérer leur développement. Est-ce qu’on peut dire que le prochain grand chantier du nouveau président de la BAD sera le financement de l’accélération de la ZLECAf ?

    Adama Mariko : Je pense que les questions d’intégration africaine sont effectivement centrales. Et il est important de rappeler que la ZLECAf ne doit pas être envisagée uniquement sous l’angle de l’exportation. Beaucoup de gens se trompent là-dessus. Ce n’est pas une affaire d’export, mais bien de construction d’un marché intérieur africain. Il s’agit de créer les conditions pour que les entreprises africaines puissent s’appuyer sur une demande régionale suffisamment forte pour se développer, industrialiser, bâtir des chaînes de valeur.

    Parmi les priorités que j’évoquais, il y en a une que je voudrais souligner encore davantage : la nécessité de mettre en place un système financier africain, qui réponde d’abord aux besoins des pays africains. Il faut pouvoir mobiliser l’épargne locale pour financer les investissements en Afrique.

    « Il faut pouvoir mobiliser l’épargne locale pour financer les investissements en Afrique. »

    On voit des signaux encourageants : la Caisse de dépôt et de gestion du Maroc, par exemple, existe depuis plus de 60 ans et a fortement contribué au développement économique du pays. Aujourd’hui, cette logique est en train d’être reproduite ailleurs : au Sénégal, au Bénin, au Burkina Faso, au Cameroun, au Gabon, etc. On assiste à l’émergence de banques nationales de développement, capables de canaliser les ressources financières vers les priorités nationales.

    C’est aussi ce que fait la BAD. Mais à mon sens, elle doit le faire en collaboration étroite avec ces systèmes nationaux publics. Car les États africains sont à la fois actionnaires de la BAD et de leurs propres banques de développement. Si les priorités ne sont pas alignées entre ce qu’ils attendent de la BAD et ce qu’ils demandent à leurs institutions nationales, cela ne fonctionne pas.

    Si la BAD bénéficie d’un renforcement de sa base capitalistique – ce que nous espérons –, elle doit en faire bénéficier les systèmes nationaux, en les dotant de capacités d’investissement et de structuration de projets, afin d’accélérer les investissements dans chaque pays. Cela participe directement à la dynamique de l’intégration économique africaine. Il faut que le libre-échange intra-africain devienne une réalité. On ne peut pas continuer à voir des produits agricoles périr faute de transformation locale, ou être incapables de les stocker, ou d’organiser leur circulation entre pays voisins.

    Il n’est pas normal que le Sénégal, la Côte d’Ivoire et d’autres continuent à importer massivement du riz, alors qu’un pays pourrait développer un écosystème rizicole régional.

    La BAD a un rôle crucial à jouer dans ce débat, en appui de ses actionnaires, mais aussi en coordination avec d’autres institutions panafricaines comme Afreximbank par exemple. Je pense qu’il est temps de renforcer ce système multilatéral public africain dans son ensemble. C’est dans cette logique qu’il faut avancer.

  • Bill Gates promet d’investir en Afrique l’essentiel de sa fortune évaluée à 200 milliards $

    Bill Gates promet d’investir en Afrique l’essentiel de sa fortune évaluée à 200 milliards $

    Dans une allocution prononcée dans la salle Nelson Mandela de l’Union africaine, Bill Gates s’est engagé à consacrer la majeure partie de ses 200 milliards de dollars dans le soutien au développement de l’Afrique. Son projet vise à soutenir les systèmes de santé, l’éducation et le développement économique, en collaboration avec les gouvernements du continent.

    Prenant la parole devant un large public composé de représentants d’État, de professionnels de santé, de diplomates et d’acteurs de la société civile, Bill Gates a expliqué que sa fortune personnelle serait entièrement consacrée à des actions philanthropiques d’ici vingt ans. La majorité de ces fonds, a-t-il précisé, sera dirigée vers des initiatives en Afrique : « J’ai récemment pris l’engagement de donner toute ma fortune dans les 20 prochaines années. La majorité de ces fonds sera consacrée à vous aider à relever les défis ici, en Afrique. » a-t-il déclaré.

    Il a souligné que les efforts porteront principalement sur les soins de santé primaires, la nutrition maternelle et infantile, ainsi que l’accès à l’éducation. « Ce que nous avons appris, c’est que le fait d’aider une mère à être en bonne santé et bien nourrie avant et pendant la grossesse, puis de s’assurer que l’enfant reçoit une bonne nutrition pendant ses quatre premières années, fait toute la différence. »

    Le discours a aussi abordé l’introduction de l’intelligence artificielle dans les services de santé. Gates a évoqué le cas du Rwanda, où des outils basés sur l’IA sont utilisés pour améliorer le suivi des grossesses. Il a rapproché cette dynamique de l’adoption rapide des services de paiement mobile sur le continent au cours des dernières années.

    Le fondateur de Microsoft a indiqué que son équipe poursuivrait ses échanges avec des dirigeants africains tout au long de son déplacement, notamment en Éthiopie et au Nigeria, pour évaluer les projets en cours et renforcer les collaborations.

    Au Nigeria, il prévoit de s’entretenir avec le président Tinubu, des autorités fédérales et locales, et des chercheurs impliqués dans le développement d’outils numériques pour la santé. Il participera aussi à l’événement Goalkeepers Nigeria, dédié aux perspectives d’innovation dans le pays.

    Depuis vingt ans, la Fondation Gates intervient dans plusieurs pays africains. Elle dispose aujourd’hui de bureaux à Addis-Abeba, Johannesburg, Dakar, Nairobi et Lagos. Ses équipes y développent des partenariats avec les gouvernements, les centres de recherche et les organisations locales.

  • RCI: le député Olivier Djè Bi Djè candidat à la présidentielle 2025

    RCI: le député Olivier Djè Bi Djè candidat à la présidentielle 2025

    Le député indépendant de Zuénoula (Ouest), Olivier Djè Bi Djè, a annoncé ce samedi 31 mai 2025 sa candidature à l’élection présidentielle ivoirienne prévue pour le 25 octobre 2025, dans une déclaration.

    L’homme politique ivoirien, Olivier Djè Bi Djè, en annonçant sa candidature à la présidentielle d’octobre 2025, a placé son engagement sous le sceau des garants des chefferies traditionnelles, tout en affirmant son attachement aux valeurs culturelles et spirituelles de la Nation.

    Dans son fief, l’élu de la ville de Zuénoula, a salué la mémoire de Feu Félix Houphouët-Boigny qui selon lui a mis le pays en orbite, ainsi que feu Henri Konan Bédié qui, à travers sa politique, a réussi à désendetter la Côte d’Ivoire.

    Il a également salué l’ex-président Laurent Gbagbo pour avoir travaillé pour la démocratie dans le pays, et enfin l’actuel président ivoirien, Alassane Ouattara, pour avoir rénové les infrastructures socio-économiques en Côte d’Ivoire.

    Titulaire d’une maîtrise en gestion, Olivier Djè Bi Djè entend incarner une nouvelle génération de leadership, à la fois enracinée dans l’identité ivoirienne et tournée vers une gestion participative, un avenir de justice sociale, de paix et de développement partagé.

    Olivier Djè Bi Djè se présente comme une alternative crédible face aux grandes formations politiques traditionnelles, en s’appuyant sur le mouvement citoyen « L’Éveil ». Il prône un projet d’identité nationale, dont le concept l’« Ivoirois »

    Figure atypique du paysage politique, le député a profité de cette tribune pour remettre en avant son concept de « l’Ivoirois ». Selon lui, ce terme devrait remplacer celui d’« Ivoirien » dans les discours officiels et populaires, afin de forger une conscience nationale renouvelée, plus inclusive et porteuse de réconciliation.

    Il considère cette initiative sémantique comme un levier symbolique pour refonder le vivre-ensemble en Côte d’Ivoire. En 2020, Olivier Djè Bi Djè avait déjà tenté d’entrer dans la course présidentielle, mais sa candidature avait été invalidée pour cause de parrainages non conformes.

    Le député ivoirien revient pour la présidentielle d’octobre 2025 avec plus d’expériences et une stratégie fondée sur la légitimité communautaire, l’écoute des territoires ruraux, et le soutien des chefs traditionnels, qu’il considère comme les piliers de la stabilité sociale.

    « Plus que jamais nous avons besoin d’être unis pour relever les défis qui nous attendent », a déclaré le député de la commune de Zuénoula, debout aux côtés de plusieurs notables et garants des traditions, venus lui apporter leur bénédiction.

    Cet engagement est un défi électoral dans un contexte de recomposition politique. Sa candidature s’inscrit dans un climat électoral particulièrement ouvert, où d’autres personnalités comme l’ex-préfet d’Abidjan Vincent Toh Bi Irié, Jean-Louis Billon ou encore Simone Ehivet, ont déjà manifesté leur intention de briguer la magistrature suprême.

    Face à ces figures connues, Olivier Djè Bi Djè compte sur sa proximité avec les populations de l’intérieur du pays, souvent marginalisées dans les grands débats politiques. Le candidat devra désormais franchir l’étape du Conseil constitutionnel en rassemblant les parrainages nécessaires dans au moins 17 régions ou districts autonomes, comme l’exige le Code électoral.

    AP/Sf/APA

  • EXCLUSION DE LAURENT GBAGBO : DR KONÉ KATINAN PRÉVIENT – « NOUS NE PRENDRONS PAS LES ARMES, MAIS… »

    EXCLUSION DE LAURENT GBAGBO : DR KONÉ KATINAN PRÉVIENT – « NOUS NE PRENDRONS PAS LES ARMES, MAIS… »

    En tournée dans le Bounkani, Dr Koné Katinan, président du Conseil stratégique et politique du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), a réitéré la détermination du parti à obtenir la réintégration de Laurent Gbagbo, candidat du PPA-CI, exclu de la course à la présidentielle.

    L’ancien ministre ivoirien du Budget effectue depuis le 28 mai une tournée politique dans le nord-est de la Côte d’Ivoire. Débutée à Gouméré, cette tournée s’achèvera le 2 juin à Transua. Elle est l’occasion pour M. Katinan de transmettre les remerciements de Laurent Gbagbo aux populations, mais également d’interpeller le pouvoir sur l’exclusion des leaders de l’opposition, notamment celle de Laurent Gbagbo, candidat désigné du PPA-CI à la présidentielle d’octobre 2025.

    « Éliminer Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam, Guillaume Soro de la course électorale, est-ce un acte en faveur de la paix dans le pays ? Je ne pense pas. Au contraire, c’est planter l’injustice, susceptible de saper la paix dans le pays », s’est inquiété le président du Conseil stratégique et politique (CSP) du PPA-CI, lors d’un meeting au complexe sportif de Bouna, samedi 31 mai.

    La candidature de Gbagbo est non négociable

    Dr Katinan a affirmé avec force que Laurent Gbagbo est le candidat du PPA-CI pour la présidentielle de 2025, et que cette candidature n’est pas négociable. Il a insisté sur le fait que le PPA-CI n’acceptera jamais que son candidat soit exclu. « Nous ne prendrons pas les armes, mais personne ne pourra nous enlever notre détermination. J’appelle aussi les militants à se mobiliser pour faire reculer l’injustice », a-t-il déclaré.

    Il estime que la candidature de Laurent Gbagbo est une nécessité, car la Côte d’Ivoire a besoin d’un dirigeant comme lui, capable de travailler pour le peuple, contrairement à ceux qui, selon lui, servent les intérêts de ceux qui exploitent l’Afrique.

    Aux militants et à tous ceux qui estiment que « trop, c’est trop », il a demandé de participer massivement à l’opération de parrainage de la candidature de Laurent Gbagbo. Alors que la loi exige au moins 80 000 parrains (soit 1 % du corps électoral), Dr Koné Katinan appelle à réunir au moins 500 000 signatures, afin d’envoyer un signal fort à ceux qui veulent écarter le candidat du PPA-CI. Il a également exhorté toutes les populations à vaincre la peur pour exiger leur liberté de choix.

    Un marathon politique

    Avant Bouna, le président du CSP du PPA-CI a animé, jeudi 29 mai, un meeting à Bondoukou. Le vendredi 30 mai a été marqué par un véritable marathon politique : il a animé trois meetings successifs à Bodé, à Koutouba et à Nassian. Partout, le même message : les remerciements de l’ancien président ivoirien et un appel à la mobilisation pour s’opposer à l’injustice

    Cette tournée comprend des visites de courtoisie aux autorités administratives, aux rois et chefs coutumiers, des meetings et des rencontres d’échanges avec les militants. Commencée dans le Gontougo, elle s’est poursuivie dans le Bounkani et s’achèvera à Transua, dans le Gontougo, lundi prochain.

    Jean Kelly KOUASSI

  • À ABIDJAN, OUSMANE SONKO ET LAURENT GBAGBO PARLENT DE SOUVERAINETÉ ET D’UNITÉ PANAFRICAINE

    À ABIDJAN, OUSMANE SONKO ET LAURENT GBAGBO PARLENT DE SOUVERAINETÉ ET D’UNITÉ PANAFRICAINE

    En marge de sa visite officielle en Côte d’Ivoire, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a rencontré Laurent Gbagbo à Abidjan. Souveraineté, démocratie et solidarité panafricaine étaient au cœur des échanges.

    En visite officielle en Côte d’Ivoire depuis le 29 mai, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a été reçu, le samedi 31 mai 2025, par l’ancien président Laurent Gbagbo à sa résidence à Abidjan. La rencontre s’est tenue en marge de son séjour, à l’occasion du 79e anniversaire de l’ancien chef de l’État ivoirien.

    « Un geste politique fort »

    Selon une source au sein du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), l’échange s’est déroulé dans une atmosphère décrite comme « conviviale et fraternelle ». Les discussions entre les deux hommes ont porté sur plusieurs thématiques, notamment la souveraineté des États africains, la démocratie et la solidarité entre nations du continent.

    « Laurent Gbagbo, figure majeure de la lutte pour la souveraineté africaine, est une source d’inspiration et un modèle pour de nombreux leaders africains », a confié cette source, avant d’ajouter :

    « Cette visite, qui intervient à quelques mois de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire prévue en octobre 2025, constitue un geste politique fort. Elle résonne comme un appel à la convergence des luttes panafricaines en faveur d’États plus justes, souverains et démocratiques. »

    Cette rencontre a été immortalisée par une photo diffusée dans les canaux officiels du PPA-CI, présentée comme un symbole de « continuité générationnelle dans le combat pour une Afrique debout et souveraine ».

    Tête-à-tête, séance de travail…

    La visite d’Ousmane Sonko en Côte d’Ivoire s’est déroulée du 29 mai au 1er juin 2025. À son arrivée, le jeudi soir, il a été accueilli par le Premier ministre ivoirien, Dr Beugré Mambé. Le lendemain, les deux chefs de gouvernement ont eu un tête-à-tête suivi d’une séance de travail élargie aux délégations sénégalaise et ivoirienne.

    Le même jour, Ousmane Sonko a été reçu par le président de la République, Alassane Ouattara. Selon les services de la présidence ivoirienne, les deux dirigeants ont abordé la coopération bilatérale et les défis sécuritaires et économiques auxquels leurs pays et la sous-région sont confrontés. Le Premier ministre sénégalais a parlé d’une « forte convergence de vues » entre les deux gouvernements.

    Le samedi 31 mai, Ousmane Sonko s’est également rendu à Bouaké dans le cadre du jumelage entre cette ville et Ziguinchor. Les deux communes sont liées depuis le 4 septembre 2018. Ancien maire de Ziguinchor, il a appelé à relancer cette coopération.

    À l’issue de cette étape, Ousmane Sonko a été fait citoyen d’honneur de la ville de Bouaké. La visite du Premier ministre sénégalais s’est achevée le dimanche 1er juin. Avant son départ, il a rencontré la communauté sénégalaise vivant en Côte d’Ivoire.

    Samuel KADIO

  • CÔTE D’IVOIRE- SITUATION ECONOMIQUE ET FINANCIERE

    CÔTE D’IVOIRE- SITUATION ECONOMIQUE ET FINANCIERE

    Croissance économique et développement

    La Côte d’Ivoire fait figure de puissance économique sous régionale, contribuant à 40% du PIB de l’UEMOA et des exportations de la zone. Le pays possède également la base industrielle la plus importante de l’UEMOA. Il demeure le 1er producteur mondial de cacao (plus de 40% de part de marché) et est depuis 2015 le 1er producteur mondial d’anacarde (autour de 40% de la production mondiale en 2023). Le secteur primaire est principalement axé sur l’agriculture (20% du PIB en 2021) ; le secteur secondaire (29% du PIB) concerne principalement l’industrie extractive, l’énergie, l’agro-alimentaire et le BTP ; enfin, le secteur tertiaire (51% du PIB), est dominé par les télécommunications, les transports, le commerce et les activités financières. La performance et la résilience de l’économie ivoirienne reposent également sur la stabilité monétaire que lui confère son appartenance à l’UEMOA et qui se traduit par une inflation relativement faible.

    Placée depuis 2012 sur un sentier de croissance soutenue, l’économie ivoirienne présente des signes de transformation structurelle, comme en témoignent l’émergence d’une transformation locale de matières premières et la diversification des exportations. Le PND 2021-2025, en cours de mise en œuvre, se fixe pour objectifs entre autres : l’accélération de la transformation structurelle de l’économie, avec une croissance moyenne sur la période de plus de 7% ; et l’accès de la Côte d’Ivoire au rang des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure d’ici 2030. Ce plan prévoit un investissement global sur la période d’environ 90 Mds EUR, porté au ¾ par le secteur privé.

    En 2020, du fait de l’impact de la COVID-19, la croissance a ralenti à +2% puis a marqué un fort rebond en 2021, à +7%. Elle s’est établie à 6,7% en 2022, tirée principalement par la consommation privée et l’investissement public.

    Le maintien d’une croissance dynamique témoigne de la résilience de l’économie en dépit des chocs externesEn 2023, la croissance s’élève à 6,2% (un peu plus de 9% en nominal), porté principalement, s’agissant de la demande, par des investissements dans les infrastructures en lien avec la coupe d’Afrique des nations (CAN) 2024, et s’agissant de l’offre par le secteur extractif (via la mise en service du champ pétrolier Baleine en août 2023) et le secteur tertiaire (en particulier par les transports et communications). La croissance en 2024 est projetée à 6,5%, soutenue par la consommation et l’investissement privé.

    A moyen terme, les perspectives sont toutefois soumises à d’importants risques baissiers, dont principalement l’impact du conflit en Ukraine, le durcissement des conditions d’emprunt et l’instabilité sécuritaire dans le Sahel.

    En dépit de ces bonnes performances économiques, le pays reste marqué par la persistance de disparités socio-économiques et géographiques majeures. Sa population est estimée à 31,1 M d’habitants en 2023, dont environ 22% d’étrangers principalement constitués des communautés de la CEDEAO (Mali, Burkina Faso…). Avec une espérance de vie à la naissance estimée à 59 ans en 2022 (2 ans de moins que la moyenne subsaharienne), le pays se classe 166ème sur 193 au classement IDH 2022 du PNUD et l’incidence de la pauvreté est évaluée à 37,5% en 2021. Des disparités géographiques majeures persistent entre Abidjan, capitale économique, et le reste du pays : 80% de l’activité économique du pays relèverait d’Abidjan (abritant 22% de la population). Par ailleurs, l’économie est largement informelle (estimée à 51% du PIB) ; l’emploi informel occupant, lui, plus de 90% de la force de travail.

    Finances publiques

    La consolidation budgétaire se poursuit et repose principalement sur la hausse des recettes fiscales, conformément au programme avec le FMI qui prévoit une hausse des recettes fiscales de 12,8% du PIB en 2022 à 15,9% en 2026 (là où le seuil communautaire de convergence recommande 20% du PIB). A noter que les recettes fiscales se situent à 13,6 % du PIB en 2023. Le déficit budgétaire s’est réduit en 2023, passant de 6,8% du PIB en 2022 à 5,2%, reflétant selon le FMI les fortes mesures en recettes prises au cours de l’année 2023. Il est projeté à 4% du PIB en 2024, soutenu principalement par une amélioration des recettes fiscales et une baisse des dépenses totales, portée principalement par une baisse des transferts et subventions ainsi que dépenses de sécurité et d’élection. En 2025, le déficit budgétaire devrait atteindre la cible communautaire de 3% du PIB.

    Dette publique

    La Côte d’Ivoire fait partie des pays d’Afrique subsaharienne ayant accès aux marchés internationaux. Elle a été le premier pays du sous-continent à revenir sur les marchés internationaux après le resserrement des conditions financière de 2022, avec l’émission d’un double eurobond en janvier 2024 pour un total de 2,6 Mds USD à des conditions financières relativement attractives (taux d’intérêt moyen de 6,61% au terme de l’opération de couverture de change dollar-euro). La Côte d’Ivoire a profité de cette levée sur le marché international pour procéder à un reprofilage de sa dette. L’opération a généré une économie cumulée sur le service de la dette de 2,3 points de PIB entre 2024 et 2032, avec un pic de 0,9 point du PIB en 2025. Par ailleurs, la notation souveraine de la Côte d’Ivoire a été relevée à « Ba2 » par Moody’s en mars 2024 et S&P en a fait de même en octobre en relevant la note à « BB ».

    La Côte d’Ivoire est vulnérable aux chocs externes, sur les exportations notamment, et dispose d’un espace budgétaire limité pour y faire face. Le risque de surendettement global et externe de la Côte d’Ivoire est jugé modéré.

    La dette publique a fortement augmenté ces dernières années, passant de 38,4% du PIB en 2019 à 58,1% du PIB en 2023, soit une augmentation de près de 20% du PIB en 4 ans. Cette hausse substantielle est liée aux importants besoins de financement engendrés par la COVID-19 et les pressions inflationnistes engendrées par la guerre en Ukraine depuis 2022. En 2023, la dette publique est majoritairement externe (62% de la dette totale).

    Publié le 16 décembre 2024

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  • PSG écrit l’histoire à Munich avec l’Afrique en chef d’orchestre

    PSG écrit l’histoire à Munich avec l’Afrique en chef d’orchestre

    Dans une finale à sens unique, le PSG a décroché sa première Ligue des champions en écrasant l’Inter Milan 5-0 à l’Allianz Arena. Cette soirée historique porte avant tout la signature du talent africain : d’Achraf Hakimi à Senny Mayulu, en passant par Désiré Doué, les joueurs aux origines africaines ont orchestré le triomphe parisien sous les yeux de deux milliards de spectateurs du monde entier dont 450 millions du continent. Une victoire qui dépasse largement le cadre sportif et consacre Paris comme la nouvelle capitale européenne du football africain.

    Le Paris Saint-Germain décroche à Munich la première Ligue des champions de son histoire en corrigeant l’Inter Milan (5-0). Porté par sa colonne vertébrale africaine – Achraf Hakimi (Maroc) et Désiré Doué (triple culture franco-ivoirienne-béninoise) – puis par les éclairs de Khvicha Kvaratskhelia et du jeune Senny Mayulu (origines RD congolaises), Paris a dominé chaque compartiment du jeu dans une démonstration de force saisissante.

    Les Lombards, dépourvus de représentants africains dans leur onze titulaire, n’ont jamais trouvé la moindre parade face à cette vague offensive multiculturelle qui a déferlé sur l’Allianz Arena. Dès la 12e minute, Hakimi ouvrait le score d’une frappe tendue au premier poteau, donnant le ton d’une soirée qui restera gravée dans les mémoires.

    Une finale qui restera dans l’histoire africaine

    Cette victoire revêt une dimension symbolique considérable pour le football africain. Hakimi, buteur d’entrée et capitaine exemplaire, devient le premier Marocain double vainqueur de la Ligue des champions, rejoignant ainsi le cercle très fermé des légendes continentales. À seulement 20 ans, Doué a signé un doublé spectaculaire, délivré une passe décisive et décroché logiquement le trophée d’homme du match, confirmant son statut de prodige franco-africain.

    L’explosion de Senny Mayulu en fin de rencontre a parachevé ce triomphe générationnel. À 18 ans, le milieu aux origines congolaises a scellé le score d’un but somptueux, confirmant la profondeur exceptionnelle du vivier afro-parisien cultivé par le club depuis plusieurs saisons.

    Les statistiques parlent d’elles-mêmes : trois des cinq buts parisiens et trois passes décisives sont directement liés au continent africain. Un signal retentissant pour les quelque 450 millions de téléspectateurs africains qui suivaient la rencontre, de Lagos à Casablanca en passant par Abidjan et Dakar.

    Le contraste saisissant avec l’Inter

    Face à cette déferlante afro-parisienne, l’Inter Milan a fait figure de formation dépassée. L’absence totale de joueurs aux origines africaines dans l’effectif nerazzurro – fait rare dans le football moderne – a créé un contraste saisissant avec la vivacité et la créativité déployées par Paris. Là où Simone Inzaghi alignait un onze européen classique avec quelques sud-américains, Luis Enrique misait sur la diversité culturelle comme force créatrice.

    Cette différence s’est traduite sur le terrain par un déséquilibre permanent : percussion contre lenteur, imprévisibilité contre rigidité tactique. L’Inter n’a jamais réussi à contenir les vagues offensives parisiennes, subissant pendant 90 minutes la loi d’adversaires animés par une énergie collective irrésistible.

    Collectif huilé, inspiration offensive, rigueur défensive : le PSG a livré la démonstration parfaite pour conquérir l’Europe, mais au-delà du trophée tant attendu, cette finale 2025 entérine surtout la place centrale du talent africain dans le projet parisien. Le club a prouvé que l’avenir du football européen s’écrit aussi – et peut-être surtout – avec l’Afrique comme co-auteur.

  • Côte d’Ivoire/ Démocratie :  » dans le rapport 2025 de V-Dem Institute, notre pays est classé comme une autocratie électorale  » ( Tidjane Thiam)

    Côte d’Ivoire/ Démocratie :  » dans le rapport 2025 de V-Dem Institute, notre pays est classé comme une autocratie électorale  » ( Tidjane Thiam)

    La coalition de l’opposition ivoirienne dénommée  » CAP Côte d’Ivoire  » regroupant vingt-quatre ( 24) partis politiques dont le Parti démocratique de Côte d’Ivoire ( PDCI) de Cheick Tidjane Thiam, le Front populaire ivoirien ( FPI) de Pascal Affi N’Guessan et le Mouvement des générations capables ( MGC) de Simone Gbagbo), a organisé le samedi 31 mai 2025, à la place Ficgayo de Yopougon dans l’ouest d’Abidjan, un « Giga meeting » qui a réuni environ 50 mille personnes, à en croire les organisateurs.

    Lors de cette rencontre, Cheick Tidjane Thiam, le président du PDCI-RDA, par ailleurs, président de la conférence des présidents de CAP-Côte d’Ivoire, a prononcé un discours via visioconférence depuis Paris où il séjourne.

     » Dans le rapport 2025 de V-Dem Institute, notre pays est désormais classé comme une autocratie électorale. Autocratie, ça veut dire dictature. C’est le type de régime qui organise des élections multipartites qui sont entachées d’irrégularités, de restriction des libertés d’expression, de limitation de la compétition politique… Vous voyez la description de ce document. Sur la base de cet indice, notre pays est classé 107è sur 179 pays loin derrière un Ghana classé 50è, un Sénégal classé 69è, un Libéria classé 78è », a révélé M. Thiam dans cette adresse.

    En ce qui concerne, l’indice de développement humain ( IDH), le président du PDCI-RDA a soutenu que la Côte d’Ivoire devrait se comparer à des pays qui ont une géographie et des ressources comparables comme le Ghana.

     » Quand nous avons parlé de l’indice de développement humain, on nous a répondu, on s’en fou. Aujourd’hui avec un peu de progrès, on nous répond que c’est la chose la plus importante. Il faut se comparer à des pays qui ont une géographie et des ressources comparables aux nôtres. Le Ghana qui est comparable à nous est 143è, pas 157è », a dit M. Thiam.

    Par ailleurs, il a invité les autorités ivoiriennes  » à faire preuve de bon sens et de modération ».

     » Je suis très heureux de m’adresser à vous depuis Paris. Nous invitons le pouvoir à faire preuve de bon sens et de modération. Il faut que le maximum d’ivoiriens puissent voter. Il faut une révision de la liste électorale avant l’élection ( présidentielle) », a souhaité M. Thiam invitant les politiques  » à bannir les discours haineux et xénophobes « .

     » (…) Il ne faut pas prendre les ivoiriens pour des idiots. On veut juste annuler mon élection démocratique à la tête du PDCI-RDA « , a également dénoncé le président du PDCI-RDA.

    Avant lui, plusieurs autres présidents des partis membres de la coalition Cap-Côte d’Ivoire dont Charles Blé Goudé ( Cojep), Affi N’Guessan ( FPI) et Simone Gbagbo ( MGC) ont prononcé des discours devant leurs militants.

     » Moi, je ne désespère pas de la Côte d’Ivoire. Ce pays là, personne n’a un ACD ( Arrêté de concession définitive) là-dessus « , a dit M. Blé appelant à son tour au dialogue pouvoir-opposition pour une élection présidentielle apaisée en octobre 2025.

    Quant à Pascal Affi N’Guessan, le président du Front populaire ivoirien ( FPI), il a dénoncé  » une prise d’otage  » de la Commission électorale indépendante ( CEI).

     » Nous exigeons une dissolution de la CEI « , a affirmé M. Affi.

    Pour sa part, Simone Ehivet Gbagbo, la présidente du Mouvement des générations capables ( MGC) et porte-parole de la coalition Cap-Côte d’Ivoire, a souhaité que le RHDP, le parti présidentiel ivoirien, ne choississe pas le président Alassane Ouattara comme son candidat à la présidentielle d’octobre prochain.

     » (…) Le président Alassane Ouattara n’aurait jamais dû être candidat en 2020. Je demande au RHDP de revoir sa copie et de nous proposer un autre candidat », a indiqué le présidente de MGC.

     » Nous voulons une CEI dans laquelle il n’y a aucun représentant de partis politiques. Nous voulons un découpage électoral équitable. Nous ne sommes pas d’accord avec cette histoire de parrainage citoyen « , a entre autres, fait savoir la porte-pA cinq mois de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025, l’opposition s’organise pour affronter le RHDP d’Alassane Ouattara qui entretient jusque-là, le suspense sur son candidat à cette échéance électorale.

    L.Barro

    iciabidjan a retrouvé pour vous le Rapport sur la démocratie 2025 de V-Dem Institute.

  • BAD: passage de témoin à la tête du Conseil des gouverneurs

    BAD: passage de témoin à la tête du Conseil des gouverneurs

    Après l’élection de M. Sidi Ould Tah à la tête de la BAD, le ministre de l’Économie, du Plan et de l’Intégration régionale du Congo, M. Ludovic Ngatsé, a été désigné pour présider le bureau du Conseil des gouverneurs.

    La matérialisation de la décision portant Ludovic Ngatsé à la tête du Conseil des gouverneurs de la BAD s’est faite, ce vendredi 30 mai 2025, à Abidjan, lors de la clôture des Assemblées annuelles 2025. L’ex-présidente du Conseil des gouverneurs, la ministre ivoirienne de l’Economie et du Plan, Kaba Nialé, a passé le flambeau à M. Ngatsé.

    Mme Kaba Nialé a salué le leadership du Dr Akinwumi Adesina, président sortant de la banque, dont le mandat prendra fin le 31 août 2025. Ce leadership, selon elle, a permis à la BAD de « relever des défis importants et d’atteindre des dimensions inégalées, que ce soit sur le plan financier ou en matière de positionnement dans le destin du continent ».

    Elle a également adressé ses félicitations à M. Sidi Ould Tah, nouvellement élu à la tête de la BAD, soulignant que ses qualités humaines et professionnelles lui permettront de faire « progresser encore davantage la banque, en créant de nouvelles opportunités pour accélérer son développement ».

    Dans la même dynamique, la ministre Kaba Nialé a félicité le nouveau bureau du Conseil des gouverneurs, présidé par le ministre de l’Économie, du Plan et de l’Intégration régionale du Congo, M. Ludovic Ngatsé, qui aura la charge de l’organisation des prochaines Assemblées annuelles.

    Ludovic Ngatsé a félicité la ministre Kaba Nialé pour « la qualité du travail accompli à la tête du Conseil des gouverneurs ». Il a mis en relief sa rigueur, son engagement et son sens du devoir, qui ont « fortement contribué à faire de ces Assemblées une réussite ».

    Poursuivant, le président du Conseil des gouverneurs, Ludovic Ngatsé, a rassuré le nouveau président de la BAD du soutien de son pays, ainsi que des États membres de l’institution financière pour l’accompagner dans sa mission.

    « Notre présidence veillera à ce que les ressources de la Banque soient mieux réparties, plus équitables, et répondent de manière ciblée aux priorités de développement des pays membres », a soutenu le ministre Ludovic Ngatsé.

    Ludovic Ngatsé a donné rendez-vous pour les prochaines Assemblées annuelles, qui se tiendront au Congo-Brazzaville du 25 au 29 mai 2026. Le président sortant de la BAD, Dr Akinwumi Adesina, visiblement content, a égayé l’assistance avec des chants.

    AP/Sf/APA

  • COTE D’IVOIRE-MAMADOU TOURÉ MET EN GARDE L’OPPOSITION : « IL N’Y AURA PAS DE DIALOGUE POLITIQUE SI… »

    COTE D’IVOIRE-MAMADOU TOURÉ MET EN GARDE L’OPPOSITION : « IL N’Y AURA PAS DE DIALOGUE POLITIQUE SI… »

    Mamadou Touré, porte-parole adjoint du gouvernement a mis en garde l’opposition sur les conditions de l’ouverture d’un dialogue politique avant la présidentielle d’octobre 2025.

    C’était ce vendredi, lors de l’émission débat sur l’actualité diffusée sur RFI. Mamadou Touré, porte-parole adjoint du RHDP et du gouvernement, était l’invité de l’émission aux côté de deux cadres de l’opposition, notamment Steve Bico du PPA-CI et Brédoumy Soumaïla du Parti démocratique de Côte d’Ivoire.

    Mise en garde

    Plusieurs sujets d’actualité ont été à l’occasion évoqués, notamment l’épineuse question de l’ouverture d’un dialogue politique avant la tenue du scrutin présidentiel.  Sur cette question présentée comme l’une des revendications clés de l’opposition, le porte-parole adjoint du gouvernement s’est voulu claire : « Si le dialogue politique s’entend comme une rencontre pour remettre en cause tous nos acquis démocratiques, et aboutir à ceux à quoi ils n’ont pas pu aboutir en 2020 C’est-à-dire le report de l’élection pour nous mettre dans l’incertitude alors il n’y aura pas de dialogue politique dans ce sens », a prévenu Mamadou Touré.

    Si le dialogue politique s’entend comme une rencontre pour remettre en cause tous nos acquis démocratiques, et aboutir à ceux à quoi ils n’ont pas pu aboutir en 2020 C’est-à-dire le report de l’élection pour nous mettre dans l’incertitude alors il n’y aura pas de dialogue politique

    La mise en garde du porte-parole adjoint du gouvernement intervient dans un contexte de crispation politique alimenté par des critiques récurrentes de l’opposition sur la gouvernance électorale, la composition de la Commission Électorale Indépendante (CEI), ou encore la question de la réconciliation nationale. L’opposition, notamment le PDCI-RDA et le PPA-CI, insiste sur la nécessité de solder les « points restés en suspens » à l’issue du dernier dialogue politique conduit sous l’ère Patrick Achi.

    Un dialogue demandé, mais ignoré ?

    Pour Steve Beco, secrétaire national technique du PPA-CI en charge du marketing politique, la responsabilité de l’impasse revient au pouvoir en place. « C’est nous qui sommes demandeurs du dialogue. Nous avons écrit à deux reprises au Premier ministre avant même la CAN pour solliciter une rencontre. Il n’a même pas daigné répondre. Qui, donc, refuse le dialogue ? Qui prépare le chaos ? Certainement pas l’opposition », affirme-t-il.

    Du côté du PDCI-RDA, même son de cloche. Brédoumy Soumaïla, porte-parole du parti, rappelle que cette revendication date de 2022, sous l’impulsion des présidents Bédié et Gbagbo. « Nous avons voulu que les points non soldés soient réglés, notamment la composition de la CEI. Certains progrès ont été faits, mais il reste des sujets importants en suspens. »

    Le pouvoir défend ses positions

    Pour Mamadou Touré, l’État ne nie pas les avancées obtenues lors du précédent dialogue. Il rappelle que plusieurs revendications de l’opposition ont été prises en compte, notamment l’intégration du PPA-CI à la CEI, bien qu’il n’était pas représenté à l’Assemblée nationale.  Sur la question de la CEI, Il a souligné qu’à aucun moment pendant le dialogue politique, l’opposition n’a remis en cause la légitimité ou la composition de cette institution. »

    Le scrutin présidentiel se tiendra dans exactement 5 mois alors que les principaux points de revendications de l’opposition portant sur la crédibilité du scrutin, notamment l’inclusivité et la transparence du processus électoral reste toujours en suspens. L’opposition, comprenant le PDCI-RDA, le COJEP, le MGC,  réunie au sein de la coalition pour l’alternance politique organise un meeting ce samedi 31 mai à Yopougon pour réclamer des conditions de l’organisation d’une élection transparente et la réintégration de ses leaders, Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, Tidjane Thiam et Guillaume Soro, tous exclus du processus suite à des décisions de justice controversées.  

    r Jean Kelly KOUASSI

  • Côte d’Ivoire. A « la Foire de la Tabaski », les bêtes coûtent les yeux de la tête

    Côte d’Ivoire. A « la Foire de la Tabaski », les bêtes coûtent les yeux de la tête

    Bientôt un an que le parc à bétail situé à Adjamé est délocalisé à Anyama. Le site est en attente d’être transformé en une nouvelle gare routière. Cependant, il est partiellement occupé par des garages automobiles et un …nouveau petit parc à bétail. Pourquoi ces nouveaux occupants sont-ils là? Si les garagistes nous évitent, l’un des responsables du nouveau parc nous donne des raisons. « Non, ce n’est pas le retour du parc à bétail. C’est plutôt une foire de la tabaski que vous voyez », précise-t-il.

    « Le Parc à bétail à bien été délocalisé à Anyama. Mais étant donné que chaque commune à son lieu de vente de bétails, nous avons sollicité le Ministre Gouverneur Cissé Ibrahim Bacongo et le Maire d’Adjamé, afin de nous permettre de vendre nos moutons et bœufs sur l’ancien site du parc. Ils ont accepté et nous l’avons dénommée “Foire de la tabaski 2025 ”. C’est pour deux semaines, juste le temps de permettre aux jeunes de la commune de vendre leurs bêtes et permettre aux parents d’en acheter tout près d’eux », affirme-t-il.

    Sur cet ancien site devenu nouveau, on trouve uniquement des bœufs. A l’opposé, derrière la route, ce sont les moutons. Les enclos pour les bœufs et ceux pour les moutons sont loués aux commerçants respectivement à 250 000 francs et 50 000 francs CFA. Ceux-ci critiquent ces tarifs jugés exorbitants. « C’est trop cher. Pourtant, ils n’ont fait que piquer des fers et mettre des cordes pour délimiter les enclos. En plus, on paie la confection des caisses de nourriture de bétail à 50 000 francs et le sac de nourriture à 100 000 francs. En deux semaines, comment pourrait-on rentabiliser toutes ces dépenses? », s’interroge un commerçant.

    « Les bœufs, on parle de 400 à 600 000 F. Les moutons, c’est au moins 150 000 F. Il y en a de 250 000 F également. C’est cher, mais je vais prendre un mouton »

    Un autre commerçant ajoute : « Je pense qu’on va rejoindre nos frères qui ont abandonné le bétail pour faire autre chose. On a été chassé de Port-Bouet ensuite d’Adjamé. On est parti à Anyama, là-bas, l’espace est moins hygiénique, il y a insuffisamment d’enclos et en plus c’est cher. Il varie de 500 000 francs à 800 000 francs CFA. C’est compliqué ».

    Tout de même, quelques clients viennent. Ils sont plus tentés par l’achat de moutons que de bœufs. « Les bœufs, on parle de 400 à 600 000 francs. Les moutons, c’est au moins 150 000 francs. Il y en a de 250 000 francs également. C’est cher, mais je vais prendre un mouton », déclare un fidèle. Tout se passe bien pour le moment en termes de sécurité. La Police nationale, la Police municipale et l’équipe de sécurité de la Foire veillent toutes au grain.

    Moussa I. Koné