La Commission électorale Indépendante (Cei) invite les candidats à la candidature à l’élection du Président de la République du 25 octobre 2025, à transmettre, conformément à l’article 54 du code électoral, la liste de leur coordonnateur central et de son adjoint au Secrétariat permanent de la Cei, au plus tard le vendredi 20 juin 2025.
Cette information émane d’un communiqué signé le 11 juin 2025, par Kouamé Adjoumani Pierre, Secrétaire permanent de l’institution.
Par ailleurs, la Cei informe qu’une formation à leur intention sur le mode opératoire de la collecte des signatures est prévue le 23 juin 2025, à son siège sis à Abidjan-Cocody, II-Plateaux, carrefour Duncan, Résidence Angoua.
Qu’est-ce que l’Africa Corps russe et remplace-t-il le groupe Wagner ?
Le 5 juin, le groupe Wagner, une « société militaire privée » (SMP) russe autoproclamée qui était depuis des années la force dominante de la Russie sur le continent africain, a annoncé son retrait du Mali.
Saluant les succès présumés du groupe au cours de ses trois ans et demi de présence au Mali, Wagner a déclaré sur sa chaîne Telegram officielle que sa « mission était terminée » et qu’il « rentrait chez lui ».
Cette déclaration a toutefois laissé plusieurs questions sans réponse. Deux d’entre elles se sont particulièrement démarquées : qui comblera le vide du pouvoir au Mali et qu’adviendra-t-il de la présence de Wagner sur le reste du continent, notamment en République centrafricaine (RCA) ?
Ces deux questions sont éclipsées par la présence croissante en Afrique d’un groupe paramilitaire russe rival : l’Africa Corps.
Qu’est-ce que l’Africa Corps et en quoi diffère-t-il de Wagner ?
Ces deux questions sont éclipsées par la présence croissante en Afrique d’un groupe paramilitaire russe rival : l’Africa Corps.
L’Africa Corps (AC) est un groupe paramilitaire affilié au ministère russe de la Défense, souvent considéré comme le successeur de Wagner.
Selon sa propre chaîne Telegram, il a été fondé « après le sommet Russie-Afrique à Saint-Pétersbourg en juillet 2023 afin d’étendre la présence militaire russe sur le continent africain et au Moyen-Orient ».
Sa création a coïncidé avec la mort des tristement célèbres dirigeants de Wagner, Yevgeny Prigozhin et Dmitry Utkin, dans un accident d’avion en août 2023, qui a porté un coup dur au groupe, provoquant des divisions internes et le laissant temporairement sans dirigeant.
Au moment de sa création, l’Africa Corps était connu sous le nom de « Russian Expeditionary Corps » (REC ; REK) et était considéré comme une filiale de Redut, une « pseudo-société militaire privée » contrôlée par le ministère de la Défense. En décembre 2023, il a été rebaptisé Africa Corps. À un moment donné par la suite, il semble avoir soit pris son indépendance vis-à-vis de Redut, soit absorbé cette dernière.
Le corps ne nomme pas ouvertement ses commandants. Cependant, de nombreux commentateurs ont établi un lien entre le vice-ministre de la Défense Yunus-Bek Yevkurov et l’ancien commandant de la SMP Wagner Andrei Troshev (qui serait à la tête de Redut) et le groupe.
Le blog populaire sur la guerre Rybar a également établi un lien entre le général Sergei Surovikin et la Direction principale de l’état-major général (communément appelée GRU) et les opérations de l’AC.
Il n’existe aucune information officielle concernant les effectifs du groupe.
En septembre 2023, le célèbre blog Telegram Grey Zone, affilié à Wagner, a attribué l’augmentation signalée des effectifs nominaux de Redut de 8 000 soldats – passant de 12 000 à 20 000 – à la formation de l’Africa Corps, notant qu’il était prévu de porter à terme les effectifs combinés des deux groupes à 40 000 personnes.
De même, en mai 2025, le chef des services de renseignement extérieurs ukrainiens, Oleh Ivashchenko, a estimé les effectifs de l’Africa Corps à 12 000 personnes, précisant que Moscou prévoyait de les doubler pour atteindre 24 000 personnes.
Contrairement à Wagner, l’Africa Corps se targue d’être directement affilié à l’armée russe au lieu d’opérer en tant que « société militaire privée ». Il se fixe pour objectif de « garantir les succès diplomatiques » de la politique étrangère russe, ce qui contraste fortement avec la position idéologique « mercenaire » de Wagner. Le corps promet à ses recrues des avantages égaux, voire supérieurs, à ceux dont bénéficient les militaires sous contrat régulier, ainsi que le maintien de leur grade militaire et de leur état de service.
Contrairement à Wagner, le corps semble prospérer, puisqu’il recrute activement sur les réseaux sociaux pour divers postes et étend sa présence à de nouveaux États africains.
L’Africa Corps est-il en train de remplacer Wagner en Afrique ?
Légende image,L’Africa Corps a publié une vidéo de 5 minutes montrant prétendument un raid aérien contre Al-Qaïda.
Au moment où nous écrivons ces lignes, l’Africa Corps serait présent au Burkina Faso et au Niger, dans la région du Sahel, et serait également présent en Libye et en Guinée équatoriale. Cette année, les informations faisant état de son intrusion au Mali se sont multipliées.
Par exemple, le Mali a reçu plusieurs livraisons d’équipements militaires lourds qui seraient liés à l’Africa Corps, notamment en mars et en mai.
Le 26 mai, l’une des chaînes Telegram de l’AC a partagé une photo accompagnée de la légende « Bonjour, Russie ! ». Le lieu où la photo a été prise n’était pas précisé, mais les drapeaux de la Russie et du Mali sont visibles sur un panneau d’affichage en arrière-plan.
Le 7 juin, la chaîne Telegram russe Voyenny Osvedomitel (Informateur militaire) a partagé des images de ce qu’elle a présenté comme du matériel militaire de l’AC au Mali. Il s’agissait notamment de véhicules blindés Vystrel, de véhicules de transport de troupes blindés BTR-82A, d’obusiers Msta-B et D-30A, et de mortiers 2B9 Vasilyok.
Le 8 juin, le corps a mis en ligne une vidéo qui, selon lui, montrait « les opérations de combat des hélicoptères de l’Africa Corps pour détruire les terroristes d’Al-Qaïda ». Bien que le lieu de tournage de la vidéo n’ait pas été précisé, les commentateurs ont émis l’hypothèse qu’il s’agissait du Mali.
La chaîne Telegram Departamente, spécialisée dans les reportages sur le Sahel et qui avait auparavant des liens avec Wagner, a déclaré que la vidéo montrait deux attaques distinctes, filmées près de Boulkessi et Tessit au Mali, respectivement les 1er et 4 juin.
Tout cela fait suite à de nombreuses réunions entre les dirigeants militaires et diplomatiques russes et les dirigeants des États africains, dont le Mali. Parmi celles-ci figuraient des visites en Afrique de responsables russes, notamment Yunus-Bek Yevkurov, et des pourparlers sur la sécurité en Russie, tels que le sommet de juillet 2023 et les pourparlers de mai 2025 à Moscou.
Cela intervient également alors que des rapports font état d’une recrudescence des activités djihadistes au Sahel.
Il convient également de noter que la présence de la Russie en Afrique dépend actuellement du maintien de l’accès à sa base aérienne de Hmeimim en Syrie.
Quelle est la situation actuelle de Wagner ?
Quant à Wagner, il a subi des revers importants en Afrique au cours de l’année écoulée.
Parmi ceux-ci, on peut citer plusieurs défaites face à des groupes djihadistes et des rebelles touaregs au Mali, notamment lors d’une embuscade désastreuse en juillet 2024 qui a coûté la vie à plusieurs commandants du groupe et à sa personnalité en ligne la plus en vue, Nikita « Belyi » Fedyanin, le blogueur derrière Grey Zone.
Les médias locaux africains ont également mis en avant ces échecs, remettant en question l’efficacité du groupe.
L’exode de Wagner du Mali laisse la RCA, qui a longtemps été le bastion du groupe sur le continent, comme le seul pays africain où la présence de Wagner est confirmée. Cependant, il semble désormais que le groupe risque de perdre également sa présence dans ce pays, ce qui le pousserait à quitter complètement l’Afrique.
En janvier 2025, le président centrafricain Faustin-Archange Touadera s’est rendu à Moscou, où il s’est entretenu avec son homologue russe Vladimir Poutine. Le dirigeant russe a déclaré qu’il était « déterminé à poursuivre » la coopération en matière de sécurité avec la RCA, et d’autres discussions ont eu lieu à huis clos.
En mars, Yunus-Bek Yevkurov s’est rendu à Bangui, où il a également souligné la nécessité de « développer la coopération dans le domaine de la sécurité ».
Le 30 mai, l’envoyé russe en RCA a déclaré que Moscou cherchait à établir une base militaire officielle dans le pays, ce qui impliquerait le déploiement de l’Africa Corps à la place de Wagner.
Dans un rapport publié début mai, Business Insider Africa a déclaré que la base « pourrait accueillir jusqu’à 10 000 militaires à des fins d’entraînement », la RCA accordant en échange à la Russie « un accès significatif aux ressources minérales du pays ».
Les images satellites examinées par BBC Monitoring montrent qu’au cours des six derniers mois, le nombre de véhicules stationnés dans les locaux d’au moins deux des bases de Wagner en RCA a augmenté de façon constante. Bien que cela puisse être une coïncidence, cela pourrait également signifier que le groupe retirait des ressources d’autres lieux de déploiement, notamment au Mali.
Par ailleurs, il semble que Wagner ne se porte pas bien non plus sur le front intérieur.
Diverses chaînes Telegram liées au groupe ont rapporté que les e-mails et les chatbots de Wagner ne répondaient plus aux demandes, y compris celles liées aux paiements et aux formalités administratives. Ces demandes sont désormais redirigées vers une organisation intermédiaire basée à Saint-Pétersbourg.
La chaîne officielle de recrutement de Wagner a changé de nom pour devenir « Vacancies in Africa » (Offres d’emploi en Afrique) et a supprimé toutes les anciennes offres d’emploi. Actuellement, la chaîne ne comporte que deux publications : une note indiquant qu’elle est bloquée sur les appareils Google et une réimpression de l’annonce de l’exode du groupe au Mali.
La chaîne officielle de réserve de Wagner, Svodki, a également été purgée de tout son contenu.
Dans une lettre ouverte publiée ce jeudi 12 juin 2025, Laurent Gbagbo s’adresse aux Ivoiriens pour dénoncer les injustices, exclusions politiques, et dérives du pouvoir en place.
Il annonce officiellement le lancement du mouvement « Trop c’est Trop », un cadre citoyen apolitique visant à mobiliser toutes les couches sociales contre la vie chère, l’exclusion électorale, la répression et l’injustice.
« Trop c’est trop ! Il faut que cela cesse », martèle-t-il.
L’ancien président, radié de la liste électorale, appelle à une mobilisation pacifique, et invite syndicats, jeunes, femmes, religieux, et société civile à rejoindre ce mouvement. Déjà, plusieurs organisations y ont adhéré.
Ce sont de mauvaises nouvelles qui ne pouvaient tomber à plus mauvais moment. À quelques encablures de l’échéance présidentielle, alors que le RHDP a fait feu de tout bois pour reconduire triomphalement son champion au sommet de l’État, la scène internationale envoie des signaux de plus en plus préoccupants. Le vernis du « bilan inattaquable » d’Alassane Ouattara craque, sous les coups de boutoirs conjoints des institutions occidentales.
Photo: Francesca Di Mauro, ambassadrice de l’UE en Côte-d’Ivoire avec la ministre Nasseneba Touré
La Commission européenne a tiré la première salve. Le 10 juin 2025, elle a ajouté la Côte d’Ivoire à sa liste noire des pays à haut risque en matière de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. Dans l’euphorie nationale construite autour du mythe du « capitaine-buteur-entraîneur », cette décision sonne comme un rappel brutal à la réalité. L’image d’un pays modèle de la sous-région est désormais sérieusement écornée.
Mais ce n’était qu’un avant-goût. Trois semaines plus tôt, le FBI américain avait déjà investi discrètement Abidjan. Objectif : enquêter sur les flux financiers opaques liés au Hezbollah libanais, via des réseaux actifs libano-syriens installés depuis des années sur le sol ivoirien. Le chiffre avancé officieusement évoque plusieurs millions d’euros de transferts douteux, en lien avec des circuits criminels transnationaux. Le tout avec un soupçon de complaisance de la part des autorités ivoiriennes.
Un lourd passif qui refait surface
Pour les observateurs aguerris, ces faits ne sont pas une surprise. Depuis plus d’une décennie, la Côte d’Ivoire traîne une réputation sulfureuse. En 2020, les accusations du journal The Africa Report contre Hamed Bakayoko, alors Premier ministre par intérim, avaient déjà déclenché un séisme. Il était alors présenté comme une figure centrale du narco-pouvoir en Afrique de l’Ouest, en lien avec les cartels d’Amérique centrale. Depuis, aucune réforme structurelle sérieuse n’est venue apaiser les craintes.
En octobre 2024, nouveau revers : le Groupe d’action financière (GAFi), organisme intergouvernemental, inscrit le pays sur sa liste grise pour ses lacunes dans la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Une alerte claire, mais minimisée par les communicants du régime.
Aujourd’hui, ces avertissements se transforment en condamnation ouverte. La diplomatie ivoirienne peine à contenir l’incendie, et les grandes capitales qui comptent – Bruxelles, Washington, Berlin – semblent désormais désillusionnées par le discours de performance économique et de bonne gouvernance.
Un modèle fissuré de l’intérieur
La mise en récit du président Ouattara comme figure de la stabilité, du développement et de la modernité ne résiste plus à l’épreuve des faits. Car derrière les projets d’infrastructures, les chiffres de croissance, et les autosatisfactions répétées, le système Ouattara montre de profondes fragilités. L’impunité de certains réseaux, le clientélisme politique, les jeux d’alliances mafieuses dans le portuaire et le secteur bancaire créent un écosystème propice à la dérive.
Ces derniers développements jettent une lumière crue sur la perte de crédibilité internationale du régime. Ils constituent un désaveu indirect, mais puissant, de la reconduction politique d’un président usé, dans un contexte de restriction démocratique, de verrouillage institutionnel et de défiance citoyenne.
Le RHDP peut-il encore se permettre l’arrogance ?
Les signaux envoyés par l’Europe et les États-Unis ne doivent pas être interprétés comme de simples incidents diplomatiques. Ils traduisent un malaise profond quant à la trajectoire prise par la Côte d’Ivoire. Et ils questionnent la viabilité d’un régime qui se rêve en modèle, tout en multipliant les entorses aux standards internationaux de transparence, d’indépendance judiciaire et de lutte contre la criminalité financière.
Le plébiscite, en interne, coïncide avec un revers géopolitique majeur sur la scène internationale. Et si, demain, ces mises en garde se transforment en sanctions économiques ou en restrictions diplomatiques, qui paiera le prix de cette obstination ?
L’heure n’est plus au triomphalisme. Elle est à l’introspection. Et il est peut-être déjà trop tard.
Le 20 septembre 2023, le Premier ministre Patrick Achi lançait officiellement les travaux de construction de l’échangeur de Koumassi. Ce chantier d’envergure, financé par les États-Unis à travers le Millennium Challenge Corporation (MCC), s’inscrit dans le cadre du Programme compact Côte d’Ivoire.
Une étape majeure pour Abidjan
L’échangeur de Koumassi marque une étape majeure pour la modernisation des infrastructures routières d’Abidjan. Il est situé sur le boulevard Félix Houphouët-Boigny, ex-Boulevard Valéry Giscard d’Estaing (VGE), une artère où plus de 100 000 véhicules circulent quotidiennement.
L’infrastructure a une longueur totale de 387 mètres, dont 257 mètres pour l’ouvrage principal.
Un ouvrage innovant pour fluidifier le trafic
D’abord, l’échangeur de Koumassi est le premier du genre dans cette commune. En effet, il marque une étape importante dans le développement des infrastructures locales
Puis, il faut dire que l’ouvrage facilitera la desserte non seulement de Koumassi, mais aussi de Marcory, Port-Bouët et du quartier Biétry.
L’aménagement choisi repose sur un design de type « toboggan », un modèle qui permet à l’ouvrage de survoler le carrefour en toute sécurité.
Enfin, l’échangeur se compose de deux tabliers séparés. Chacun offre deux voies de circulation larges de 3,30 mètres, accompagnées d’une bande dérasée. Cette configuration inédite vise à optimiser le flux des véhicules tout en assurant la sécurité des usagers.
Fondations solides et aménagements complémentaires
Quant aux fondations, elles reposent sur des pieux forés. Chaque pieu a un diamètre de 1,2 mètre et est enfoncé à près de 26 mètres de profondeur. Cela garantit la stabilité de l’ensemble.
Sous l’échangeur, le carrefour sera réaménagé en « place carrée », intégrant des espaces paysagers. Ce réaménagement permettra de rétablir tous les flux de circulation actuels.
Le projet intègre également la gestion des déplacements des réseaux souterrains.
D’ailleurs, la rénovation des systèmes d’assainissement, ainsi que la modernisation de la signalisation et de l’éclairage public.
Un investissement clé pour le transport à Abidjan
Le coût total de cet ouvrage est d’environ 16 milliards FCFA. Il s’agit d’un investissement clé dans le cadre plus large du Projet d’Abidjan Transport (PAT), évalué à environ 179 milliards FCFA.
Depuis le dimanche 8 juin 2025, les autorités ont ouvert le pont principal de l’ouvrage à la circulation.
Les équipes prévoient de livrer l’intégralité de l’ouvrage le 15 juillet.
Avec l’échangeur de Koumassi, la commune entre dans une nouvelle ère de modernité et de fluidité routière. Plus qu’un simple pont, c’est un levier pour améliorer la circulation et le cadre de vie dans l’une des zones les plus dynamiques d’Abidjan.
Serey-Eiffel désavoué publiquement après sa lettre à Ouattara
À peine a-t-il adressé une lettre ouverte à Alassane Ouattara que l’ancien conseiller à la Primature et à la Présidence, Philippe Serey-Eiffel, essuye une vive réplique publique de la part d’un ministre en exercice. C’est Khalil Ibrahim Konaté, ministre de la Transition Numérique et de la Digitalisation, qui s’est chargé de recadrer sèchement l’ancien collaborateur du défunt Premier ministre Amadou Gon Coulibaly et du Chef de l’État.
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Le motif de la discorde ? Serey-Eiffel a pris position en faveur de Tidjane Thiam, candidat recalé à l’élection présidentielle de 2025, dénonçant ce qu’il considère comme une « faute morale » du président Ouattara, accusé d’avoir manœuvré pour écarter l’ex-patron du Crédit Suisse de la course.
Dans une publication Facebook au ton cinglant et chargé d’ironie, le ministre Konaté, surnommé IKK, fustige la sortie médiatique de celui qu’il décrit comme un « ex-conseiller aux méthodes arrogantes », incapable de se faire réintégrer dans l’appareil présidentiel malgré plusieurs tentatives.
« Il a tourné pendant un moment en Côte d’Ivoire pour tenter de revendre son « talent » mais n’ayant pas pu convaincre », écrit IKK dans un post où transparaît une volonté de solder des comptes personnels autant que politiques.
Il poursuit : « Il a été viré ! Il a tout tenté pour reconquérir un poste ! Le NON a été à la hauteur de la déception ! »
Si cette réaction donne un aperçu des tensions internes au sein des cercles du pouvoir, elle souligne aussi la ligne rouge qu’il ne faut pas franchir au sein du RHDP : contester ouvertement les choix stratégiques du président Ouattara, surtout à l’approche de l’échéance cruciale de 2025.
Le ministre ne s’est pas contenté de répondre sur le fond ; il a aussi tenu à rappeler publiquement le passé professionnel houleux de Serey-Eiffel, évoquant les « calvaires » de ceux qui ont travaillé avec lui entre 2011 et 2019. En somme, un désaveu frontal, personnel, et politique.
Un épisode révélateur du climat politique actuel
La charge d’IKK n’est pas un simple règlement de compte. Elle s’inscrit dans un contexte plus large de polarisation politique intense au sein de la majorité présidentielle, à mesure que se précise la candidature controversée d’Alassane Ouattara à un nouveau mandat.
Le soutien affiché à Thiam, perçu comme une figure moderne et technocrate, mais tenue à distance du cercle présidentiel, cristallise des lignes de fracture internes entre les anciens technocrates du régime et les nouveaux fidèles rassemblés autour du « clan présidentiel ».
En ciblant Philippe Serey-Eiffel, IKK parle au nom d’une nouvelle génération de ministres politiques, décidée à défendre pied à pied le leadership du président sortant, tout en affirmant leur propre légitimité au sein du système.
Dans une lettre confidentielle adressée à Alassane Ouattara, Philippe Serey-Eiffel, ancien conseiller influent du président ivoirien, dénonce l’exclusion de Tidjane Thiam de la liste électorale. Il y voit une triple erreur politique et une entorse morale aux valeurs héritées d’Houphouët-Boigny.
Dans une correspondance confidentielle remise à la mi-mai au président Alassane Ouattara et consultée par Africa Intelligence, Philippe Serey-Eiffel, ancien conseiller économique à la présidence et figure influente des débuts du régime Ouattara, prend position contre l’exclusion de Tidjane Thiam de la course à la présidentielle de 2025.
L’opposant ivoirien Tidjane Thiam, président du Parti démocratique de la Côte d’Ivoire et ancien directeur général de Credit Suisse, à Paris, le 23 avril 2025
Le Franco-Ivoirien, arrière-petit-fils de Gustave Eiffel, revient longuement sur ce qu’il considère comme une dérive préoccupante du processus électoral. Il affirme d’emblée écarter « l’hypothèse d’une influence du pouvoir politique » dans les ennuis judiciaires ayant conduit à l’inéligibilité du président du PDCI. Toutefois, il insiste sur un point : « Personne ne conteste aujourd’hui la nationalité ivoirienne de Tidjane Thiam, qu’il l’ait toujours eue ou qu’il l’ait retrouvée. »
Une révision nécessaire de la liste électorale
Serey-Eiffel appelle à une révision exceptionnelle de la liste électorale avant le scrutin d’octobre, afin de permettre à Thiam de retrouver ses droits civiques. Selon lui, cette décision s’impose « au nom de la logique démocratique » et éviterait une « élection exclusive », contraire à l’objectif déclaré d’un scrutin apaisé et inclusif. Il y voit une triple erreur politique : priver un opposant crédible de ses droits, affaiblir le PDCI, et compromettre la légitimité du scrutin.
Un manquement à la mémoire d’Houphouët-Boigny
L’ancien conseiller ne s’arrête pas à l’analyse politique. Il interpelle directement le président, rappelant leur héritage commun : « Profiter silencieusement de l’élimination, par un droit contesté, d’un rival politique, petit-neveu de Félix Houphouët-Boigny, quand on a soi-même été projeté par ce dernier, serait une faute morale. »
Et d’ajouter, dans une formule lourde de sens :
« À chacun sa morale, celle-là est la mienne. »
Une rupture personnelle et politique
La lettre s’achève sur un avertissement clair : « Si une telle décision – ou toute autre de même effet – n’était pas prise, je ne reconnaîtrais plus le grand homme d’État que j’ai admiré et servi pendant trente ans. Je cesserais de lui apporter mon soutien. »
Selon Africa Intelligence, cette missive reste à ce jour sans réponse officielle de la présidence.
Le 4 juin, la Commission électorale indépendante (CEI) a publié la liste électorale définitive, confirmant l’exclusion de Tidjane Thiam, mais aussi de Charles Blé Goudé, Laurent Gbagbo et Guillaume Soro.
Serey-Eiffel, tout en refusant de se prononcer sur les cas de ces autres figures de l’opposition, estime qu’une élection véritablement démocratique devrait permettre à tous les grands acteurs politiques de concourir.
Un conseiller en rupture
Proche d’Alassane Ouattara depuis les années 1990, Philippe Serey-Eiffel avait tenté, au cours des deux dernières années, de favoriser un rapprochement entre le chef de l’État et Tidjane Thiam. En 2023, il avait même été sollicité par le président pour conseiller le vice-président Tiémoko Meyliet Koné, alors pressenti pour la présidentielle. Après deux mois de négociations, il avait décliné cette mission, marquant une première prise de distance.
La lettre de mai 2025 sonne aujourd’hui comme une rupture ouverte entre deux hommes qui ont longtemps fait route commune.
Bien qu’ayant seulement trois ans au moment des faits, le fils de l’ex Guide libyen Mouammar Kadhafi, Hannibal Kadhafi, est accusé en raison de son rôle au sein du régime kadhafiste, de détenir des informations au sujet de l’enlèvement d’un imam libanais, l’influent religieux chiite Moussa Sadr. Détenu depuis dix ans au Liban sans preuve tangible, ll incarne les non-dits d’un dossier qui enflamme toujours Beyrouth, Tripoli et Téhéran
Les autorités libanaises l’ont détenu sans procès depuis son arrestation en décembre 2015, malgré des appels d’ONG telles que Human Rights Watch et de son avocat à obtenir sa libération .
Des rumeurs annonçant sa libération au début mars 2025 ont été formellement démenties par son avocat, qui a affirmé qu’aucun changement dans son statut juridique n’était intervenu depuis 2017
Bechir Jouini, chercheur
Hannibal Kadhafi, âgé de 50 ans, refuse de finir oublié dans les prisons libanaises. Le fils de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a été arrêté au Liban en décembre 2015 après avoir été enlevé par un groupe armé, dont certains membres seraient liés à l’ancien député libanais Hassan Yaacoub.
Marié à la Libanaise Aline Skaf, Hannibal est détenu depuis dix ans sans motif légal valable, selon ses avocats, tandis que la justice libanaise l’accuse de « dissimulation d’informations » – un crime passible d’une peine maximale de trois ans – dans le cadre de l’affaire de la disparition de Moussa Sadr[1], chef spirituel de la communauté chiite libanaise et fondateur du mouvement Amal[2].
Les autorités libanaises n’ont pas réussi à punir le père, Mouammar Kadhafi, mort avant la révolution contre son régime en 2011. Vont-elles se venger sur le fils ? Quoi qu’il en soit, Hannibal Kadhafi insiste sur le fait qu’il n’avait que deux ans au moment de la disparition du religieux chiite et de ses deux compagnons en 1978.
Mais pourquoi cette affaire est-elle si importante pour la Libye, mais aussi pour d’autres pays comme l’Iran, la Syrie, l’Irak et l’Italie ?
Tout commence avec la présentation du chef de la délégation tripartite, dont plusieurs parties accusent la Libye de l’avoir fait disparaître ou de l’avoir liquidé : il s’agit de l’influent religieux Moussa Sadr. Né le 4 juin 1928 dans la ville iranienne de Qom, il a grandi dans une famille de savoir et de jurisprudence. Il fut l’un des premiers clercs à allier sciences religieuses et modernes. En 1954, après avoir obtenu des diplômes universitaires en sciences modernes, il se rendit à Najaf pour approfondir ses études religieuses. C’est là qu’il rencontra le cheikh Mohammed Yaacoub, qui deviendra son compagnon le plus proche (et qui l’accompagnera dans son voyage en Libye avant de disparaître avec lui).
Par la suite, il entama son activité religieuse depuis la ville libanaise de Tyr en 1959, avant d’être élu président du Conseil islamique chiite en 1969. Ses responsabilités ne cessèrent de croître, et il parcourut tout le Liban, rassemblant les efforts autour de ce qu’il considérait comme un projet politique unificateur de toutes les confessions. Ce projet se concrétisa en 1974 avec la création du « Mouvement des déshérités », qui rassemblait des personnalités libanaises de toutes les confessions. Il tenta, en unissant ces figures, de faire face à la guerre civile libanaise qui éclata en 1975, en menant plusieurs manifestations et sit-in qui ouvrirent la voie à la mobilisation pour la création du mouvement Amal.
L’imam Moussa Sadr soutint également la cause palestinienne et la résistance, tout en s’opposant à l’installation des Palestiniens au Liban et en critiquant les exactions de certaines organisations palestiniennes dans le pays.
À la même époque, les événements au Liban étaient influencés par le régime de Mouammar Kadhafi, l’un des principaux financeurs et soutiens de la guerre civile libanaise. Moussa Sadr tenta de contenir les conséquences de cette implication libyenne en ouvrant des canaux de communication avec les autorités libyennes, d’autant plus qu’Israël avait envahi le sud du Liban, rendant cruciale l’unité face à ce nouveau défi.
Il entama alors une tournée arabe, commençant par l’Algérie, où il rencontra le président Houari Boumédiène, qui lui conseilla de se rendre auprès de Kadhafi pour obtenir son soutien et mettre fin aux agressions contre le Liban. C’est ainsi que, le 24 août 1978, l’imam reçut une invitation officielle à visiter la Libye, remise par le chargé d’affaires libyen au Liban, Mahmoud Ben Kourra. Malgré les doutes et les craintes de son entourage, il partit à la tête d’une délégation comprenant le cheikh Mohammed Yaacoub et le journaliste Abbas Badr.
Cependant, des questions entourèrent cette invitation dès l’arrivée de la délégation en Libye : aucun responsable libyen ne les accueillit officiellement, seuls l’employé Hassam Milad et Ahmed Chhati, directeur du bureau des relations extérieures, furent présents. L’imam n’eut qu’une brève rencontre de quelques minutes avec Abdallah Senoussi, chef des renseignements libyens, ce qui attisa sa colère et le poussa à demander à partir, d’autant que son épouse était hospitalisée à Paris pour traitement. Pourtant, les autorités libyennes le firent patienter cinq jours avant la mystérieuse rencontre avec Mouammar Kadhafi.
La rencontre entre Kadhafi et l’imam .
Hussein Kanan, chef du bureau politique du mouvement Amal, témoigne dans une déclaration importante que Mouammar Kadhafi aurait proposé à l’imam Moussa Sadr un soutien illimité, déclarant : « La Libye, avec ses armes et ses ressources, est à ta disposition si tu combats les Maronites. » La réponse de l’imam fut un refus catégorique, ce qui provoqua la colère de Kadhafi, mettant fin à la réunion.
Après cela, les nouvelles de l’imam Moussa Sadr et de son compagnon cessèrent. Des manifestations éclatèrent au Liban, et il devint évident que sa disparition aurait un impact profond sur le Liban et d’autres pays liés à lui. Le 17 septembre 1978, la Libye publia un communiqué affirmant que Sadr et Yaacoub étaient partis soudainement en direction de l’Italie.
C’est alors que surgirent des récits contradictoires, entre démentis, confirmations et pistes de disparition suspectes. Voici les principales versions qui ont circulé depuis cette date jusqu’à récemment :
Abd el Rahman Chalgham (ancien ministre des Affaires étrangères)
Abd el Rahman Chalgham a indiqué que Moussa Sadr avait besoin d’un soutien financier et militaire pour le mouvement Amal. Il a rencontré le président algérien Houari Boumédiène, qui n’a pas répondu à sa demande mais lui a conseillé de se rendre en Libye, recommandant Mouammar Kadhafi à son égard. Chalgham a mentionné que les assistants de Moussa Sadr et plusieurs de ses proches avaient tenté de l’en dissuader, mais il a pris le risque de s’y rendre. La rencontre avec Kadhafi fut houleuse, les deux hommes s’opposant sur plusieurs questions religieuses.
Selon les rumeurs libanaises, la rencontre s’est mal terminée, mais l’ancien ministre libyen des Affaires étrangères s’interroge sur l’existence réelle de divergences entre Sadr et le régime de Kadhafi, rejetant cette version. Il souligne que Kadhafi se considérait comme un descendant de Moussa al-Kadhim (un imam chiite) et que Moussa Sadr n’était pas opposé aux révolutionnaires, tels que définis par le système libyen.
Chalgham minimise également une autre version rapportée par Mohammed Ramadan, conseiller spécial de Kadhafi, selon laquelle le régime aurait tué Moussa Sadr via les officiers Faraj Bougala et Bachir Hamida, puis aurait chargé l’agent des renseignements Mohammed Al-Rahibi de jouer le rôle de Sadr et de voyager à Rome avec deux accompagnateurs.
Après la révolution libyenne du 17 février 2011, plusieurs corps d’opposants au régime de Kadhafi ont été retrouvés, dont celui de Mansour El-Kikhia, ancien ministre des Affaires étrangères[3], enterré dans une villa du quartier d’Al-Andalus. L’ancien Premier ministre libyen Mahmoud Jibril aurait déclaré à Chalgham que des recherches avaient été menées dans les lieux où Sadr était supposé se trouver, sans résultat. Le ministre italien de l’Intérieur, Fabbrizio, a fourni à Chalgham un dossier complet sur Moussa Sadr. Ce dernier a proposé la création d’une commission tripartite (Libye-Liban-Italie), mais les Libanais ont refusé.
Abdessalam Jalloud (Premier ministre libyen à l’époque de la visite de Moussa Sadr)
Abdessalam Jalloud, l’une des figures majeures de l’ère Kadhafi avant de prendre ses distances en 1992 (puis de soutenir la révolution en 2011), a témoigné que Kadhafi convoquait habituellement le directeur des protocoles un mois avant les célébrations du 1er septembre[4] pour organiser les invitations. En 1978, Moussa Sadr fut invité, mais Jalloud affirme ne pas avoir été informé à l’avance.
Lorsqu’il apprit la disparition, il exprima son mécontentement et demanda à Kadhafi, lors d’un appel tendu, de révéler le sort des invités libanais. Kadhafi nia toute implication. Jalloud ajoute que Kadhafi aurait choisi un agent des renseignements ressemblant à Sadr pour le remplacer lors du voyage à Rome, une manœuvre qu’il qualifie de « maladroite ». Il explique que Kadhafi répétait que « la communauté chiite ne devait pas être dirigée par un chiite perse ».
Ahmed Kadhaf al-Dam (responsable sécuritaire et cousin de Kadhafi)
Ahmed Kadhaf al-Dam nie toute logique derrière une éventuelle liquidation de Moussa Sadr par Kadhafi. Il souligne que le leader libyen avait des divergences avec ses pairs au Conseil de la révolution, mais n’a jamais éliminé l’un d’eux. Selon lui, Sadr n’était pas en opposition avec le régime et était même proche de lui.
Il s’interroge : pourquoi l’avoir fait venir à Tripoli pour le tuer alors que la Libye avait des groupes opérant au Liban ? Il conclut que ce mystère reste entier car certains ont intérêt à en faire un prétexte pour affaiblir la Libye, en punition de son soutien au Liban, à la Palestine et aux mouvements de libération.
Lors d’une visite à Téhéran sous Khatami, le président iranien lui demanda de servir de médiateur dans l’affaire Sadr. Il proposa une commission quadripartite (Iran, Syrie, Liban, Libye), avec Mohammad Baqer Abtahi (clerc iranien), Mohammad Nassif Khairbek (conseiller sécuritaire syrien) et Jamil El-Sayyed (directeur de la sûreté libanaise). Les réunions eurent lieu à Beyrouth et Genève, mais les efforts échouèrent en raison de l’opposition de Nabih Berri, chef du Parlement libanais et d’Amal[5].
Aziz Oumar Chenib (colonel et ancien ambassadeur libyen en Roumanie et Jordanie)
L’ancien ambassadeur a affirmé que Kadhafi avait ordonné la liquidation de Moussa Sadr en 1978. Il détient une lettre importante pour la famille de Sadr, qu’il n’a jamais pu leur transmettre.
Mohammed Abou Al-Qasim Al-Zouï (président du Parlement et ancien ministre de la Justice en Libye )
Al-Zouï a déclaré avoir vu Moussa Sadr et sa délégation descendre de l’avion le 31 août 1978. Étonné par l’absence de couverture médiatique, il ordonna une couverture, mais les journalistes ne les trouvèrent pas à l’hôtel.
L’ambassadeur mauritanien en Libye lui aurait confirmé avoir vu Sadr à l’aéroport. Al-Zouï a également vu les tampons italiens sur le passeport de Sadr, mais nie qu’Abdallah Senoussi ait été impliqué. Selon des sources internes, c’est Moussa Koussa (ancien chef des renseignements) qui aurait joué le rôle de Sadr lors du vol Tripoli-Rome.
Mohammed El-Khaddar (ancien procureur de Tripoli)
El-Khaddar rapporte que l’avion libyen en provenance de Rome la première semaine de septembre 1978 a été retardé de 30 minutes pour permettre à un agent des renseignements (probablement Mohammed Ali Al-Rahibi) d’embarquer. Ce dernier aurait joué le rôle de Sadr à l’hôtel Holiday Inn a Rome.
Abdel Monem Al-Houni (ancien ministre et membre du Conseil de la révolution)
Al-Houni affirme que Sadr a été emprisonné à Tripoli, puis emmené à Syrte pour rencontrer Kadhafi. Espérant qu’il modifierait ses positions religieuses (qui avaient irrité Kadhafi), ce dernier ordonna sa liquidation lorsqu’il refusa de céder.
Abd el Fattah Younès (ancien ministre de l’Intérieur et chef d’état-major en 2011)
Younès confirme que Sadr et ses compagnons furent tués quelques jours après leur arrivée en Libye par Sabri Al-Banna (Abou Nidal)[6], qui les enterra dans son jardin.
La version italienne
Stefania Limenti (journaliste d’investigation) et Alessandro Politi (expert en sécurité) estiment que la version officielle libyenne n’est pas crédible. L’affaire pourrait être une opération internationale menée sur le sol italien.
Habib Masoud (ancien gardien de prison)
Masoud a reconnu avoir gardé Moussa Sadr entre 1992 et 1994 dans une prison de Tripoli (rue Al-Nasr). Sadr bénéficiait de soins médicaux et de conditions décentes. Cependant, toute trace de lui disparut en 1995. En 2011, une inscription attribuée à Sadr fut découverte dans la prison d’Aïn Zara, confirmée par l’ancien détenu Moaz Bouhlega.
La version américaine
En 1978, des responsables du Département d’État américain auraient informé la famille de Sadr qu’il avait été liquidé, avant de se rétracter. Le New York Times a évoqué une rivalité entre Sadr et l’ayatollah Khomeini, ainsi que des contacts secrets entre Sadr et le Shah d’Iran.
Andrew Cooper (universitaire à Columbia) estime que Sadr aurait pu changer le visage du Moyen-Orient s’il n’avait pas disparu[7].
Ali Nouri Zadeh (chercheur iranien) Le chercheur iranien Ali Nouri Zadeh a révélé que l’entourage extrémiste de l’ayatollah Khomeini était responsable de l’élimination de l’Imam Sadr, afin de s’assurer le contrôle et la pérennité du pouvoir en Iran. Cela s’est concrétisé à l’été 1978 lorsque Sadr a disparu en Libye avec deux de ses accompagnateurs.
Le Dr. Ali Nouri Zadeh, ami personnel de Sadr et directeur d’un centre d’études spécialisé sur les affaires iraniennes à Londres, a expliqué que Sadr fut le premier à percevoir la menace que représentaient les extrémistes pour l’Iran à la fin des années 1970. Il avait engagé des contacts secrets avec le Shah Mohammad Reza Pahlavi, ce que Khomeini et son cercle ont découvert, les poussant à éliminer Sadr, considéré comme un obstacle à leurs ambitions. Cette opération fut menée en collaboration avec le régime de Kadhafi en Libye, alors en conflit avec le Shah.
Zadeh a précisé qu’il séjournait souvent chez Sadr à Beyrouth dans les années 1970 et était au courant des échanges entre ce dernier et le Shah. Une des lettres, interceptée à cause d’une trahison, serait parvenue à Khomeini au lieu du Shah, scellant le sort de Sadr. Selon Nouri Zadeh, Kadhafi n’a été qu’un exécutant dans cette affaire.
Les récits sur la fin de Sadr divergent : certains évoquent un assassinat en Libye, suivi d’un enfermement dans un cercueil en béton jeté en Méditerranée ; d’autres affirment que Kadhafi a dissous son corps dans de l’acide.
Nouri Zadeh mentionne également un sympathisant de Sadr, Moïn Zadeh, employé à l’ambassade d’Iran à Beyrouth, qui aurait remis une lettre de médiation destinée au Shah aux partisans de Khomeini (sans impliquer directement Khomeini, selon le chercheur). Parmi eux, Jalel Eddin Farsi et Mohammad Saleh al-Husseini, un Irakien d’origine iranienne, se seraient rendus en Libye pour convaincre Kadhafi de « faire disparaître » Sadr.
Enfin, Nouri Zadeh souligne que Khomeini, après la révolution, n’a jamais enquêté sur le sort de Sadr. Au contraire, des proches de Kadhafi dans l’entourage de Khomeini sont allés en Libye pour récupérer des fonds et des missiles Scud (40 unités), en échange de l’étouffement médiatique de l’affaire. Une campagne de diffamation contre Sadr a ensuite été orchestrée.
Un dossier au point mort : entre enjeux juridiques et humanitaires d’un côté, et considérations politiques et propagandistes de l’autre
Nul doute que le dossier de Hannibal Kadhafi, fils du défunt colonel Kadhafi, détenu au Liban depuis décembre 2015, est entré dans une phase de stagnation. Plusieurs facteurs expliquent cette paralysie, notamment la situation particulière que traverse la Libye, marquée par des divisions politiques et des affrontements récurrents. À cela s’ajoutent la guerre en cours dans la bande de Gaza et au Liban, ainsi que les récents développements en Syrie.
Pourtant, Hannibal Kadhafi bénéficie d’un traitement « privilégié » dans sa cellule d’isolement, et sa famille ainsi que ses avocats lui rendent régulièrement visite. Malgré cela, Hannibal ne cesse de répéter qu’il est un « bouc émissaire, un otage et un prisonnier politique dans une affaire qui ne le concerne pas, puisqu’il n’était qu’un enfant au moment de la disparition de l’imam Moussa Sadr et de ses compagnons. »
L’organisation Human Rights Watch a qualifié sa détention d’« arrestation politique » et a maintes fois dénoncé son incarcération à Beyrouth, appelant les autorités libanaises à le libérer, d’autant plus qu’il est détenu depuis dix ans pour le seul crime de « dissimulation d’informations ». Pourtant, des déclarations du ministère libyen de la Justice avaient laissé entendre qu’il serait libéré – une information démentie par son avocat, Charbel Khoury, qui a affirmé :« La nouvelle de la libération de Hannibal Kadhafi est inexacte. »Il s’est dit surpris par la diffusion de telles informations sans confirmation officielle, précisant que la ministre libyenne de la Justice du gouvernement d’union nationale à Tripoli Halima Abderrahmane avait récemment contacté son homologue libanais. Les deux parties se sont accordées sur une coopération concernant les dossiers de la disparition de l’imam Moussa Sadr et de l’arrestation de Kadhafi, afin de trouver une issue à ces deux affaires.
Khoury a également indiqué que des démarches avaient été entreprises ces deux dernières années, notamment auprès d’organisations internationales des droits de l’homme, ainsi que par le dépôt de plusieurs mémoires juridiques prouvant l’innocence de Kadhafi. Des demandes répétées de libération sous caution ont toutefois été rejetées.
Les autorités libyennes réclament à nouveau l’extradition de Hannibal : que veut la nouvelle Libye ? Et quelle différence entre Abdelhakim Belhaj et Al-Sedig Al-Sour ?
Des sources judiciaires libanaises ont révélé qu’à la fin du mois de mai 2025, elles avaient reçu une correspondance officielle du procureur général libyen Al-Sadiq Al-Sour, adressée au président du Conseil judiciaire libanais, le juge Suhail Abboud, au procureur général militaire, le juge Jamal El-Hajjar, et au juge d’instruction militaire Zaher Hammadeh.
Dans cette lettre, Al-Sour exige la libération immédiate de Hannibal Kadhafi, son extradition vers la Libye, son transfert vers un pays tiers ou son retour en Syrie, son pays d’asile. Il tient les autorités libanaises pour responsables des informations faisant état d’une détérioration de son état de santé.
Cette missive a déçu la partie libanaise, car elle intervient après des progrès tangibles dans l’enquête menée par la justice libyenne en coopération avec Hassan Chami, président du comité de suivi du dossier Sadr. Ce dernier a affirmé que Hannibal Kadhafi avait déclaré être prêt à fournir les informations demandées après sa libération et son départ du Liban – une preuve, selon Chami, qu’il détient bel et bien des éléments cruciaux dans cette affaire.
« Le système judiciaire libanais ne se discrédite-t-il pas lui-même en maintenant un homme en détention depuis dix ans sans que cela n’ait permis d’obtenir la moindre information utile à l’enquête ? », s’interrogent des observateurs.
Un dossier instrumentalisé ?
Certains analystes estiment que des parties prenantes cherchent à instrumentaliser la détention de Hannibal Kadhafi à des fins politiques. Les espoirs reposent désormais sur le juge d’instruction militaire Zaher Hammadeh, dont on attend intégrité et transparence.
Pendant ce temps, Hannibal, incarcéré depuis dix ans à l’âge de 40 ans, vit derrière les barreaux. Il n’a aucun lien avec les agissements tyranniques de son père, et n’avait que deux ans au moment de la disparition de Sadr et de ses compagnons. Des rumeurs font même état de tentatives de le pousser au suicide…
Le Liban sous pression
La question se pose : le Liban, sous la présidence de Joseph Aoun, assistera-t-il à une intervention personnelle du chef de l’État pour obtenir la libération de Kadhafi ?
Quels sont les obstacles qui entravent sa libération ? (Difficulté de retirer le dossier transféré par décret gouvernemental au Conseil judiciaire ?)
De nombreux observateurs estiment que la détention de Kadhafi était avant tout un acte politique et un coup des services secrets de l’ancien régime syrien. La solution pourrait venir des canaux politiques ouverts entre Beyrouth et Damas, d’autant que sa détention prolongée ne sert en rien l’enquête principale, mais relève plutôt de la logique des milices en temps de guerre – une logique qui sape l’indépendance et l’intégrité de l’institution judiciaire. Il serait peut-être temps d’envisager une collaboration judiciaire commune, où chaque partie contribuerait à la recherche de la vérité, tout en laissant au juge d’instruction libanais une pleine liberté pour relancer la coopération avec la justice libyenne. Une idée doit prévaloir : la justice reste l’objectif suprême que tous doivent poursuivre.
Le Pacha Club en flammes : 42 morts, la nuit où Abidjan s’est figée dans l’horreur
Abidjan, 9 juin 1977. Ce soir-là, le Pacha Club, l’un des lieux nocturnes les plus prisés d’Abidjan, est bondé comme à son habitude. Situé dans le centre commercial Nour Al Hayat, en plein cœur du Plateau, l’établissement accueille une clientèle cosmopolite venue profiter d’une ambiance festive. Mais à 1h20 du matin, la fête tourne brusquement au cauchemar.
Une épaisse fumée blanche commence à s’élever à l’entrée du club. En quelques minutes, les flammes envahissent les lieux. Les matériaux inflammables – moquettes, bois, mousses – facilitent une propagation fulgurante du feu. La panique s’empare des clients, piégés dans un bâtiment dépourvu de véritables dispositifs de sécurité.
Le bilan est effroyable. 42 morts. Parmi les victimes, on compte 17 femmes et 25 hommes de huit nationalités différentes : 27 Français, 3 Suisses, 3 Libanais, 3 Ivoiriens, 2 Anglais, 2 Norvégiens, 1 Italien, 1 Allemand.
Ce drame frappe de plein fouet plusieurs familles. Parmi les disparus figurent Kacou André Marc, 21 ans, fils du ministre Alcide Kacou, et Olga Sarrazin, son amie. On déplore aussi la mort de Michelle Débraban, 16 ans, et de son frère Edgar, péris en tentant d’échapper aux flammes. Leur mère, submergée par le chagrin après avoir également perdu son époux dans l’incendie, mettra tragiquement fin à ses jours peu après.
L’enquête révèle que les normes de sécurité n’avaient pas été respectées. Le décret de 1956 sur la sécurité dans les établissements de nuit, pourtant en vigueur, était resté lettre morte. Ce manque de rigueur aura coûté la vie à 42 innocents.
Face à l’ampleur de la tragédie, les autorités ivoiriennes réagissent rapidement. Et ce, en procédant à la mise en place d’une commission spéciale d’enquête, l’inspection de 89 boîtes de nuit dans la capitale et la fermeture de 25 établissements jugés non conformes aux normes de sécurité en vigueur
Près de 50 ans plus tard, le souvenir de cette nuit d’effroi reste gravé dans les mémoires. Cette tragédie souligne, encore aujourd’hui, la nécessité impérieuse de prévenir plutôt que de subir, en faisant respecter strictement les normes de sécurité dans tous les lieux accueillant du public.
“Mascarade’’, “confiscation de la souveraineté populaire’’, “provocation grave’’, “violation frontale des droits civiques et politiques’’ : Générations et peuples solidaires (GPS), le mouvement politique dissous de l’ancien Premier ministre, Guillaume Soro, ne décolère pas après la publication de la liste électorale définitive.
Comme déjà en 2020, Guillaume Soro, en exil depuis 2019 et sous le coup d’un mandat d’arrêt émis par la justice ivoirienne ne devrait pas participer à l’élection présidentielle de 2025.
Mercredi 04 juin 2025, à cinq mois de la présidentielle, la Commission électorale indépendante (CEI), l’organe en charge des élections, a rendu publique la liste électorale définitive. Plusieurs leaders de l’opposition dont Guillaume Soro, n’y figurent pas.
Condamné par contumace d’abord à 20 ans de prison pour “blanchiment de capitaux’’ et ensuite à perpétuité pour “atteinte à la sûreté de l’Etat’’, Guillaume Soro, est déchu, selon la CEI, de ses droits civiques et politiques en raison de cette double condamnation et ne peut être candidat ni électeur.
Dans un communiqué, GPS, dissous par la justice ivoirienne, a réagi à la publication de cette liste électorale.
Pour le mouvement, la radiation de son leader participe plutôt d’une “entreprise d’exclusion méthodique’’ en vue d’un “coup de force électoral’’ en octobre.
GPS annonce une réunion de sa direction “pour examiner cette situation exceptionnelle et prendre les mesures appropriées afin de défendre les droits civiques et politiques de son président’’
Le PPA-CI, le parti de l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, dénonce l’attitude de l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, M. Jean-Christophe Belliard, qui s’est vêtu d’un pagne à l’effigie de la Première dame, Mme Dominique Ouattara dans un contexte pré-électoral.
Dans une note, le PPA-CI indique avoir « pris connaissance des images largement diffusées, montrant l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, M. Jean-Christophe Belliard, apparaissant publiquement vêtu d’un pagne à l’effigie de Mme Dominique Ouattara ».
Pour le PPA-CI, « dans un autre contexte, ce geste aurait pu être perçu comme une simple courtoisie diplomatique. Mais, nous sommes en Côte d’Ivoire, un pays où en 2011, (Gbagbo) a été renversé sous les bombes françaises. »
Il relève, en outre, « un pays où depuis quatre ans, les institutions sont instrumentalisées, les opposants persécutés, les libertés publiques étouffées. Un pays où l’on interdit les manifestations, où l’on fabrique des candidatures uniques, où l’on modifie les lois à la convenance d’un seul camp. »
« Ces derniers jours, cinq détenus ont perdu la vie dans la prison de Bouaké (centre), dans un silence glaçant ; et cela alors même que selon l’ONG Prison Insider, le taux d’occupation des établissements pénitentiaires, en Côte d’Ivoire, est de 297,07%, et figure parmi les plus élevés au monde. »
A Abidjan, la capitale économique ivoirienne, le parti de l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, fait observer « des milliers de familles pauvres déguerpis, leurs maisons rasées, leur dignité piétinée sans ménagement ni relogement. »
« Pendant que le peuple ivoirien souffre, pendant que les principaux candidats de l’opposition sont exclus de la liste électorale, la France, par la voix de son ambassadeur, s’affiche dans un tissu aux couleurs de l’épouse du président du RHDP », le parti au pouvoir, souligne le PPA-CI.
« Dans le même temps, lorsqu’un député français pose une question légitime sur l’utilisation de fonds français d’aide au processus électoral ivoirien, on lui répond : non-ingérence. Mais, cette non-ingérence, aujourd’hui, s’habille, se drape, s’expose. Elle choisit un camp », affirme le parti.
Le PAA-CI estime qu’« un pagne n’est jamais neutre, lorsqu’il porte l’effigie de l’épouse d’un président de parti, également chef de l’Etat, dans un pays où l’Etat se confond avec un parti », tout en insistant que « ce n’est pas un simple vêtement, c’est un signal, un alignement, un silence qui parle trop fort ».
« Alors, une question se pose et le PPA-CI la pose, solennellement : la France a-t-elle choisi son candidat pour l’élection président ivoirienne de 2025 ? », s’interroge le parti de l’ex-président ivoirien, M. Laurent Gbagbo.
Condamné à 20 ans ferme dans l’affaire de braquage de la Bceao lors de la crise postélectorale de 2010-2011, M. Gbagbo a été radié de la liste électorale. Bien qu’il bénéficie d’une grâce présidentielle depuis août 2022, cela ne permet pas son admission sur la liste électorale.
« Exclusion électorale, défense de l’honneur personnel, appel à la mobilisation réfléchie, attaque contre le 4ᵉ mandat d’Alassane Ouattara, rappel de la crise électorale de 2010, dénonciation de la répression politique, vision d’un autre avenir pour la Côte d’Ivoire ». C’est autour de ces grandes lignes que s’est articulé le discours enflammé tenu le samedi 7 juin 2025, à Abidjan-Port-Bouet de l’ex-Chef de l’Etat Laurent Gbagbo.
Laurent Gbagbo a réagi avec véhémence à l’annonce de sa non-inscription sur la liste électorale provisoire publiée par la Commission électorale indépendante (CEI).
Devant une foule de militants réunis à Port-Bouët, le fondateur du PPA-CI a dénoncé ce qu’il considère comme une « provocation de trop » et une tentative délibérée d’écarter des figures majeures de la scène politique ivoirienne.
« Mon nom n’est pas sur la liste électorale, ni celui de Cheikh Tidjane Thiam, ni celui de Guillaume Soro. Est-ce que vous comprenez ça ? », a lancé Laurent Gbagbo d’un ton ferme. Qualifiant cette exclusion d’« insulte à son honneur et à sa famille », il a affirmé qu’il n’était ni un voleur, ni un homme indigne de briguer la magistrature suprême.
« Je ne suis pas un voleur. Et ceux qui ont fait la liste savent que je ne suis pas un voleur. Mais comme ils veulent qu’on se batte, on va se battre », a-t-il martelé, sous les applaudissements de ses partisans.
Âgé de 80 ans, Gbagbo a rappelé son long parcours militant, depuis l’âge de 18 ans, en insistant sur sa capacité à « recevoir les coups, mais aussi à en donner ». Il a exhorté les jeunes militants à faire preuve de patience et de stratégie : « On ne donne pas les coups n’importe quand, ni n’importe comment. »
Le discours a également pris une tournure historique et personnelle lorsque Gbagbo a évoqué son grand-père mort en résistant aux colons français et son père blessé au combat en Normandie, liant son engagement politique à une lignée familiale de lutte et de sacrifice.
En dénonçant ce qu’il qualifie de « manipulation de la Constitution », Gbagbo s’est attaqué frontalement au président actuel : « Celui qui est candidat pour un quatrième mandat n’est pas éligible. Et nous ferons tout pour qu’il ne soit pas candidat. » Il a remis en question la légitimité des mandats successifs d’Alassane Ouattara et fustigé les contorsions juridiques autour de la nouvelle Constitution.
S’exprimant sur la crise postélectorale de 2010, l’ex-chef d’État a défendu la décision du Conseil constitutionnel qui l’avait déclaré vainqueur, critiquant l’ingérence étrangère, notamment celle de l’ancien président français Nicolas Sarkozy.
Enfin, Gbagbo a condamné les arrestations de ses proches collaborateurs et dénoncé le recul des libertés en Côte d’Ivoire : « Ce n’est pas ce pays-là dont j’ai rêvé. J’ai rêvé d’un pays de liberté, de justice et de dignité. »
Laurent Gbagbo a conclu en appelant à la vigilance, à la mobilisation et à une résistance déterminée mais organisée. Un message clair : le combat ne fait que commencer.
Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) annonce une grande marche de protestation le mercredi 11 juin 2025 à Cocody, suite à la radiation de Tidjane Thiam de la liste électorale définitive, publiée par la CEI. C’est Sylvestre Emmou, secrétaire exécutif du parti, qui en a fait l’annonce ce samedi à Daoukro, appelant les militants à se mobiliser massivement :
C’est Sylvestre Emmou, secrétaire exécutif du parti, qui en a fait l’annonce ce samedi à Daoukro, appelant les militants à se mobiliser massivement
« Le temps est venu pour l’action. »
Le PDCI entend ainsi contester l’exclusion de son président du scrutin présidentiel du 25 octobre, aux côtés d’autres figures majeures de l’opposition également radiées : Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et Guillaume Soro.
Pour M. Emmou, cette situation constitue une menace pour la transparence et l’inclusivité du processus électoral :
« Aucun patriote ne saurait se réjouir de cette exclusion. »
Le parti a également lancé une pétition nationale pour soutenir la candidature de Tidjane Thiam, espérant recueillir des milliers de signatures afin de « matérialiser la volonté populaire » en sa faveur.
(BANQUE AFRICAINE DE DEVELOPPEMENT) – L’Afrique dispose de plus de 165 milliards de dollars de capitaux nationaux facilement utilisables pour stimuler le développement du continent et réduire sa dépendance vis-à-vis de sources de financement externes volatiles, ont appris jeudi les participants à une session des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement.
Des cadres supérieurs de grandes institutions financières africaines ont présenté des preuves convaincantes qui remettent en question les hypothèses de longue date sur la rareté du capital sur le continent lors d’une table ronde de haut niveau intitulée : « Tirer le meilleur parti du capital de l’Afrique pour favoriser son développement dans un contexte de défis économiques accrus ».
Hassatou N’Sele, vice-présidente du Groupe de la Banque africaine de développement chargée des Finances et Chief Financial Officer
La table ronde, animée par Hassatou N’Sele, vice-présidente du Groupe de la Banque africaine de développement chargée des Finances et Chief Financial Officer, s’inscrivait dans le cadre des principaux événements de partage des connaissances organisés lors des Assemblées annuelles 2025 du Groupe de la Banque.
Abena Amoah, directrice générale de la Bourse du Ghana
Abena Amoah, directrice générale de la Bourse du Ghana, a fait une révélation frappante : « Rien qu’en Afrique de l’Ouest, entre le Ghana et le Nigéria, nous avons des fonds de pension qui représentent près de 40 milliards de dollars et qui placent plus de 90 % de leurs actifs sous gestion dans des titres d’État, sous prétexte qu’ils n’ont pas d’opportunités d’investissement. »
Mme Amoah a révélé qu’en 2024, les Africains avaient investi 125 milliards de dollars dans des actifs cryptographiques, le Nigéria contribuant à lui seul pour plus de 65 milliards de dollars, ce qui en fait la deuxième base d’investisseurs en cryptomonnaies au monde après l’Inde.
« Où est passé tout cet argent hors du continent ? Et nous parlons de déficits de capitaux », a lancé Mme Amoah, soulignant ce qu’elle a qualifié de paradoxe critique dans le discours sur le financement du développement en Afrique.
Denys Denya, vice-président exécutif de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank)
Denys Denya, vice-président exécutif de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), a présenté les résultats de l’institution en matière de mobilisation de capitaux pendant les crises mondiales, avec plus de 22 milliards de dollars déployés dans des mécanismes de réponse aux crises au cours de la dernière décennie.
Il a déclaré qu’Afreximbank avait révolutionné la mobilisation des capitaux africains grâce à son Programme de dépôt des banques centrales, qui a permis de faire passer les dépôts institutionnels africains de 14 millions de dollars en 2014 à plus de 34 milliards de dollars aujourd’hui.
« Nous avons diversifié nos sources de financement en dehors des marchés européens, levant avec succès des capitaux sur les marchés japonais et chinois cette année », a déclaré M. Denya, soulignant l’évolution stratégique de l’institution vers une réduction de sa dépendance vis-à-vis des marchés de capitaux occidentaux traditionnels.
La table ronde a recommandé le développement urgent de marchés de capitaux profonds, soulignant que les pays africains doivent accorder la priorité à la mise en place de marchés financiers sophistiqués afin de canaliser les 40 milliards de dollars de fonds de pension et d’épargne des particuliers vers des investissements productifs.
Razia Khan, responsable de la recherche pour l’Afrique et le Moyen-Orient à la Standard Chartered Bank
Razia Khan, responsable de la recherche pour l’Afrique et le Moyen-Orient à la Standard Chartered Bank, a souligné la nécessité cruciale de remédier à l’instabilité macroéconomique, à la volatilité des taux d’intérêt qui dépassent 20 % sur certains marchés et aux goulets d’étranglement réglementaires qui empêchent systématiquement les femmes et les jeunes entrepreneurs d’accéder au capital.
Ibrahima Diouf, conseiller spécial à la Banque ouest-africaine de développement (BOAD)
Ibrahima Diouf, conseiller spécial à la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), a appelé à des changements culturels et politiques immédiats : « Nous avons besoin que notre diaspora investisse en Afrique, mais elle ne peut le faire si nous-mêmes investissons à l’étranger. Cette transformation culturelle doit avoir lieu maintenant — c’est en Afrique que nous devons investir. »
Chika Mordi, président de United Capital
Chika Mordi, président de United Capital, a identifié des obstacles systémiques qui empêchent le financement de projets transformateurs, notant que lorsque les taux d’emprunt des gouvernements atteignent 18 à 20 %, les banques rationnelles privilégient les instruments gouvernementaux sans risque plutôt que le développement du secteur privé. « Nous avons besoin d’environnements macroéconomiques stables, de mécanismes innovants de partage des bénéfices et d’instruments complets d’atténuation des risques pour débloquer des capitaux à long terme pour la transformation de l’Afrique », a souligné M. Mordi.
Yann Le Pallec, président de S&P Global
Yann Le Pallec, président de S&P Global, a annoncé un engagement renforcé auprès des marchés africains, soulignant les performances économiques exceptionnelles du continent et son rôle essentiel dans la transition énergétique mondiale.
Selon l’agence de notation, l’Afrique devrait atteindre une croissance de 4,8 % de son PIB en 2025, ce qui est nettement supérieur à la moyenne mondiale de 3 %. Cette solide performance s’est reflétée dans les actions de notation de l’agence, qui a procédé à 11 ajustements positifs des notes souveraines de plusieurs pays africains au cours de l’année précédente.
« L’Afrique est au cœur du développement économique réel à l’heure où nous parlons, a déclaré M. Le Pallec. Le continent ne se contente pas de se remettre des défis liés au Covid-19, mais il est en train de dépasser d’autres régions, en particulier dans le domaine des initiatives de transition énergétique. » Il a décrit le paysage de l’investissement comme offrant de nombreuses opportunités, mais souffrant d’une infrastructure financière sous-optimale.
Admassu Tadesse, le président et directeur général du Groupe de la Banque de commerce et de développement (TDB)
Le président et directeur général du Groupe de la Banque de commerce et de développement (TDB), Admassu Tadesse, a souligné les incohérences de l’architecture financière mondiale, en particulier en ce qui concerne le traitement du financement du commerce dans les scénarios de restructuration de la dette. « Alors que le financement du commerce est internationalement reconnu comme une classe d’actifs protégée exclue de la restructuration de la dette, nous constatons un traitement différent dans le contexte africain », a-t-il noté. « Cela crée des effets dissuasifs tant pour les institutions financières africaines qu’internationales », a-t-il relevé.
Il a également évoqué les préoccupations liées à la charge de conformité soulevées par les banques internationales, avec des réglementations contraignantes et des structures de sanctions disproportionnées qui dissuadent les services bancaires correspondants en Afrique.
Malgré ces défis, M. Admassu a salué les récentes évolutions positives de l’engagement bancaire international en Afrique, citant l’entrée significative de JPMorgan sur les marchés africains et l’engagement continu d’institutions telles que Standard Chartered.
Il a révélé le succès de leur approche expérimentale visant à créer des opportunités d’investissement explicitement adaptées à l’appétit pour le risque et aux exigences des investisseurs institutionnels africains. « Nous sommes allés au-delà du statu quo et avons créé des fonds spécialisés destinés aux investisseurs institutionnels africains, a déclaré M. Tadesse. Ce qui a commencé comme une expérience a dépassé nos attentes, démontrant un fort appétit pour des opportunités d’investissement attractives et ajustées au risque sur le continent. »
Mme N’Sele a souligné que l’Afrique ne manque pas de capitaux, mais seulement de mécanismes pour les canaliser efficacement vers le développement. « L’Afrique possède un vaste capital humain, d’importantes ressources naturelles et des capacités institutionnelles croissantes. La question n’est pas de savoir si le capital existe, mais comment nous le mobilisons et le déployons pour bâtir des économies résilientes », a-t-elle déclaré.
Les panélistes ont unanimement convenu que la dépendance excessive à l’aide étrangère et la volatilité des marchés financiers mondiaux doivent céder la place à des stratégies d’investissement audacieuses menées par les pays eux-mêmes. « Nous parlons de 2100 milliards de dollars d’actifs sous gestion provenant des fonds de pension, des compagnies d’assurance et des fonds souverains africains. Mais plus de 80 % de cette somme est immobilisée dans les trésoreries publiques, où elle sert à financer des dépenses courantes et non le développement du capital », a déclaré Solomon Quaynor, vice-président du Groupe de la Banque africaine de développement chargé du Secteur privé, de l’Industrialisation et de de l’Infrastructure. Il a amplifié l’appel à mettre fin à la fuite des capitaux hors du continent. « Si nous voulons vraiment mettre fin aux flux illicites, nous n’aurons pas besoin de l’aide. Les pays développés doivent collaborer avec nous, car de nombreuses multinationales qui exploitent l’arbitrage fiscal sont basées dans leurs juridictions. »
« L’innovation doit être intelligente et évolutive. Nous devons tester les solutions au sein de nos institutions de développement, puis étendre celles qui fonctionnent à l’ensemble de l’écosystème », a-t-il souligné.
Le paysage médiatique ivoirien vient de perdre l’un de ses visages les plus familiers. Éric Didia, connu du grand public sous le surnom affectueux de « Roro », est décédé dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 juin 2025, à la clinique Sainte Henriette à Abidjan, des suites d’une longue maladie.
Animateur et présentateur radio-télé très apprécié, Éric Didia s’était imposé au fil des décennies comme une figure charismatique et chaleureuse du paysage audio-visuel ivoirien. Par son professionnalisme, sa voix singulière et son sens de l’écoute, il avait su conquérir un large public, bien au-delà des studios.
Les hommages affluent déjà de toutes parts : collègues journalistes, animateurs, personnalités du monde culturel et anonymes expriment leur émotion face à cette perte brutale. Tous saluent la mémoire d’un homme de médias passionné, rigoureux et profondément humain.
À sa famille, ses proches et à toute la communauté journalistique, la rédaction adresse ses condoléances les plus attristées.
Le rapport souligne que le ratio dette/PIB du continent devrait globalement baisser durant les années à venir, sous l’effet d’une gestion budgétaire plus prudente et des impacts positifs des divers processus de restructuration de la dette en cours.
Six pays africains concentrent 50% de l’encours de la dette extérieure du continent en 2025, selon un rapport publié le 28 mai 2025 par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank)
Intitulé « State of play of debt burden in Africa and the Caribbean », le rapport précise que ces pays sont, dans l’ordre, l’Afrique du Sud (13,1% de la dette extérieure africaine), l’Egypte (12%), le Nigeria (8,4%), le Maroc (5,9%), le Mozambique (5,3%) et le Soudan (5,2%).
Cette forte concentration de la dette amplifie les risques systémiques dans la mesure où une éventuelle détresse financière dans l’un de ces pays pourrait déclencher des répercussions négatives plus larges à l’échelle régionale par la voie du sentiment des investisseurs à l’égard de la dette africaine, des échanges commerciaux ou encore des canaux financiers transfrontaliers.
Source : Afreximbank
Le rapport révèle également que le ratio dette/PIB moyen demeure globalement élevé en Afrique, même s’il varie considérablement d’un pays à l’autre. Ce ratio dépasse 50% dans plus de 60 % des pays africains cette année. Des pays comme le Ghana, le Cap-Vert et le Soudan affichent des niveaux d’endettement dépassant 100 % du PIB.
Les perspectives à moyen terme (2026-2029) sont cependant plus optimistes. Le ratio dette/PIB moyen du continent devrait diminuer de plus de deux points de pourcentage durant les quatre prochaines années pour se stabiliser juste au-dessus de 55 % en 2029, ce qui représente une baisse notable par rapport au pic de près de 63 % enregistré en 2020. Cela découlera notamment d’une gestion budgétaire plus prudente et des processus de restructuration de la dette au titre du cadre commun du G20, qui commencent à prendre effet, en particulier pour des pays tels que la Zambie, l’Ethiopie et le Ghana.
Les risques restent toutefois élevés pour les pays fortement exposés aux euro-obligations, aux instruments de dette à taux variable ou aux obligations de refinancement durant les années à venir. Les pays d’Afrique du Nord et d’Afrique de l’Ouest, dont beaucoup ont exploité les marchés internationaux de la dette de manière agressive au cours des années 2010, continueront d’être confrontés à des charges de service de la dette extérieure relativement plus élevées.
Mobiliser davantage de ressources nationales
D’autre part, le ratio service de la dette/recettes publiques de l’Afrique demeure une préoccupation importante pour la viabilité budgétaire, avec 25 pays dépassant de loin le seuil de 20 % fixé par le Cadre de viabilité de la dette (CVD) établi par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale. Un groupe de pays à haut risque, dont le Mozambique, le Ghana et la Zambie, affiche des ratios dette/recettes publiques supérieurs à 50 %. Dans le cas du Mozambique, ce ratio dépasse 120%, ce qui signifie que le gouvernement dépense plus pour le service de la dette que le total des recettes qu’il génère.
Source : Afreximbank
En conséquence, la situation des réserves de change reste alarmante dans plusieurs pays du continent, dont près de la moitié (26 pays) devraient voir leurs avoirs en devises étrangères et en or tomber en dessous du seuil de couverture des importations de 3 mois, fixé par le FMI en 2025. Trois pays africains seulement se distinguent par des réserves de change parmi les plus élevées au monde. Il s’agit de la République de Maurice, proche du seuil de 17 mois de couverture des importations, ainsi que de l’Algérie et de la Libye qui détiennent des réserves de change couvrant plus de 12 mois d’importations.
Le rapport souligne par ailleurs que les perspectives d’endettement de l’Afrique restent très sensibles à l’évolution des conditions macroéconomiques, aux performances budgétaires et aux tendances financières mondiales. D’où la nécessité d’intensifier les efforts pour améliorer la gestion de la dette, constituer des réserves budgétaires et donner la priorité aux investissements à fort rendement économique. Dans ce cadre, les actions prioritaires devraient se concentrer sur la mobilisation des ressources nationales pour réduire la dépendance à l’égard des créanciers commerciaux, le renforcement de l’engagement avec les prêteurs concessionnels et l’intensification des campagnes en faveur d’une réforme de l’architecture financière mondiale pour garantir un accès équitable aux financements concessionnels et aux dispositifs d’allègement de la dette.
La suspension des visas d’études pourrait avoir des conséquences majeures aux Etats-Unis, les étudiants étrangers injectant des milliards de dollars dans l’économie américaine.
Harvard est l’une des universités les plus riches au monde
Aux Etats-Unis, le département d’État américain a suspendu le traitement des visas pour les étudiants étrangers sur ordre du secrétaire d’Etat Marco Rubio. Celui-ci a promis de révoquer « avec fermeté » les visas des étudiants en provenance de Chine.
Au-delà de son bras de fer avec les grandes universités américaines, notamment Harvard, accusées d’antisémitisme, d’être à gauche et de favoriser les élites et les étrangers, l’administration Trump enchaîne ainsi les mesures pour renforcer le contrôle de l’immigration.
Depuis l’investiture de Donald Trump en janvier, l’administration a mis en œuvre des mesures radicales pour détenir et expulser les migrants et pour refuser l’entrée sur le territoire à certains voyageurs, y compris les touristes. Plusieurs pays ont d’ailleurs mis à jour leurs avertissements aux voyageurs voulant se rendre aux Etats-Unis. Impensable encore il y a quelques mois.
Dans le même temps, le gouvernement cherche à identifier et potentiellement arrêter ou expulser les étudiants qui se sont notamment engagés dans les manifestations contre les opérations militaires israéliennes à Gaza. Les tentatives des universités de résister aux exigences de l’administration se sont soldées par des gels de subventions et des coupes budgétaires.
En mars, le gouvernement américain a ainsi révoqué plus de 300 visas, Marco Rubio affirmant que les étudiants s’étaient engagés dans « des activités qui vont à l’encontre de notre intérêt national, de notre politique étrangère ».
La réputation des Etats-Unis sévèrement écornée
La suspension des procédures de visas pourrait également frapper durement les économies locales, puisque de nombreuses petites entreprises dépendent de la main d’œuvre temporaire ou saisonnière que représentent les étudiants étrangers.
Plus largement, c’est l’image des Etats-Unis, qui est en train de subir des dommages colossaux. « Les effets durables de la perte du statut des Etats-Unis pour des générations en tant que première destination pour les talents du monde se feront sentir dans le monde rural et urbain partout dans le pays. Ces talents sont au cœur du dynamisme et de la croissance économique aux États-Unis, et personne n’échappera à ces conséquences ».
La suspension des visas est en effet synonyme d’incertitudes et alimente de plus en plus la perte de confiance dans l’éducation aux États-Unis. Plus largement, avec la guerre aux subventions dans la recherche que mène l’administration Trump, ce sont les perspectives de carrière à long terme aux Etats-Unis qui sont remises en question pour nombre d’étudiants.
Pour l’économiste Michael Clemens « tant que le gouvernement américain ne commencera pas à essayer de rétablir cette confiance, il me sera difficile, en toute conscience, de conseiller aux étudiants de continuer à venir aux États-Unis. C’est d’une tristesse indescriptible ».
L’avocat de Tidjane Thiam, Maître Mathias Chichportich s’est entretenu avec des journalistes ivoiriens. Au cours de cet entretien, il a fait d’importantes révélations sur le processus que devrait suivre le Comité des Droits de l’Onu pour examiner la requête de son client, suite à sa radiation définitive de la liste électorale en Côte d’Ivoire.
L’opinion nationale et internationale a appris que le président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam a officiellement saisi le comité des Droits de l’Homme de l’ONU pour dénoncer sa non inscription et sa radiation de la liste électorale définitive en Côte d’Ivoire. Son avocat Mathias Chichportich a confié, à des journalistes selon le confrère le Nouveau réveil qui relaie l’information, la prochaine étape de cette saisine.
Soumettre à certaines décisions de justice
D’abord, l’homme de droit, a tenu à rappeler aux autorités ivoiriennes que le pays, certes souverain, est malheureusement obligé de se soumettre à certaines décisions de justice au plan international. « Alors, je vous le dis avec le respect qui est celui d’un avocat français vis-à-vis d’un pays qui n’est pas le sien, je le dis d’autant plus respectueusement que je n’ai de laisser à donner à personne, mais il y a un certain nombre de lois internationale et la Côte d’Ivoire n’est pas au-dessus de ces lois internationales » a déclaré d’emblée l’avocat.
Moi, ce que je demande au Comité, c’est d’enjoindre à la Côte d’Ivoire de rectifier cette liste pour faire en sorte que le président Thiam puisse jouir de ses droits civils et politiques
Au cours de cette interview, l’avocat a laissé entendre qu’il y a « urgence ». Dès instant, souligne-t-il, le comité des droits de l’Homme de l’Onu doit se réunir dans les plus brefs délais tout en dévoilant ses attentes. « Moi, ce que je demande au Comité, c’est d’enjoindre à la Côte d’Ivoire de rectifier cette liste pour faire en sorte que le président Thiam puisse jouir de ses droits civils et politiques tels que garantis par le pacte international des droits civils et politiques » ajoute Me Mathias Chichportich.
Pour finir, le juriste a rappelé l’exemple du Brésil où le Comité des Droits de l’Homme de l’Onu est intervenu pour « mettre le pays sur les rails » en permettant que l’ancien président Lula soit candidat.
Le gouvernement ivoirien a adopté, en Conseil des ministres, un décret portant création, attributions, organisation et fonctionnement de l’Agence spatiale ivoirienne (ASCI), un établissement public à caractère administratif, scientifique et technologique, placé sous la tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, en liaison avec les ministères concernés.
L’information a été livrée par le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, le mercredi 4 juin 2025, lors du compte rendu du conseil des ministres.
Selon M. Coulibaly, l’ASCI est créée en vue de l’exploitation et de l’utilisation pacifique de l’espace. Elle est chargée de renforcer les capacités nationales et de mettre en place les infrastructures nécessaires au développement du secteur spatial en Côte d’Ivoire.
Les missions de l’Agence s’étendent aux principaux domaines d’application de l’espace, notamment l’observation de la terre, la météorologie spatiale, l’astronomie, l’exploration spatiale, la navigation et la communication par satellite.
À travers cette initiative, l’État ambitionne de répondre efficacement aux enjeux du développement économique, de la sécurisation du territoire national et de la protection de l’environnement, grâce à l’appropriation des technologies spatiales.