De par sa position géographique, le Burkina Faso intéresse particulièrement les groupes jihadistes dans la mesure où il est un carrefour des routes utilisées pour les trafic en tous genres et qu’il est un passage pour leur permettre d’étendre leur influence vers le golfe de Guinée, et donc vers le Bénin, la Guinée, le Ghana, le Togo et la Côte d’Ivoire.

D’autant plus que certains de ces pays présentent des fragilités analogues à ceux du Sahel, avec des tensions interethniques, un développement régional inégal et des communautés qui s’estiment négligées par leurs gouvernements.

En février, le président du Togo, Faure Gnassingbé, a justifié la présence militaire dans le nord de son pays, c’est à dire à la frontière avec le Burkina Faso, par une « pression très forte » des groupes jihadistes. Même chose en Côte d’Ivoire, où les forces armées, en coordination avec leurs homologues burkinabè, ont récemment mené l’opération anti-terroriste « Comoé ».

Pour autant, le 11 juin dernier, et pour la première depuis l’attentat de Grand Bassam, en mars 2016, la Côte d’Ivoire a subi une attaque jihadiste à Kafolo [14 tués, notamment parmi les militaires et les gendarmes]. Depuis, le « cerveau » de cette action, Ali Sidibé, un ressortissant burkinabè, a été arrêté par les forces ivoiriennes, avec plusieurs dizaine d’autres jihadistes, dans le cadre de l’opération « Rétorsion ».

Quoi qu’il en soit, le gouvernement ivoirien a décidé d’aller plus loin encore en instaurant une « zone opérationnelle militaire » dans le nord du pays. Et cela afin d’empêcher « toute infiltration de groupe armé. »

« Devant l’insécurité persistante aux frontières entre la Côte d’Ivoire, le Mali et le Burkina Faso du fait de la présence de groupes armés terroristes dans ces pays voisins et suite à l’attaque » de Kafolo, le gouvernement a autorisé « la création d’une zone opérationnelle au nord de notre pays », a-t-il été annoncé dans un communiqué publué à l’issue d’un conseil des ministres extraordinaire, le 13 juillet.

Concrètement, cette zone disposera d’un commandement unique pour les opérations militaire. Elle « permettra de passer de la phase de surveillance des frontières à une posture défensive […] en vue d’empêcher toute infiltration de ces groupes armés sur le territoire national » est-il expliqué dans ce texte, qui parle d’une capacité de passer en mode « offensif » si besoin.

« La Zone opérationnelle Nord aura pour objectifs de renforcer les capacités opérationnelles des troupes déployées dans le cadre de l’opération ‘Frontières étanches’, particulièrement dans la partie Nord de la Côte d’Ivoire », précise le gouvernement ivoirien.

Selon les « conseils aux voyageurs » fournis par le ministère français des Affaires étrangères, une partie de la zone frontalière entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso est « formellement déconseillée », de même que le nord du district du Zanzan et l’est du district des Savanes, à cause du risque terroriste. La frontière avec le Mali est « déconseillée, sauf raison impérative » pour les mêmes motifs.

Zone Militaire
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