Mahmoud Dicko et le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta

Gérer, c’est prévenir. Une maxime connue de tous : la gestion prévoit l’anticipation. Il va donc sans dire que celui qui veut bien gérer doit être pétri d’humilité et d’un grand esprit de rassembleur.

Comme le dirait Matthieu Ricard, « l’humilité est une composante de l’altruisme, car l’humble est naturellement tourné vers les autres et attentif à leur bien-être». Et Alexandra Julien de renchérir que « c’est en prenant la voie de l’humilité que l’on parviendra à la plus belle des grandeurs ».

De ce fait, pour un homme d’Etat, comme pour un dirigeant d’entreprise, il est utopique de vouloir faire sortir les muscles pour prétendre à conduire les affaires. Le Mali et ses soubresauts récents n’y échappent pas : au-delà du contexte démocratique, qui s’y oppose irrémédiablement, l’esprit d’ouverture doit être la règle pour tout dirigeant, soucieux de résultats probants.

On le voit avec le président Ibrahim Boubacar Keïta, qui dans une approche bien intelligente et plus pragmatique, n’a pas hésité à tendre la main à ses adversaires politiques, dès que la crise politique a éclaté. Plutôt que de sauver les apparences, le président IBK se met dans cette posture de dialogue et d’ouverture pour permettre, avec l’intelligence, qui sied à toute gestion concertée, d’éviter au pays des périls autrement plus graves.

Comme lui, tout chef d’institutions de la république, dans un tel contexte chargé de périls, comme le nôtre, doit avoir la même attitude vis-à-vis des autres acteurs nationaux ; politiques ou non, surtout s’agissant de sa propre chapelle.

Hélas ! Ce n’est pas ce qui nous a été donné de constater, ces temps-ci, chez certains leaders institutionnels, tout haut perché dans leurs nouveaux privilèges, qui n’ont pas encore compris qu’ils doivent s’ouvrir à tous les autres segments de la coterie politique afin que la dynamique se maintienne. Ce n’est donc pas par les biceps que ces chefs d’institutions pourront réussir à faire leurs marques.

Il a raison l’autre quand il disait que « nul ne se sauvera sans l’autre ». Plutôt que de chercher à neutraliser tout, sur son passage et son entourage, par la force des muscles, le chef d’institutions, eu égard aux prérogatives liées à sa charge publique, doit s’ouvrir vers les autres segments politco-institutionnels. Et cela, pour ne pas compromettre l’équilibre du jeu institutionnel.

L’équilibre du jeu institutionnel et républicain, dont la majorité présidentielle a besoin, pour récréer la confiance envers les institutions du pays, synonyme de décrispation politique et sociale, ne se réalisera pas à coups de manœuvres et de dénigrements, orchestrés en de hauts lieux, par certains chefs, mais plutôt par le sens de responsabilité et d’ouverture, dont ils doivent se prévaloir. Pour mériter d’assumer, au nom de la république, les attributs moraux de leurs charges régaliennes.

Heureusement que le peuple, le juge suprême, n’est pas dupe…

Oumar KONATE

Maliweb