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Tension entre la Côte d’Ivoire et le Burkina après l’incursion de plusieurs soldats burkinabés à la frontière

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23.05.23. Kafolo, District du Tchologo, Région des Savanes, Côte d’Ivoire. Unité des forces spéciales de l’armée ivoirienne sur le check point du pont surplombant le fleuve Comoé à l’entrée nord du village de Kafolo. Kafolo, Côte d’Ivoire. PHILIPPE DUDOUIT POUR « LE MONDE ».
23.05.23. Kafolo, District du Tchologo, Région des Savanes, Côte d’Ivoire.
Unité des forces spéciales de l’armée ivoirienne sur le check point du pont surplombant le fleuve Comoé à l’entrée nord du village de Kafolo. Kafolo, Côte d’Ivoire.
PHILIPPE DUDOUIT POUR « LE MONDE ».

L’incident, le troisième en sept mois, aurait donné lieu à un échange de tirs impliquant un hélicoptère de l’armée ivoirienne.

La frontière entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso a été le théâtre d’un nouvel incident, aux contours encore flous, entre soldats des deux pays. Selon plusieurs sources sécuritaires ivoiriennes, deux militaires burkinabés ont franchi la frontière, mercredi 27 mars en début d’après-midi, et seraient entrés, armés de fusils d’assaut AK-47, dans le marché de Dantou, dans le département de Téhini (nord-est), à 3 km du Burkina Faso. L’affaire inquiète alors que les tensions entre les deux pays n’ont cessé de croître depuis l’arrivée au pouvoir d’Ibrahim Traoré à Ouagadougou, en septembre 2022. Le putschiste au pouvoir au Burkina Faso a décidé, comme ses homologues du Mali et du Niger, de rompre avec la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’organisation régionale, dont la Côte d’Ivoire est un poids lourd.

Rapidement interpellés par l’armée ivoirienne, le soldat de première classe et un supplétif des volontaires pour la défense de la patrie (VDP) dont « rien n’indiquait qu’ils sont militaires », selon un officier dans la zone, ont été acheminés vers la base la plus proche, à Togolokaye, avant d’être conduits à la gendarmerie de Bouna, où ils se trouvent toujours.

Alerté par l’arrestation de leurs collègues, un groupe de soldats burkinabés a alors fait à son tour incursion en territoire ivoirien. Pour le repousser, les forces de sécurité ivoiriennes basées à Togolokaye auraient demandé l’appui aérien d’un hélicoptère MI-24. Des échanges de tirs auraient eu lieu à Dantou aux alentours de 15 heures. L’hélicoptère aurait essuyé des tirs, selon une source militaire ivoirienne, et riposté avant de se replier. Plusieurs autres sources au sein de l’armée démentent tout affrontement. Aucune victime n’est à déplorer, et la situation est redevenue calme.

« Nous avons tenté d’entrer en contact avec les officiers de l’autre côté de la frontière pour régler cette affaire, mais tous ceux que nous connaissions ont été relevés. Maintenant, le dossier est au niveau des chefs d’état-major des deux pays », explique l’officier précédemment cité, qui minimise l’incident, considérant que les deux Burkinabés « ne savaient pas qu’ils étaient en territoire ivoirien. Ils ont été sûrement victimes du fait de l’absence de délimitation de nos frontières ».

« Agacement »

Ce genre d’incident est récurrent dans ces zones où la séparation entre les deux pays est mal délimitée. Le 19 septembre 2023, deux gendarmes de Bouna avaient été arrêtés en territoire burkinabé, près du site d’orpaillage clandestin du village de Kwamé Yar. Ils sont détenus depuis six mois à Ouagadougou, la capitale. Le 23 février encore, deux journalistes de la télévision publique burkinabée ont été brièvement interpellés en Côte d’Ivoire, alors qu’ils filmaient sans autorisation dans la zone frontalière.

Jeudi, une note militaire ivoirienne rapportait que « la population de Dantou, apeurée, se trouve à présent à 25 % à Parabou et au campement dit du Vieux Karim [sic], situé à 5 km de Dantou. Il faut aussi noter que la population de Dantou est composée à 80 % de Burkinabés et à 20 % de Lorons », une ethnie ivoirienne originaire de la sous-préfecture de Téhini.

Ces incidents « illustrent les tensions entre les deux pays », estime Arthur Banga, politologue spécialiste des questions sécuritaires. Le chercheur évoque « de l’agacement et une volonté de montrer sa présence » du côté ivoirien, tandis que le Burkina Faso entretient de son côté « une logique de méfiance envers la Côte d’Ivoire »

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