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  • Côte d’Ivoire : Le pays obtient un financement historique indexé sur la durabilité d’un montant de 433 millions d’euros soit plus de 284 milliards Fcfa

    Côte d’Ivoire : Le pays obtient un financement historique indexé sur la durabilité d’un montant de 433 millions d’euros soit plus de 284 milliards Fcfa

    Le Ministère des Finances et du Budget a annoncé la conclusion d’un financement lié à la durabilité (Sustainability-Linked Loan – SLL) d’un montant de 433 millions d’euros soit plus de 284 milliards Fcfa marquant une première mondiale grâce à la combinaison simultanée de deux garanties du Groupe de la Banque mondiale dans un communiqué, ce mardi 2 septembre 2025.

    Finalisé moins de deux mois après la publication du cadre national de financement durable, cet accord positionne la Côte d’Ivoire comme un pionnier de la finance verte sur le continent, souligne le communiqué.

    Pour la première fois, la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD) et l’Agence Multilatérale de Garantie des Investissements (MIGA) unissent leurs garanties dans une même opération permettant au pays d’obtenir une notation triple A sur l’ensemble de la facilité, ouvrant la voie à, une maturité longue de 15 ans, dont 10 ans de grâce, une réduction significative de la marge bancaire, des conditions financières avantageuses, en cohérence avec les engagements environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) du pays.

    Par ailleurs, des objectifs de développement durable sont au cœur du dispositif en liant directement le coût du financement à la réalisation d’indicateurs de performance concrets, parmi lesquels, le développement des énergies renouvelables, la prévention de la déforestation, le renforcement de la résilience agricole.

    Prévu à l’horizon 2030, ce dispositif bonus/malus illustre la volonté du Gouvernement ivoirien de mettre la finance au service de la transition écologique et de la croissance inclusive, rassure la note.

    Ce succès confirme la solidité de l’économie ivoirienne et la confiance renouvelée des partenaires financiers internationaux. En adoptant des structures innovantes et responsables, la Côte d’Ivoire démontre sa capacité à attirer des capitaux sur les marchés internationaux tout en intégrant les enjeux environnementaux et sociaux dans sa stratégie de développement, conclut le communiqué dudit ministère.

    R-SEKONGO

  • Côte d’Ivoire : la baisse des prix du carburant ne se ressent pas vraiment sur les coûts de transport 

    Côte d’Ivoire : la baisse des prix du carburant ne se ressent pas vraiment sur les coûts de transport 

    Les prix des transports et des produits alimentaires connaissent une hausse sur le continent africain depuis quelques années. En Côte d’Ivoire, l’Etat tente d’atténuer les impacts pour les populations, en baissant le prix du carburant, qui était en 2024 le deuxième le plus cher de la zone UEMOA derrière le Sénégal. Des mesures dont les impacts réels tardent néanmoins à se faire ressentir sur le terrain…

    11 avril 2025. Dans les rues animées d’Abidjan, les différentes stations-service affichent de nouveaux prix. En effet, une semaine plus tôt, le gouvernement ivoirien décidait d’une baisse des prix de plusieurs produits pétroliers. Ainsi, le super sans plomb voit son prix diminuer de 20 FCFA, tandis que le gasoil passe à 700 FCFA, contre 715 FCFA auparavant. Une mesure censée soulager les populations. Pourtant, elle suscite plutôt des interrogations sur ses effets réels à long terme. 

    « Elle est bienvenue, mais elle reste minime ».

    A proximité d’une gare routière, près d’une station-service bondée, Sako Daouda, chauffeur de taxi depuis 10 ans, exprime son scepticisme, le visage dubitatif : « il y a eu une baisse de 15 FCFA sur le litre, elle est bienvenue, mais elle reste minime par rapport à notre consommation quotidienne ».

    La capitale économique n’est pas un cas isolé. A 491 kilomètres d’Abidjan, dans la ville de Séguéla, où les taxis motos sont le principal moyen de transport, la réaction est similaire. Bakayoko Abou, conducteur de deux roues confie : « le montant de la baisse est trop peu pour nous les transporteurs, il n’y a pas de véritable changement sur le budget du gasoil que nous prenons par jour ».

    « Le montant de la baisse est trop peu pour nous les transporteurs, il n’y a pas de véritable changement sur le budget du gasoil que nous prenons par jour ».

    Les raisons exactes de cette baisse n’ont pas été citées par le gouvernement ivoirien. Cependant, elle intervient dans un contexte où le coût du transport a augmenté de 2,2 % entre décembre 2023 et décembre 2024 et que les prix du pétrole traversent un momentum baissier sur le marché international. A l’instar de la Côte d’Ivoire des baisses ont été observées au Mali, au Maroc et en Afrique du Sud.

    Quel impact sur les coûts du transport ?

    En général, les fluctuations des prix du carburant influent sur le coût du transport, car celui-ci représente une part importante des dépenses des transporteurs. « Le carburant représente 47% des charges d’exploitation dans un véhicule de transport », explique Touré Adama, président de la coordination des gares routières de Côte d’Ivoire, dans un entretien accordé à la chaîne de télévision « Life Tv ». Ainsi, l’augmentation du prix du carburant entraîne logiquement une hausse des tarifs pour les passagers et le transport de marchandises.

    A contrario, une baisse des prix du carburant entraîne chez les transporteurs une réduction des charges d’exploitation et, dans certains cas, permet de réduire le tarif des passagers et le transport des marchandises.

    Pourtant, la baisse actée il y a quelques mois ne permettra pas de réduire le prix du transport, selon Touré Adama. Il estime que la baisse annoncée est insuffisante pour alléger les charges des transporteurs. « 15 FCFA, c’est insignifiant… en 2023, on a eu 100 FCFA d’augmentation et depuis (…) nous n’avons pas augmenté le prix du transport. On s’attendait à une diminution d’au moins 100 FCFA pour qu’on puisse donner l’incidence sur le coût du transport. (…) On souhaite que l’État fasse un peu plus d’effort », renchérit-il. Un sentiment partagé par de nombreux conducteurs de taxis d’Abidjan.  

    Le transport représente le troisième poste de dépenses des ménages ivoiriens. 

    Le gasoil, largement utilisé par les transporteurs, a connu des hausses successives ces dernières années, rendant la réduction actuelle marginale. « Au moment où nous avons augmenté le prix transport, c’était parce qu’il y avait eu plusieurs augmentations. Maintenant qu’on diminue 15 FCFA sur le litre, on ne peut pas diminuer. Lorsque je vais à la pompe, sur ma consommation du jour, il n’y a que 400 FCFA de baisse, je ne peux donc pas diminuer », nous explique Sako Daouda, transporteur.

    Cette situation est d’autant plus préoccupante que le transport représente le troisième poste de dépenses des ménages ivoiriens, selon l’Agence nationale de la statistique (ANSTAT). En moyenne, un Ivoirien dépense 1075 FCFA (soit 1,83 $) par jour en frais de transport selon des données de la Banque mondiale datant de 2019 ; un chiffre susceptible d’avoir évolué à la hausse depuis. Avec un salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) fixé à 75 000  FCFA soit 127 $ par mois, un travailleur ivoirien gagnerait en moyenne, au minimum 4,8 $ par jour.

    Cette situation est d’autant plus préoccupante que le transport représente le troisième poste de dépenses des ménages ivoiriens, selon l’Agence nationale de la statistique.

    Cependant, les frais de transport représentent une charge conséquente, soit près de 37 % de son revenu quotidien, selon l’institution de Bretton Woods. D’ailleurs, bien que le pays soit producteur de pétrole, il affichait en 2024 le deuxième prix de l’essence le plus cher dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), à 875 FCFA, juste derrière le Sénégal. Selon le gouvernement, le secteur du transport contribue à près de 7 % du Produit intérieur brut (PIB), jouant un rôle clé dans la mobilité des personnes et des biens à travers le pays. 

    Bien que le carburant ait un impact direct sur le prix du transport, il faut souligner qu’il n’est pas le seul facteur en jeu.  Parmi les autres éléments influençant les coûts figurent les réglementations gouvernementales, l’évolution de la demande du marché ainsi que les coûts de maintenance.

    Cette évolution des prix du carburant apporte néanmoins un soulagement aux consommateurs et aux transporteurs, notamment les conducteurs de véhicules privés.

    « Je suis content de cette baisse de 20 FCFA.  Bien qu’elle soit minime, elle est bienvenue parce qu’elle nous permet de réduire notre budget sur le prix du carburant » ; nous explique à Yamoussoukro, capitale politique du pays, Yves Kouassi, abordé dans une file au moment de faire le plein de sa voiture personnelle à la station-service.

    D’autres secteurs sont concernés

    Si la fluctuation des prix du carburant affecte directement le secteur du transport, qu’il soit en commun ou privé, elle représente également un défi majeur pour l’agriculture ivoirienne, un pilier essentiel de l’économie du pays. Les coûts d’exploitation des agriculteurs sont fortement influencés par les frais liés à l’acheminement des récoltes vers les marchés et centres de distribution, ce qui joue un rôle clé dans la fixation des prix des denrées alimentaires.

    Le coût des transports influence fortement celui des denrées alimentaires.

    Pour Adélaïde Meghué, présidente des acteurs du vivrier marchand de Côte d’Ivoire, l’impact de la baisse du prix du carburant reste limité. Répondant aux questions de l’Agence Ecofin, elle indique n’avoir constaté aucune réelle incidence sur les coûts du transport. « Cette diminution du prix du carburant dont vous m’informez n’a eu aucun effet sur le transport, en tout cas, selon ce que je sais, sauf erreur de ma part »nous confie-t-elleEt d’ajouter : « vous pouvez donc aisément conclure qu’aucun mouvement ne s’est produit sur nos marchés dans le sens d’une baisse des prix des denrées alimentaires ».

    Ce constat est partagé par plusieurs ménagères interrogées, qui soulignent au micro de l’Agence Ecofin la persistance des prix élevés des denrées alimentaires. Bien que le niveau de la baisse puisse être questionné, il faut souligner que le carburant n’est pas la seule variable qui structure ou régule les prix des denrées alimentaires sur le marché. La pluviométrie, les saisons, les changements climatiques, ainsi que les perturbations qui en découlent et la dégradation des voies d’accès aux champs sont autant de facteurs à considérer. De plus, les produits de contre-saison sont généralement plus chers sur les marchés.

    Des mesures sociales face à la hausse des prix…

    En Côte d’Ivoire, pour stabiliser les coûts du carburant et soutenir les consommateurs ainsi que les secteurs économiques, le gouvernement ivoirien alloue des subventions à ce secteur. En 2022, l’Etat a investi 500 milliards de francs CFA (850,95 millions $) en subventions énergétiques afin de stabiliser les prix du carburant. « De façon précise, pour chaque litre de gasoil que vous achetez à 615 FCFA, l’État de Côte d’Ivoire apporte une subvention de 469 FCFA. Pour le super, la subvention de l’État est de 285 FCFA pour chaque litre acheté à la pompe à 735 FCFA », avait annoncé, le président de la République, Alassane Ouattara dans son message à la nation, le 6 août 2022, veille de la célébration du 62e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire.

    En 2022, l’Etat a investi 500 milliards de francs CFA (850,95 millions $) en subventions énergétiques afin de stabiliser les prix du carburant.

    « Cette subvention et les efforts consentis par l’Etat ont permis de réduire le coût de la vie et maîtriser le taux d’inflation qui oscille entre 5,4% et 5,7 % contre 20% dans certains pays de la sous-région », avait indiqué le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly.

    En 2024, un montant total de 843 milliards de FCFA (1,43 milliard $) pour l’essence et le gasoil a été affecté depuis la crise en Ukraine, selon les chiffres du ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie afin de maintenir les prix du pétrole à un niveau accessible.

    Parallèlement, le gouvernement ivoirien a mis en place un plafonnement des prix pour certains produits de grande consommation, afin de lutter contre la vie chère et protéger le pouvoir d’achat des populations. Cette mesure concerne des produits essentiels comme le riz, l’huile de palme raffinée, le sucre, la viande, la tomate concentrée, le lait et les pâtes alimentaires.

    Afin de réduire les coûts des transports, l’Etat ivoirien a également pris des mesures visant à réduire les charges pour le consommateur. En 2023, l’amende de 22 500 FCFA imposée aux transporteurs par l’Etat avait été supprimée suite à une augmentation des prix du carburant. Bien qu’aucune nouvelle mesure n’ait été annoncée, pour accompagner la récente baisse des prix du carburant, des experts constatent des efforts pour au moins garantir l’application effective des nouveaux prix.

    Sedji Siam Ize, énergéticien et statisticien économiste, souligne : « Le gouvernement ivoirien met en place des mesures pour que la baisse du prix du carburant se répercute sur le coût du transport. La Côte d’Ivoire dispose de plusieurs instruments pour lutter contre la vie chère, notamment le Conseil national de lutte contre la vie chère et le Haut Conseil du patronat des entreprises de transport routier. Lorsque le prix du carburant diminue, le gouvernement observe l’impact sur les tarifs du transport. Si aucune baisse n’est constatée, il engage des discussions avec les acteurs du secteur pour garantir l’application des ajustements. Ces échanges, organisés via les instances concernées, visent à réduire le coût de la vie pour la population ».

    Des efforts qui contribuent à maîtriser la hausse de prix. Ces cinq dernières années, la Côte d’Ivoire a connu une inflation modérée qui a oscillé entre 2,4% en 2020 et 3,5% en 2024, selon la Banque mondiale.

    …pas sans risques budgétaires

    Selon le Fonds monétaire international (FMI), les subventions aux carburants présentent des risques budgétaires, réduisant les recettes publiques et entraînant une plus grande volatilité des recettes fiscales. Dans le cadre d’un programme de réformes économiques négocié en 2023 avec Abidjan, le FMI préconisait une réduction progressive des subventions pour renforcer la viabilité budgétaire et rediriger les ressources vers les dépenses sociales. L’institution privilégiait une aide ciblée aux ménages vulnérables afin de limiter les impacts négatifs sur les plus démunis. Elle recommandait également des mécanismes de tarification transparents, permettant aux prix de refléter les variations du marché tout en assurant la stabilité économique.

    Dans le cadre d’un programme de réformes économiques négocié en 2023 avec Abidjan, le FMI préconisait une réduction progressive des subventions pour renforcer la viabilité budgétaire et rediriger les ressources vers les dépenses sociales.

    « Dans le cadre de leur effort de consolidation, les autorités ont augmenté les prix de l’essence début 2023 et rétabli le mécanisme de fixation des prix des carburants, permettant ainsi la suppression des coûteuses subventions implicites générales aux carburants et la reprise de la collecte des recettes sur les produits pétroliers », a rapporté le FMI.

    Dans le cadre de ce grand format, nous avons tenté à plusieurs reprises d’avoir l’avis du ministère des Transports de la Côte d’Ivoire, à travers leur service de communication, sans succès.

    L’Etat ivoirien n’aura baissé les prix du carburant que deux fois en l’espace de cinq ans. Avant la récente baisse susmentionnée, la précédente remontait à mai 2020, où le prix du litre de l’essence super sans plomb était passé de 595 FCFA à 570 FCFA, soit une réduction de 25 FCFA, tandis que le litre de gasoil était passé de 590 FCFA à 570 FCFA, soit une baisse de 20 FCFA. Si les mesures accompagnant ces baisses se multipliaient ou étaient mieux ciblées, leur impact pourrait peut-être se refléter davantage dans les charges de transports et d’alimentations des populations ivoiriennes.

    Lydie Mobio

  • Africa Ceo Forum: L’Ocde et la Banque mondiale réaffirment leur appui à la Côte d’Ivoire

    Africa Ceo Forum: L’Ocde et la Banque mondiale réaffirment leur appui à la Côte d’Ivoire

    En marge de l’Africa Ceo Forum, qui se tient les 12 et 13 mai à Abidjan, le Premier ministre Robert Beugré Mambé a reçu, hier, en audience Mathias Cormann, secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (Ocde) et Harold Tavares, administrateur du groupe de la Banque mondiale.

    A l’issue des échanges, les deux institutions ont réaffirmé leur engagement à travailler et à renforcer leur coopération avec la Côte d’Ivoire. « Nous avons rencontré le Premier ministre pour explorer des opportunités et travailler ensemble pour renforcer la croissance économique de sorte que les politiques publiques servent davantage à la Côte d’Ivoire. Cela, à travers le développement du capital humain, l’économie circulaire. Nous sommes engagés à soutenir les efforts du gouvernement », a rassuré Mathias Corman, secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (Ocde).

    De son côté, Harold Tavares, administrateur du groupe de la Banque mondiale, a indiqué que la Banque mondiale s’engage à appuyer véritablement la Côte d’Ivoire dans les projets en cours de développement. « Nous avons principalement discuter du rôle de la Côte d’Ivoire dans le groupe. Nous avons parlé du Plan national de développement et comment il peut entrer dans le portefeuille de la Banque mondiale. La Côte d’Ivoire est un pays très dynamique, c’est véritablement un hub. ». Robert Beugré Mambé, a également recu en audience Walid Sheta, Président Middle East de Shneider et le directeur général de Africa CDC, Dr Jean Kaseya.

    EMELINE P. AMANGOUA

  • L’Afrique subsaharienne paiera 20 milliards $ d’intérêts sur l’encours de sa dette extérieure en 2025

    L’Afrique subsaharienne paiera 20 milliards $ d’intérêts sur l’encours de sa dette extérieure en 2025

     Le rapport souligne que le service total de la dette publique au Sud du Sahara pourrait commencer à diminuer dès cette année, grâce notamment aux efforts de restructuration de la dette déployés par plusieurs pays.

    Les pays d’Afrique subsaharienne devraient payer environ 20 milliards de dollars d’intérêts sur l’encours de la dette extérieure contractée ou garantie par le secteur public (PPG), selon un rapport publié le mercredi 23 avril 2025 par la Banque mondiale.

    Intitulé « Africa’s Pulse spring 2025 : improving governance and delivering for people in Africa », le rapport précise que l’évolution de la composition des créanciers extérieurs a entraîné une augmentation des paiements d’intérêts et des remboursements du capital dans la région. En effet, près de 75% des paiements d’intérêts sur l’encours de la dette extérieure prévus cette année sont dus à des détenteurs d’obligations, au gouvernement chinois et à des prêteurs privés.

    Au total, les paiements d’intérêts devraient représenter 3,4% du PIB cumulé des pays de la région en moyenne au cours de la période 2025-2027.

    Le service total de la dette publique (intérieure et extérieure) a plus que doublé avant la pandémie (passant de 16% des recettes publiques en 2012 à 39% en 2019) et semble s’être stabilisé à un niveau record d’environ 50% des recettes publiques en 2024.

    Grâce aux efforts de restructuration et de réaménagement de la dette, le service total de la dette publique pourrait commencer à diminuer cette année, même si sa trajectoire future reste incertaine. Les gouvernements doivent cependant continuer à mener des opérations de gestion des passifs, améliorer les soldes budgétaires et mettre en œuvre des réformes structurelles propices à la croissance afin de réduire les niveaux d’endettement et les vulnérabilités y afférentes. 

    Le ratio dette publique/ PIB a atteint 63,2% à fin 2024

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    L’augmentation du service de la dette extérieure publique et garantie par l’Etat est attribuée à un environnement en expansion de créanciers qui comprend des gouvernements n’appartenant pas au Club de Paris et des créanciers privés, en particulier des détenteurs d’obligations. Les gouvernements africains empruntent à des taux sensiblement différents auprès de ces différents groupes de créanciers. Par exemple, le taux d’intérêt moyen sur les obligations souveraines extérieures est environ six fois plus élevé que celui des prêts multilatéraux.  

    Conséquence : les gouvernements sont contraints de ponctionner les fonds de services publics essentiels. Sur 48 pays d’Afrique subsaharienne, 20 ont consacré davantage de fonds au service de la dette qu’aux soins de santé et à l’éducation réunis, en 2024.

    La Banque mondiale indique également que les remboursements du capital de la dette extérieure contractée ou garantie par le secteur public ont augmenté plus rapidement que les décaissements depuis 2016, entraînant ainsi une forte baisse des flux financiers nets dans la région. Les flux nets de la dette extérieure vers l’Afrique subsaharienne ont chuté de façon spectaculaire, passant d’un montant annuel moyen de 37,7 milliards de dollars durant la période 2016-2019 à 18,4 milliards en 2023. Alors que les flux financiers nets en provenance de la Chine et des détenteurs d’obligations ont diminué, se transformant en sorties nettes au début des années 2020, les prêts multilatéraux ont fortement augmenté, représentant 80% des flux de financement dans la région depuis la pandémie.

    Le rapport souligne par ailleurs que la dette publique a suivi une trajectoire ascendante soutenue au cours de la dernière décennie en Afrique subsaharienne. Elle a doublé depuis 2012 pour atteindre le niveau de 63,2% du PIB, fin 2024. L’allègement considérable de la dette obtenu dans le cadre de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) et de l’Initiative d’allègement de la dette multilatérale, associé à des conditions financières mondiales favorables et à un plus grand appétit pour le risque et le rendement, a facilité l’octroi de financements supplémentaires aux pays de la région.

    L’alourdissement de la dette publique est en partie attribué à des augmentations significatives de la dette intérieure. Des données récentes issues de la base de données du Cadre de viabilité de la dette des pays à faible revenu de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) révèlent que le ratio médian dette publique intérieure/PIB dans les pays d’Afrique subsaharienne couvert par ce cadre a bondi de 8,2% en 2012 à 21,6% en 2022, avant de redescendre à 19,6 % en 2024.

    Walid Kéfi