Une bataille acharnée s’est ouverte pour la succession de Henri Konan Bédié à la tête du Parti démocratique de Côte d’Ivoire/ Rassemblement démocratique africain (PDCI/RDA).

A la date limite du dépôt de dossiers de candidatures pour succéder au Sphinx de Daoukro, le 17 novembre dernier, ils étaient cinq candidats à postuler. Il s’agit, pour ne pas les nommer, de Noël Akossi Bendjo, Maurice Kakou Guikahué, Tidjane Thiam, Jean-Marc Yacé et Koumoué Moïse. Finalement, la bataille des 5 n’aura pas lieu puisqu’il ne reste que deux candidats en lice, que sont Tidjane Thiam et Jean Marc Yacé.

En effet, la candidature de Maurice Kakou Guikahué a été rejetée par le Comité de conciliation et de médiation. Ce dernier a, dans une déclaration, pris acte du rejet de sa candidature au nom de l’unité du parti.  Aussi, dans le cadre des négociations en vue de parvenir à un consensus autour d’un candidat, les candidats Noël Akossi Bendjo et Moïse Koumoué Koffi se sont retirés.

Si les deux autres n’ont pas annoncé clairement vouloir soutenir un candidat, Noël Akossi Bendjo, lui, n’a pas caché son intention de soutenir Tidjane Thiam.  En tous les cas, pour bien des observateurs, c’est à l’ancien PDG du Crédit suisse que profitent tous ces retraits de candidatures. Si fait que l’on est tenté de dire que pour ces élections, Tidjane Thiam part en roue libre. Car, sauf cataclysme, il remportera haut la main les élections du 16 décembre prochain.  

Mais de là à voir dans cet élan d’union au sein du PDCI/RDA, un signe de maturité politique et démocratique, certains ont vite fait de franchir le pas. Pour cause, après la mort du président Bédié qui n’a pas su se trouver un dauphin de son vivant, beaucoup ne vendaient pas cher la peau du parti de l’éléphant.

 La voie du consensus paraît la meilleure pour maintenir l’unité du PDCI/RDA

  D’autres pronostiquaient même son implosion. Ils n’ont peut-être pas tort. Car, dans bien des cas sur le continent noir, la disparition du fondateur ou la perte du pouvoir, entraine ipso facto l’effondrement du parti. De ce fait, la démarche des candidats à la présidence du PDCI/RDA est à saluer ; tant l’intérêt du parti semble avoir été mis en avant au détriment des intérêts personnels et des ego.

Toutefois, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Car, le processus électoral au sein du vieux parti ivoirien fait des mécontents. A preuve, Jean-Billon et Thierry Tanoh, deux cadres influents du parti, ont, dans une déclaration commune, fait cas de leur déception de l’organisation du prochain congrès extraordinaire censé désigner le nouveau président du PDCI/RDA. En effet, ils s’interrogent sur la crédibilité et la légitimité du président qui sera élu au regard d’un processus qu’ils jugent opaque.

Cela dit, c’est le signe qu’il existe tout de même des frictions autour de l’élection du président du parti. Pour l’heure, les cadres du parti ont engagé des discussions en vue d’aplanir les divergences. Y parviendront-ils ? On attend de voir. En tout état de cause, la voie du consensus paraît la meilleure pour maintenir l’unité du PDCI/RDA.

 Saïbou SACKO

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