Activité économique

Entre 2011 et 2019, la zone UEMOA a enregistré un taux de croissance moyen du PIB réel excédant 5,7% par an. En 2020, la région a fait preuve d’une certaine résilience face à la pandémie avec un taux de croissance de 1,7% (contre une contraction de 1,7% pour l’Afrique subsaharienne), avant d’enregistrer un important rebond à 5,9% en 2021.

Le choc mondial lié à la guerre en Ukraine a modérément affecté la reprise post-COVID de l’UEMOA. En effet, la croissance a légèrement ralenti en 2022 à 5,7%, soutenue par les investissements et la consommation finale. Cette tendance a été particulièrement marquée au Niger (11,1%), en Côte d’Ivoire (6,7%) et au Bénin (6%) alors qu’elle s’inscrit dans un contexte où les risques sécuritaire et humanitaire (déplacements de population, famine) dans la zone sahélienne se sont aggravés et menacent les zones septentrionales des pays du golfe de Guinée. La croissance devrait s’accélérer en 2023 (6,1%) et 2024 (7,4%), en lien avec le démarrage de l’exploitation de gisements d’hydrocarbures au Niger et au SénégalToutefois, ces perspectives sont soumises à de nombreux risques, parmi lesquels : (i) la prolongation du conflit en Ukraine ; (ii) la dégradation de la situation sécuritaire et l’instabilité politique ; (iii) le durcissement des conditions financières mondiales et régionales ; (iv) des retards dans l’exploitation des gisements d’hydrocarbures au Niger et au Sénégal.

Dès 2021, en raison de perturbations dans les chaînes d’approvisionnement et de la reprise de l’activité économique, les pressions inflationnistes se sont accentuées dans la zone, le taux d’inflation s’établissant en moyenne annuelle à 3,5% (contre 2,2% en 2020). Ces pressions se sont exacerbées en 2022 avec un taux d’inflation à 7,1%, en raison de l’impact de la guerre en Ukraine sur les cours mondiaux de l’énergie et de certaines denrées alimentaires de base. La hausse des prix des denrées alimentaires a été le principal moteur de l’inflation et a engendré une hausse de l’insécurité alimentaire, particulièrement dans les pays sahéliens. En raison de cette accélération de l’inflation, la BCEAO a durci sa politique monétaire (i) en relevant son taux directeur à plusieurs reprises pour l’établir à 3% depuis mars 2023 (contre 2% un an auparavant) et (ii) en reprenant les refinancements bancaires à taux variables et pour des volumes limités. Ces mesures devraient contribuer à ralentir l’inflation anticipée à 3,7% en 2023 selon le FMI.

Finances publiques et endettement

Les efforts de consolidation budgétaire qui avaient permis de respecter collectivement le plafond de déficit public de 3% du PIB dès 2019 (-2,3% du PIB) ont été mis à mal par la crise de la COVID-19. Ainsi, en 2020, le déficit public consolidé s’est fortement creusé à 5,5% du PIB, du fait de l’impact de la pandémie. Il s’est maintenu à ce niveau en 2021 en raison des besoins de financement des Etats pour soutenir la reprise post-COVID.  En lien avec les mesures mises en place pour atténuer les conséquences de la guerre en Ukraine et la dégradation du contexte sécuritaire régional, le déficit budgétaire s’est encore détérioré pour s’élever à 6,7% du PIB en 2022.L’objectif de le retour à la cible de 3% du PIB, initialement prévu pour 2024, a été repoussé à 2025. L’année 2023 devrait ainsi marquer le début de la consolidation budgétaire : le déficit devrait se réduire à 5,3% du PIB.

Du fait des déficits budgétaires récurrents élevés, les vulnérabilités liées à la dette se sont accrues dans l’UEMOA, en lien avec le faible niveau de mobilisation des recettes domestiques (16% du PIB pour l’ensemble de l’Union) et le durcissement des conditions financières mondiales et régionales. Le taux d’endettement de l’UEMOA est estimé à 58,7% du PIB en 2022 selon le FMI, soit une augmentation de 13,5 pts de PIB par rapport à la situation pré-COVID (45,2% en 2019). Cette évolution se justifie en grande partie par la hausse des besoins de financement engendrée par la pandémie à Covid-19, puis les conséquences de la guerre en Ukraine en 2022. Dans l’Union, la Guinée Bissau (79,5% ; risque de surendettement (total et extérieur) élevé selon le Fonds) et le Sénégal (75%) dépassent le plafond communautaire de l’UEMOA de 70% du PIB tandis que le Togo s’en rapproche (68% du PIB qui représente, selon le FMI, un risque de surendettement global élevé). La part de la dette extérieure demeure la plus importante (60,9% du PIB en 2022 contre 39,1% pour la dette domestique), mais a diminué par rapport à 2021 (63,9% du PIB), traduisant ainsi la volonté des Etats d’accroître la part des ressources issues du marché régional. A noter que le Bénin (73,1%) dispose de la proportion la plus importante de dette extérieure, suivi par le Niger (64,6%), le Sénégal (63,3%) et la Côte d’Ivoire (60,7%), tandis que le Mali (50,2%) et le Burkina Faso (46,8%) disposent de la plus faible proportion. Pour 2023, l’encours de la dette publique devrait encore progresser pour se situer à 61,7% du PIB avant de commencer à décliner pour atteindre environ 60% du PIB en 2024 d’après les prévisions du FMI. Cependant, la hausse des taux d’intérêt sur les marchés financiers international et régional, qui renchérit le service de la dette des Etats, pourrait contraindre la soutenabilité de la dette de certains pays.

Equilibre extérieur

L’Union exporte principalement des matières premières au premier rang desquelles (en 2021 – dernières données disponibles) l’or (30,9%) et le cacao (16,3%), suivis des produits pétroliers (7,5%), du coton (5,4%), du caoutchouc (4,2%) et de l’anacarde (4%). Ses principaux clients sont la Suisse (21,5% du total des ventes, notamment pour l’or), le Nigeria (13%) et l’Afrique du Sud (6,6%). Le principal exportateur de la zone est la Côte d’Ivoire, qui représente à elle-seule autour de 40% des ventes. Les achats de l’UEMOA sont par nature très diversifiés, les Etats-membres étant largement importateurs de biens intermédiaires et de consommation finale. Le principal fournisseur est la Chine (16,2%), suivie de la France (11,6%). Les échanges intracommunautaires demeurent faibles, autour de 14% des échanges.

Le déficit du compte courant de la balance des paiements s’est à nouveau creusé en 2022 à 8,4% du PIB, après 6,2% du PIB en 2021, en raison du renchérissement des denrées importées et de la hausse des prix mondiaux de l’énergie en lien avec l’impact du conflit en Ukraine. Selon les projections du FMI, le déficit du compte courant devrait s’améliorer pour se situer à 6,8% du PIB en 2023.

A fin 2022, avec le contexte international marqué par les conséquences du conflit en Ukraine, les réserves de change ont diminué pour s’établir à 4,5 mois d’importations de biens et services (contre 5,2 mois en 2021) en raison notamment de la réduction des entrées de capitaux et du coût des importations. Cette diminution se poursuivrait début 2023, d’après les estimations du FMI, mais la tendance pourrait s’inverser au cours de l’année sous l’effet, notamment, d’appuis budgétaires du FMI.

Secteur bancaire

Le système bancaire de l’UEMOA s’est montré résilient face à la pandémie de COVID-19, notamment grâce à des mesures de riposte prises par la BCEAO parmi lesquelles la réduction du taux directeur de 2,5% à 2% en juin 2020 ou encore le lancement de nouvelles fenêtres de refinancement à 6 et 12 mois pour les titres publics au taux de soumission minimal de 2%. Aussi, le ratio de solvabilité global est-il en 2022 de 12,9%, au-dessus du seuil réglementaire de 11,25%. Le taux brut de dégradation du portefeuille a diminué de 10,5% en 2021 à 8,5% en 2022. Cependant, le secteur des institutions de microfinance a vu la qualité de ses crédits accordés s’améliorer : le total des créances en souffrances rapporté à l’encours des crédits (taux brut de dégradation du portefeuille) a diminué de 8,2% en 2021 à 7,2% en 2022.

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