Longtemps connu pour son militantisme en faveur des droits de l’Homme, Me Sidiki Kaba, 73 ans, arrive à la Primature sénégalaise au crépuscule du pouvoir de Macky Sall.

Né à Tambacounda (Est) le 21 août 1950, Sidiki Kaba a été nommé Premier ministre du Sénégal ce mercredi 6 mars. Jusque-là ministre de l’Intérieur, l’avocat remplace à ce poste le candidat de la coalition au pouvoir pour la Présidentielle du 24 mars prochain, Amadou Ba. La démission de ce dernier a longtemps été souhaitée par des adversaires après des accusations de corruption le visant sur deux juges du Conseil constitutionnel.

Diplômé des universités d’Abidjan et de Dakar où il a obtenu trois licences en droit, philosophie et lettres modernes et une maîtrise en droits des affaires, Sidiki Kaba, admis en 1980 au barreau de Dakar, occupe les fonctions de chef de gouvernement à une période mouvementée pour le régime du président Macky Sall.

Alors qu’une loi d’amnistie générale sur les infractions criminelles et correctionnelles a été votée mercredi à l’Assemblée nationale, le Conseil constitutionnel a rendu le même jour deux décisions pour rejeter la date du 2 juin 2024 proposée par les acteurs du dialogue national pour l’organisation de la Présidentielle et fixer une nouvelle date pour le scrutin en tenant en compte la fin du mandat du chef de l’Etat sortant, soit le 2 juin prochain.

C’est dans ces conditions que l’ancien président de l’Assemblée des États parties de la Cour Pénale Internationale (CPI), ayant une expérience dans la gestion des conflits politiques au niveau mondial, a été choisi par Macky Sall pour conduire une nouvelle équipe gouvernementale durant les 26 jours qui lui restent à la tête du pouvoir.

Le compagnonnage gouvernemental de Macky Sall avec le premier Africain élu en 2001 à la tête de la Fédération Internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH) a commencé le 2 septembre 2013 lorsque le second a été nommé Garde des Sceaux, ministre de la Justice, une fonction qu’il occupera pendant quatre ans.

Sidiki Kaba occupera par la suite les fonctions de ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur jusqu’en avril 2019 avant d’atterrir au ministère des Forces armées où il applique la politique définie par le chef de l’Etat en matière de défense du territoire national et de respect des engagements internationaux signés par le Sénégal.

Il est maintenu dans le deuxième gouvernement d’Amadou Ba après le remaniement intervenu en octobre 2023. Nommé ministre de l’Intérieur, il était jusque-là chargé de l’organisation de la prochaine élection présidentielle alors que l’opposition réclamait une personnalité neutre.

« Je voudrais remercier très sincèrement le président de la République Macky Sall d’avoir porté son choix sur ma modeste personne pour être le Premier ministre du Sénégal. C’est une confiance renouvelée parce qu’il a eu à me nommer à des ministères comme ceux de la Justice, des Affaires étrangères, des Forces armées, de l’Intérieur, aujourd’hui Premier ministre du Sénégal à une station élevée de l’architecture gouvernementale », a-t-il réagi à la télévision nationale, profitant de l’occasion pour « remercier » ses parents pour l’éducation qu’ils lui ont donnée et « les populations du Sénégal oriental qui (lui) ont montré un soutien indéfectible ».

« Je voudrai aborder ce grand privilège qui m’est fait, avec esprit de responsabilité, d’ouverture et d’apaisement et ainsi travailler de manière à ce que soient atteints les objectifs que le président de la République assigne et qui ont produit, à travers le Plan Sénégal Emergent (PSE), les résultats tangibles et colossaux. Encore une fois, je suis dans la position qui me permet de dire aujourd’hui que je serai encore plus engagé à servir mon pays en ne ménageant aucun effort », a souligné le nouveau chef du gouvernement sénégalais.

ODL/te/APA

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