Avec un thème centré sur le continent africain, le sommet des BRICS qui se tient du 22 au 24 août en Afrique du Sud se penchera -outre le sujet clé de l’architecture financière mondiale- sur l’ouverture du club à d’autres Etats. Plusieurs pays africains ont manifesté leur intérêt, au moment où s’observent de significatives mutations géopolitiques.

Le président Macky Sall du Sénégal est arrivé à Johannesburg ce mardi où il participe au 15e sommet des BRICS qui se tient du 22 au 24 août dans la capitale sud-africaine. Il fait partie de la trentaine de chefs d’Etat ayant confirmé leur venue à cette grand-messe annuelle du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud, les cinq membres du club. Les présidents Lula da Sylva, Xi Jinping et le Premier ministre indien Narendra Modi ont foulé le sol sud-africain tôt ce mardi, tandis que Vladimir Poutine -visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI)- participera virtuellement à cette rencontre organisée en présentiel pour la première fois depuis la pandémie. En revanche, son ministre des Affaires étrangères Sergey Lavrov a fait le déplacement.

L’Afrique au cœur du sommet de Johannesburg

Le thème de cette année : « Les BRICS et l’Afrique », place le continent au cœur des échanges de ce sommet qui se penchera plus sérieusement que jamais sur la méticuleuse question de l’ouverture du club à d’autres pays. Une quarantaine d’Etats à travers le monde auraient manifesté leur intérêt, tandis que vingt-trois pays ont à ce jour déposé une demande « formelle ou informelle » d’adhésion, indiquaient récemment l’organisation. Parmi eux, six pays africains étaient annoncés : l’Algérie, l’Egypte, l’Ethiopie, le Maroc, le Nigeria et le Sénégal, selon les révélations du World of Statistics partagées sur les réseaux sociaux par la cellule communication des BRICS.

Samedi, le Maroc a déclaré, via son agence de presse nationale, n’avoir « jamais formellement fait acte de candidature au groupement « BRICS » », sur fond d’une relation tendue avec l’Afrique du Sud qui soutient le Polisario. L’Algérie voisine semble cependant voire ses chances d’adhésion s’amoindrir. L’agence de presse algérienne a annoncé dimanche que le président Abdelmadjid Tebboune se fait représenté à Johannesburg par son ministre des Finances.

La candidature égyptienne a été révélée en juillet par l’ambassadeur de Russie en Egypte, Georgy Borisenko. Le pays d’Abdel Fattah al-Sissi a d’ailleurs manifesté son fort intérêt pour les BRICS en devenant l’hiver dernier actionnaire de la nouvelle Banque de développement des BRICS. Au Nigeria, les sorties médiatiques au sujet des BRICS sont également rares. Le président Bola Tinubu du Nigeria est représenté au sommet par son vice-président Kashim Shettima.

L’Ethiopie reste aussi officiellement discrète quant à son intérêt pour les BRICS. Mais au sein de la diplomatie, on y voit une orientation positive non seulement pour ce pays d’Afrique de l’Est, mais aussi pour les membres du club. « L’Ethiopie est un bon candidat pour les BRICS. Avec ses110 millions d’habitants, son économie qui affiche l’un des taux de croissance les plus rapides au monde, l’Ethiopie représente une un important marché et un potentiel énorme pour les pays des BRICS, en termes d’investissement, de commerce, de business… », a défendu sur CGTN Teshome Toga Chanaka, ancien ambassadeur d’Ethiopie en Chine.

Enjeux

Créé en 2009, les BRICS n’ont plus connu de nouvelle adhésion depuis celle de l’Afrique du Sud en 2010. Les développements géopolitiques et géostratégiques de ces dernières années ont poussé ses membres à aborder la question d’une ouverture à d’autres pays, face aux manifestations d’intérêt de plusieurs nations. Aujourd’hui, les Emirats arabes unis (EAU), l’Arabie Saoudite ou encore l’Argentine font parti de ces pays qui frappent sérieusement à la porte des BRICS. Le club entend surtout créer une alternative au système multilatéral existant (avec la réduction de l’usage du dollar dans les échanges commerciaux) afin de donner davantage de clefs financières au Sud Global. Le groupe de cinq a marqué un pas décisif en institutionnalisant, en 2014, la Nouvelle Banque de développement basée à Shanghai en Chine.

Représentant 40% de la population mondiale, près de 25% du PIB mondial et 15% des droits de vote aux institutions de Bretton Woods (Fonds monétaire international et Banque mondiale), les BRICS jouissent d’une certaine influence qui pourrait être beaucoup plus importante si un plus grand nombre de nations s’y joignent, alors que le monde se multipolarise.

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