Marrakech-

Un puissant séisme, de 7 sur l’échelle de Richter, a frappé le Maroc vendredi 8 septembre au soir, faisant au moins 1305 morts. Si la région du Haouz a subi d’immenses dégâts, la ville de Marrakech a aussi été durement frappée.

« Tout le village a disparu. Il y règne une atmosphère de mort. » Zhor est assise sur un petit banc dans un parc de Marrakech, flanquée de son fils et de son petit-fils. Tout autour d’eux, des valises, quelques sandwichs, et des bouteilles d’eau. « Nous rendions visite à de la famille à Moulay Brahim. Quand la terre s’est mise à trembler, mon fils a eu une crise d’épilepsie. J’ai dû le porter moi-même pour le sortir de la maison, avant que tout ne s’écroule. » Des larmes coulent sur son visage. « Beaucoup ne s’en sont pas sortis », précise-t-elle. Situé à quelques kilomètres de Marrakech, le village de Moulay Brahim, plus proche de l’épicentre, a payé un lourd tribut au séisme de vendredi soir qui a tué 1305 personnes et blessé 1832 autres, selon le dernier bilan du ministère marocain de l’intérieur.

Si Marrakech a durement subi le séisme, le bilan officiel ne fait pour l’instant état que de 13 morts dans la ville. Situé à quelques dizaines de kilomètres au Sud, c’est la région, très pauvre, du Haouz, où se trouve Moulay Brahim. qui a subi le plus de dégâts. Avant même que les autorités arrivent pour secourir les habitants et leur apporter eau et nourriture, la solidarité s’est immédiatement installée. « Personne n’a manqué de rien, tout le monde s’est entraidé. Même ici, alors que je suis assise dans ce parc, on ne cesse de me proposer de l’aide ! », se réjouit Zhor, qui fait partie de ces milliers de « réfugiés » ayant perdu leur maison qui se sont retrouvés dans les parcs et sur les places de Marrakech.

Des réfugiés installés sur la place Jamaa El Fna

Devant Zhor, l’imposant minaret de la Koutoubia se dresse. Ce symbole de la Ville ocre a dangereusement tangué vendredi soir, quand la secousse a terrifié des millions de Marocains à 23 h 13 précises. Sur des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, une épaisse poussière s’échappe du minaret et des centaines d’oiseaux le fuient, tandis que touristes et habitants s’échappent à toute vitesse. Le minaret de 800 ans a finalement tenu.

Tout près de là, sur la place Jamaa El Fna, un autre minaret n’a pas eu cette chance. Sa partie supérieure s’est effondrée, dévoilant la structure interne du bâtiment. Au centre de la place, des réfugiés se créent une maison de fortune, étalant des tapis, veillant sur les quelques sacs qu’ils ont pu sauver de leur maison. « Je ne comprends toujours pas comment nous nous en sommes sortis. C’est un miracle. Toute la famille a survécu et nous sommes sortis à temps, même mon mari qui est malade », raconte une mère de famille installée sur la place. Sa maison n’a pas survécu. « Dieu a décidé que nous resterions vivants. Alors nous allons vivre ! », conclut-elle

Les ruelles de la célèbre médina, prisée des touristes, sont jonchées des pierres des bâtiments effondrés. D’habitude vibrante, la ville a perdu de son énergie. De nombreux commerces ont baissé le rideau. Et la place est moins remplie que d’habitude. Pourtant, la vie continue. Quelques spectacles se tiennent quand même sur la place Jamaa El Fna. Des échoppes ont ouvert.

Des touristes décident de rester

Malgré le drame, et alors que les secours s’activent pour sortir les survivants des décombres, beaucoup de Marocains font preuve de fatalisme, ou de résilience. « Chaque jour, Dieu apporte une épreuve. C’en est une de plus », constate Zhor. Non loin d’elle, un gardien de parking, Abdelhadi, s’active tout près des splendides murailles de la ville. « Ma maison à Marrakech s’est en partie effondrée. Je vis dans la rue ! Et toute une partie de ma famille est à l’hôpital », décrit-il. Sa journée de travail ressemble pourtant à tant d’autres. Il faut bien nourrir sa famille. Et il retournera ce soir, peut-être pour quelques nuits encore, dans la rue.

« Pourquoi je n’ouvrirais pas ? », lance Mohamed un vendeur de valise. « Ce genre d’événements, ça appartient à Dieu. Ça pourrait se passer aujourd’hui, demain, n’importe quel jour », assure-t-il. Le bâtiment au-dessus de lui est intact. Mais à seulement 20 mètres de là, une façade entière s’est répandue sur le sol.

Beaucoup de touristes ont aussi décidé de rester, malgré les circonstances. Christine et Isabelle, deux touristes françaises, la cinquantaine, logent dans « une sorte de petite oasis », à 30 km de Marrakech. « Le premier son que nous avons entendu, c’est comme si un avion était passé au-dessus de la villa. Puis les secousses ont démarré, au point que l’eau de la piscine a envahi notre chambre », décrivent-elles. Plus proches de l’épicentre, elles ont constaté les dégâts dans les villages alentour. « La cuisinière de la villa a perdu sa maison, racontent les deux Françaises. Et, dans le village le plus proche, trois personnes sont décédées. »

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