Prévu pour se dérouler le 16 décembre dernier, le 8e congrès du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA)  qui devait désigner le successeur de feu Henri Konan Bédié, à la tête du parti, n’a finalement pas eu lieu.

Et pour cause : deux militants du parti, dénonçant des irrégularités dans l’organisation même du congrès, ont saisi la Justice. Cette dernière, in extremis, a ordonné la suspension dudit congrès au motif que sa tenue pourrait « engendrer des troubles à l’ordre public ».

De quoi provoquer le courroux des nombreux militants du parti qui avaient fait le déplacement d’Abidjan pour la circonstance. En fait, même si l’on peut regretter le fait qu’ils aient attendu à la dernière minute pour saisir la Justice, la démarche des deux militants dont on dit qu’ils ont été stipendiés par des cadres tapis dans l’ombre, est tout de même à saluer.

Car, elle traduit une certaine vitalité démocratique au sein du plus vieux parti politique de Côte d’Ivoire. C’est le lieu donc d’inviter le comité d’organisation à prendre en compte les griefs formulés par les uns et les autres en vue de la tenue d’un congrès dans des conditions optimales. L’idéal aurait été de faire l’économie de l’intervention de la Justice dans les affaires internes du PDCI-RDA.

Mais le mal étant déjà fait, il faudra travailler à sauver ce qui peut l’être encore au risque d’enterrer le parti avec son père fondateur qu’est Henri Konan Bédié. Certes, les querelles de succession paraissent, somme toute, normales dans un parti ; tant elles sont l’expression des ambitions des uns et des autres.

Mais elles doivent être canalisées pour ne pas fragiliser le parti surtout à l’orée d’une présidentielle qui s’annonce très ouverte. Du reste, on avait même espéré qu’au regard des enjeux du moment, le PDCI-RDA irait uni à son 8e congrès et que le choix du nouveau président du parti se ferait sans couac ni anicroche.

 Le PDCI-RDA a tout intérêt à bien négocier le virage de la succession de Henri Konan Bédié

 C’était malheureusement sans compter avec les frustrations qu’enduraient certains militants du parti qui n’ont pas manqué de les exprimer publiquement. Toutefois, il ne faudrait donc pas que la vitalité démocratique qui permet aux uns et aux autres de se faire entendre, prenne finalement le pas sur la discipline. Toute démarche ou toute initiative doit participer au renforcement de la cohésion au sein du parti. 

En tout cas, le PDCI-RDA a tout intérêt à bien négocier le virage de la succession de Henri Konan Bédié. A défaut d’un consensus autour d’un des candidats en lice, il faudra travailler à ce que les élections se déroulent dans la plus grande transparence. Pour ce faire, il faut respecter les textes. Il y va de la survie du parti surtout par ces temps qui courent où les adversaires politiques, on le sait, ne dorment que d’un seul œil.

A preuve, certains ont vite franchi le pas en affirmant que la décision du juge suspendant le congrès du PDCI-RDA, relève « d’un coup monté » du pouvoir visant à écarter Tidjane Thiam qui, s’il est élu président du parti, pourrait être candidat à la prochaine présidentielle et tenir la dragée haute au porte-étendard du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et le progrès (RHDP). Vrai ou faux ? On ne saurait y répondre. Toujours est-il qu’en politique, tous les coups sont permis.

Boundi OUOBA

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