Madame Diallo Binta Anais, propriétaire gérante de la maison de couture Bintacreation, un exemple d’abnégation et de sérieux du travail bien fait. De couturiere a chef d’entreprise.

Dans le cadre de la valorisation des métiers du secteur dit informel, nous avons rencontré madame Diallo Binta Anais, propriétaire de l’établissement BINTACRÉATION, pour mieux connaitre son métier. Nous lui avons posé 4 questions.
4 QUESTIONS A MADAME DIALLO, PROPRIÉTAIRE GÉRANTE DE BINTACRÉATION
BONJOUR MME DIALLO. COMMENT DÉFINIRONS-NOUS LE MÉTIER DE COUTURIER OU DE COUTURIERE?

Le métier de couturier consiste à créer des vêtements de toutes sortes. Le couturier est chargé de concevoir de nouveaux modèles, , de retailler des vêtements trop larges… Toutes les interventions qu’il ou elle réalise peuvent être faites à la main ou avec une machine à coudre.
Mais je voudrais préciser que je ne suis pas à la base une couturière, je suis styliste. C’est à dire que je m’’occupe de la création et du design d’un vêtement. Je définis le style du modèle, les tissus, les couleurs et les motifs textiles, en faisant des croquis. Et j’ai un modéliste qui est chargé de créer le patron du vêtement, à partir de ce dessin. Et enfin le chef d’atelier, qui est maitre-couturier qui est chargé avec son équipe de confectionner les vêtements. C’est toute une équipe qui collabore au quotidien, de la commande au produit fini. Il y a également l’équipe commerciale, Zainab et Mariama qui sont chargées de trouver les clientes et de suivre la tendance. Ce sont elles qui rythment la vie de l’entreprise. Elles font ce qu’elles appellent le « marketing direct ». Elles participent à toutes les cérémonies de mariage ou manifestations d’envergure, bien vêtues, sortes de mannequins, pour dénicher de nouvelles clientes et pour suivre les nouvelles tendances.

Le chef d »atelier Monsieur DIOP.
MAMADOU, COUTIRIER SPÉCIALISTE DE BRODERIE

LE MÉTIER NOURRIT-IL SON HOMME OU DISONS SA FEMME ?
Je dirai sans hésiter, oui. J’ai monté mon business avec 2 machines U20. Juste pour la couture directe, pas de machine pour la broderie, pas de surfileuse, pas de machine pour écrire ou faire des motifs sur les vêtements, pas d’ordinateur de confection. Aujourd’hui, j’ai toute la gamme indispensable au métier. J’ai une dizaine de U20, des ordinateurs pour la création assistée par ordinateur, des machines pour broderie et des surfuleuses pour des meilleures finitions.
Seule avec mon maitre couturier à mes débuts, j’ai aujourd’hui une PME de 14 employés. Je rends gloire à Dieu. Je réussis à satisfaire mes besoins de base et à faire du social en aidant les proches. J’ai quelques biens. Alhamdoulilah comme on dit chez nous. A court terme mon ambition, mon projet est d’ouvrir mon École de formation pour transmettre aux plus jeunes le peu que je sais, pour assurer la relève.

UNE VUE PARTIELLE DE LA SALLE DE CONFECTION

QUELLE EST LA PÉRIODE DE L’ANNÉE OU VOUS ETES LE PLUS OCCUPÉS ?
Contrairement a la généralité, nous sommes spécialisés dans le Bazin, et la dentelle, et ce qu’on appelle le tissu sénégalais. Vous devinez aisément que notre grosse clientèle ce sont les femmes Dioulas, disons musulmanes.. il est claire donc que nos périodes de grosses occupations, ce sont les périodes des deux grosses fêtes musulmanes, soiient Ramadan et Tabaski et la période de mai a juillet dite la «période des mariages». La période des fêtes de décembre, fêtes chrétiennes, sont au contraire, nos périodes creuses.

QUELS CONSEILS POUR LES JEUNES ?
Il ne faut pas tomber dans la facilité ni suivre des hommes pour le matériel, il n’y a aucun avenir dans cette voie. Il faut chercher son indépendance en apprenant un métier.
Le Gouvernement ne peut pas créer des emplois pour tous mais avec un métier tout le monde peut s’en sortir.
Les statistiques révèlent que 80%des emplois en Cote d’Ivoire viennent du secteur dit informel comme le nôtre. I l y a donc des raisons d’espérer. Je veux être un modèle pour les générations futures.
Il faut également arrêter de perdre son temps sur les réseaux sociaux. Je n’y vais pratiquement pas. Sans aucun doute parce que ma clientèle, d’un certain âge, et surtout qui ne sait ni lire ni écrire ne s’y trouve pas. Ma clientèle, analphabète mais fortunée, se trouve dans le commerce et dans les cérémonies, donc le « marketing direct »
NOUS SOMMES AU TERME DE NOTRE ENTRETIEN. NOUS AVONS ÉTÉ HEUREUSE DE VOUS RENCONTRER. MERCI DE NOUS AVOIR RECU.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR SOUKHÉINA HAIDARA

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