Qui aurait une seule fois pensé que son nom serait évoqué quand on parlerait des potentiels successeurs du président Ouattara ?

Aujourd’hui le nom de Kandia Kamissoko Camara (KKC) figure sur la “short-list” de ceux qui pourraient porter les couleurs du parti au pouvoir en 2025 si le président Ouattara ne se représentait pas, comme cela semble se dessiner. On peut même dire qu’elle figure en tête de liste. Qui l’eût cru ? Qui aurait pensé qu’elle serait citée un jour parmi les potentiels successeurs du président Ouattara ?

Aujourd’hui, le seul fait que dans son camp on songe à elle pour la relève du président, le seul fait que la carte Kandia Camara soit visible sur la table, est déjà en soi une victoire pour cette femme. Quand on sait que son bagage intellectuel est des plus précaires, qu’il a toujours suscité la polémique, quand on se réfère à sa diction dans les premières années du régime, ses expressions qui suscitaient les railleries, on ne peut qu’avoir peut être pas la plus grande admiration, mais le plus grand respect pour la combativité et la ténacité de cette femme. Oui cette femme impose le respect désormais. Qu’il est loin le temps où on la qualifiait d’analphabète, où son ton rugueux et dur exaspérait, où elle semblait faire du surplace parmi ses collègues du gouvernement, qui ne voulaient pas toujours s’afficher avec elle. Désormais bien à sa place, elle est visiblement prête pour de nouveaux challenges.

Ministre de l’éducation nationale, ministre des affaires étrangères, présidente du Sénat aujourd’hui et maire d’Abobo depuis 2021, KKC accumule les postes prestigieux. Notons qu’elle fut un moment Secrétaire Général du parti présidentiel, le poste le plus important après celui de président de la formation. Oui cette femme a parcouru du chemin, comme on l’a dit dans un précédent article, elle a percé les plafonds les uns à la suite des autres, pour aujourd’hui être en mesure d’atteindre le sommet.

Ce qui est caractéristique chez KKC, c’est d’abord sa détermination, elle semble n’être effrayée par aucun challenge, toujours portée sur l’offensive, toujours prête à en découdre. Décrite comme tenante de la ligne dure, KKC est une personne qu’on ne peut “rouler dans la farine” comme on le dit. Elle sait ce qu’elle veut, et semble toujours animée de la détermination d’aboutir. Elle ne trahit pas ses convictions, exécute le boulot qu’on lui demande, et le fait de tout cœur. C’est cela qui l’a amené là où elle se trouve, c’est ce qui lui a permis de “nager contre-courant”, malgré des handicaps certains au départ. Fidèle parmi les fidèles du président, on dit ce dernier impressionné par la force qu’elle dégage.

Kandia Kamissoko Camara : une force de caractère certaine

Pour autant pourra-t-elle tenir un pays comme la Côte d’Ivoire à l’histoire complexe ? Les déclarations qui sont faites ici et là montrent que les fantômes du passé rôdent toujours. Un pays qui doit aussi faire face à des défis à l’extérieur, notamment la menace djihadiste, et cette contagion putsch dans la sous-région ? Pourra-t-elle tenir l’armée et éviter au pays de connaître une “transition” à l’issue incertaine ? Pourra-t-elle tenir fermement la barque ? En un mot pourra-t-elle s’imposer ?

Kandia Camara a toujours été une personne de défi. Elle a montré à plusieurs reprises que sa main ne tremble pas quand il s’agit d’être ferme. Comme on le dit dans le langage populaire, “il faut s’y prendre un peu tôt pour réussir à lui faire peur”. Disons-le encore une fois, ce n‘est pas une personne qu’on peut ‘’mener par le bout du nez’’. Si elle prend sans tarder la mesure de la fonction, si elle est bien entourée et parfaitement coachée, alors elle pourra assez rapidement assumer les responsabilités de la charge quelles qu’elles soient.

Le 10 Juillet 2017 KKC est faite Secrétaire Général du parti au pouvoir, au Parc des Sports d’Abidjan. Presqu’en pleurs dans les bras du président. Va-t-elle finir par lui succéder à la tête de l’Etat ?

Son principal rival à ce stade reste le ministre de la défense et jeune frère du président, Téné Birahima Ouattara. Alors qu’il était sur une pente ascendante, l’homme a par la suite grillé ses cartes dans l’affaire des 49 soldats. Son étoile est désormais devenue pâle. Il a caché des choses à son frère aîné, ce dernier les ayant apprises par la presse, et cela il ne

l’a pas apprécié. Le regard du président sur lui a changé depuis. L’affaire a laissé des traces dans leurs relations, si bien que Téné Birahima est devenu “tout petit dans son coin”.

Cependant son poids est tel qu’il va continuer à chapeauter la défense quel que soit le successeur de son frère (à condition bien entendu que le pouvoir ne change pas de camp). On parle aussi du Président de l’Assemblée Nationale-Adama Bictogo, dans cette course à la succession. L’homme multiplie certes les apparitions et les postures “présidentielles”, mais pour l’instant il ne pèse pas grand-chose, et sur le plan judiciaire, l’homme traîne des casseroles derrière lui.

Kandia Kamissoka Camara va-t-elle porter les couleurs du parti au pouvoir en Octobre 2025 si le président décide de “ne pas y aller” ? La chose se situe dans le champ des possibles, avec une probabilité croissante. Comme cela a déjà été dit, le seul fait que son nom soit évoqué pour la relève du président Ouattara, est déjà en soi une victoire pour “la fille de Boundiali”. Après avoir déchainé les passions, Kandia Camara apparaît moins clivante désormais. Elle a visiblement acquis de la maturité. Aujourd’hui, tout au fond d’eux-mêmes, les Ivoiriens “l’aiment bien “. Même si la “compétition” n’a pas encore été lancée, cette femme de 64 ans qui dit-on a conservé son âme d’enfant tout au fond d’elle, mérite qu’on lui dise “bravo” pour le chemin parcouru, et “bonne chance” pour la suite.

Douglas Mountain
oceanpremier4@gmail.com
Le Cercle des Réflexions Libérale

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