La réaction de l’opposant après l’annonce du président Macky Sall de ne pas briguer un troisième mandat était très attendue.

« Il n’y aura pas d’élection dans ce pays, ou alors ce sera dans un chaos indescriptible si par des combines judiciaires le président Macky Sall voulait empêcher ma candidature », a prévenu l’opposant sénégalais Ousmane Sonko, le leader du Pastef, dans un entretien sur la chaîne France 24. Ces propos interviennent quelques jours après que le président Macky Sall a annoncé qu’il ne pas briguerait pas un troisième mandat lors de la présidentielle de 2024, après une année de tensions dans le pays.

Pas de mots assez durs pour qualifier Macky Sall

Ousmane Sonko est perçu comme le plus farouche opposant du président Sall depuis qu’il est arrivé à la troisième place lors de l’élection de 2019. Mais il a été condamné il y a un mois à deux ans de prison ferme dans une affaire de mœurs. Cette condamnation le rend en l’état actuel inéligible. Elle a engendré début juin les troubles les plus graves depuis des années au Sénégal, faisant 16 morts selon les autorités et une trentaine selon l’opposition.

Prenant la parole pour la première fois, Ousmane Sonko a estimé que Macky Sall a renoncé à une troisième candidature, « non pas parce qu’il est un démocrate » mais à cause de la « pression populaire et internationale ». Selon lui, il n’y a pas de raison de le « féliciter » pour cela.

Malgré « l’acharnement » du pouvoir pour l’éliminer de la course à la présidentielle selon lui, le leader du Pastef s’est dit « prêt à pardonner », et même à « oublier », s’il peut participer à l’élection. « Nous lui (Macky Sall) souhaitons de terminer ce mandat en beauté et de pouvoir partir dans la sérénité », a-t-il ajouté, réclamant des élections « libres », « transparentes » et « inclusives ».

Il a affirmé qu’il n’y avait aucun contact « officiel » ou « officieux » entre lui et le chef de l’État. Il s’est dit prêt « à faire des sacrifices » pour « apaiser » le pays, mais a rappelé qu’il ne discuterait pas « le couteau sous la gorge ».

Sur sa situation, Ousmane Sonko s’est dit bloqué par les forces de sécurité chez lui à Dakar, « séquestré » selon lui, depuis le 28 mai. Il est toujours sous la menace d’une arrestation.

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