Par ALAIN LOBOGNON, abcien ministre, via X

J’ai rencontré le Président Koné Mamadou après sa nomination en Conseil des Ministres le 30 janvier 2004, en qualité de président de la Commission nationale de supervision de l’identification, en abrégée CNSI, prévue par l’accord politique de Linas Marcoussis.

Premier vice-président élu de cette commission, j’étais régulièrement à ses côtés pour soit préparer nos réunions, soit échanger sur l’actualité. Nos sujets favoris portaient la plupart du temps sur les problèmes de l’état-civil ivoirien.

C’est auprès de lui que j’ai acquis le plus de connaissances sur la problématique de l’état civil en Côte d’Ivoire. Et c’est sans peine que, suite à son entrée au Gouvernement le 28 décembre 2005, j’assurai durant quelques mois, l’intérim de la CNSI.

Un jour, alors que nous parlions de l’acquisition de la nationalité ivoirienne par le mariage, et de la méconnaissance de leurs droits par certaines femmes ivoiriennes mariées à des non-Ivoiriens, le président Koné Mamadou me fit la confidence d’une démarche personnelle auprès du Conseil supérieur islamique.

Notons au passage qu’il était un haut cadre de la communauté musulmane et très écouté par les chefs religieux. Il parlait du mariage religieux, prévu par la Loi de 1964 qui prévoit de célébrer le mariage civil avant le mariage religieux. En rappelant que seuls les mariages chrétiens respectent les dispositions de cette loi, le président Koné Mamadou fit observer aux guides musulmans qu’il était de leurs responsabilités de réparer une injustice qui était faite à la femme musulmane, à savoir régulariser son statut marital en l’épousant d’abord devant le maire avant l’organisation de la cérémonie religieuse.

Pour lui, de nombreuses femmes qui se croyaient officiellement mariées par le seul mariage religieux à la mosquée, se sont retrouvées célibataires au regard de la loi, parce que leur union n’a jamais été scellée conformément à la loi ivoirienne. Il avait régulièrement rencontré cette situation dans le cadre de sa fonction de magistrat. Il l’avait exposé aux guides religieux. Malheureusement, ceux-ci ont refusé de le suivre dans sa position.

À ce jour, le problème n’a pas encore été réglé en Côte d’Ivoire. Belle sera sa victoire le jour où le mariage religieux musulman sera organisé après le mariage légal devant le Maire.

Alain LOBOGNON

Advertisement

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici