L'UE se dote d'un plan migratoire pour l'Atlantique et la Méditerranée  occidentale | Monde | 7sur7.beLe vote de la loi en 2015 avait entraîné une «baisse significative des arrivées irrégulières et du nombre de morts dans le désert», a rappelé Bruxelles.

La commissaire européenne aux Affaires intérieures Ylva Johansson s’est dit mardi 28 novembre «très préoccupé» par l’abrogation par le régime militaire nigérien d’une loi criminalisant le trafic de migrants dans ce pays qui est une plaque tournante vers l’Europe.

Lire aussi: Le Niger répond à Bruxelles en abrogeant la loi anti-migratoire

«Je suis très préoccupée par la situation. Il y a un gros risque que cela cause des décès (de migrants) dans le désert, c’est le point le plus préoccupant», a déclaré la commissaire suédoise, ajoutant que cela pousserait aussi «probablement» plus de migrants à se rendre en Libye et à «tenter de traverser la Méditerranée» vers l’UE.

Coup d’État

Elle a rappelé que le vote de la loi au Niger en 2015 avait entraîné une «baisse significative des arrivées irrégulières et du nombre de morts dans le désert». L’UE a fermement condamné la prise de pouvoir le 26 juillet au Niger par les militaires, qui retiennent depuis captif le président élu Mohamed Bazoum. Dans la foulée du coup d’État, l’UE avait suspendu son aide budgétaire au pays sahélien et cessé toute coopération sécuritaire.

Le régime militaire nigérien a annoncé lundi soir avoir abrogé la loi de 2015, affirmant notamment qu’elle «érige et incrimine en trafic illicite certaines activités par nature régulières» et qu’elle a «été votée sous l’influence de certaines puissances étrangères». «Nous avions par le passé une très, très bonne et très, très étroite coopération avec le Niger», a souligné Ylva Johansson, qui s’était rendue dans ce pays en février 2022, notamment à Agadez (nord).

Le Niger, qui accueille sur son sol de nombreux migrants et réfugiés de pays voisins, était considéré comme un partenaire clé par l’UE dans la gestion des flux migratoires et la stabilisation de la région. La loi abrogée prescrivait des peines «d’un à 30 ans de prison» et «des amendes de 3 millions à 30 millions de francs CFA» (4.500 à 45.000 euros) contre les trafiquants. Depuis son entrée en vigueur, et avec l’appui financier de l’Union européenne (UE), la surveillance, y compris militaire, avait été renforcée dans le désert de la région d’Agadez (nord), important point de transit pour des milliers de ressortissants ouest-africains candidats à l’émigration vers l’Europe, via l’Algérie ou la Libye.

Advertisement

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici