Alors que l’ultimatum de la Cédéao a expiré dimanche soir, un sommet extraordinaire de l’organisation est convoqué ce jeudi au Nigeria.

Aucun déploiement de troupes n’était observé lundi soir au Niger, où le calme régnait dans la capitale, Niamey, au lendemain d’un ultimatum exigeant le retour à l’ordre constitutionnel après un coup d’État, sous peine d’usage de la force.

La priorité est encore à la diplomatie. Une intervention militaire immédiate pour rétablir le président Mohamed Bazoum, renversé le 26 juillet, n’est pas envisagée à ce stade, a affirmé à l’AFP une source proche de la Cédéao (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest), qui avait donné une semaine aux putschistes pour céder le pouvoir. Un sommet «extraordinaire» des dirigeants de ses pays membres se tiendra jeudi à Abuja, la capitale du Nigeria, pays voisin du Niger où les chefs d’états-majors des armées des pays de la Cédéao ont mis au point la semaine dernière les détails d’une éventuelle intervention militaire.

En dépit d’une fin de non- recevoir des auteurs du coup d’État – le septième en trois ans dans cette région du Sahel -, la voie du dialogue est toujours de mise. Depuis sa résidence de vacances à Brégançon, Emmanuel Macron, de son côté, multiplie, selon une source diplomatique, les appels téléphoniques aux dirigeants africains. Le Niger est un allié privilégié de la France et des États-Unis, qui y déploient respectivement 1500 et 1100 soldats engagés dans la lutte contre les djihadistes armés qui minent ce pays et la région.

Voix dissonantes

«Comment aider logistiquement les pays de la Cédéao sans apparaître comme partie prenante à une intervention militaire est le dilemme du chef de l’État», explique un diplomate. D’autant que des voix opposées à une telle intervention militaire se sont, encore, fait entendre lundi. Après le président algérien Abdelmadjid Tebboune, les sénateurs du Nigeria ont appelé à renforcer «l’option politique et diplomatique», tandis qu’au Sénégal, certains opposants ont à leur tour affiché leur réprobation.

En Europe, le ministre des Affaires étrangères italien, Antonio Tajani, a averti que le Vieux Continent «ne peut pas se permettre un affrontement armé, nous ne devons pas être vus comme de nouveaux colonisateurs»«Il n’est pas dit qu’on ne trouvera pas une solution qui ne soit pas la guerre», a-t-il ajouté au quotidien La Stampa.

À Berlin, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a également fait valoir «que les efforts de médiation n’en sont qu’à leurs débuts parce que les sanctions commencent à produire leurs effets»«Nous continuons d’espérer que les putschistes répondront aux efforts de médiation de l’Union africaine et de la Cédéao et nous sommes en contact étroit avec ces deux organisations au sujet des prochaines étapes» de la crise, a encore assuré Sébastien Fischer lors d’un point de presse.

Dimanche soir, «face à la menace d’intervention qui se précise à partir des pays voisins», le Niger avait annoncé la fermeture de son espace aérien. «Toute tentative de violation de l’espace aérien» entraînera «une riposte énergique et instantanée», avertissent les militaires ayant pris le pouvoir à Niamey. Dans le même temps, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP, qui a pris le pouvoir) affirmait qu’un «prédéploiement pour la préparation de l’intervention a été fait dans deux pays d’Afrique centrale», sans préciser lesquels. «Tout État impliqué sera considéré comme cobelligérant», menaçaient les putschistes.

De son côté, l’armée malienne a annoncé lundi l’envoi à Niamey d’une délégation officielle conjointe avec le Burkina Faso, pour «témoigner de la solidarité des deux pays au peuple frère du Niger». Le Burkina et le Mali, voisins du Niger, gouvernés eux aussi par des militaires et également confrontés à la violence des groupes djihadistes, répètent depuis une semaine qu’une intervention armée serait «une déclaration de guerre» à leurs pays. Ils sont tous les deux soutenus par la Russie.

Alors que le président Bazoum est toujours retenu prisonnier, la ministre des Mines, Ousseini Hadizatou, a été remise en liberté pour «des raisons médicales», selon un membre de son entourage. Mais «toutes les autres personnalités, ministres et responsables politiques arrêtés sont toujours détenus», selon une source proche du parti du président déchu.

Alors qu’un répit de quelques jours semble se dessiner, le temps ne joue pas, forcément, en faveur des partisans d’une intervention militaire. «Ils ne veulent pas laisser, en effet, la junte s’enraciner au pouvoir», conclut un militaire français.

 

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