Dimanche dernier, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) avait donné sept jours aux militaires qui ont renversé le président élu Mohamed Bazoum pour le rétablir dans ses fonctions. Mais alors que la fin de l’ultimatum approche, ce dimanche, les généraux qui ont pris le pouvoir ne semblent pas décidés à laisser la place. Et au sein de la Cedeao des voix s’élèvent contre une intervention militaire ainsi que du côté des pays frontaliers au Niger.

C’est aujourd’hui la fin de l’ultimatum posé par le bloc ouest-africain, accentuant l’incertitude au sujet d’une éventuelle intervention militaire de celui-ci au Niger. Dimanche dernier, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) avait donné sept jours aux militaires qui ont renversé le président élu Mohamed Bazoum pour le rétablir dans ses fonctions, sous peine d’utiliser « la force ». Mais alors que l’ultimatum arrive à échéance ce dimanche soir, les généraux qui ont pris le pouvoir le 26 juillet à Niamey n’ont montré aucune volonté de céder la place.

Des contours d’une possible intervention militaire ont d’ores et déjà été « définis » vendredi par les chefs d’Etat-major de la Cedeao. « Tous les éléments d’une éventuelle intervention ont été élaborés lors de cette réunion, y compris les ressources nécessaires, mais aussi la manière et le moment où nous allons déployer la force », a déclaré à la presse le commissaire chargé des Affaires politiques et de la Sécurité, Abdel-Fatau Musah. Samedi, la France a, elle, indiqué qu’elle appuyait « avec fermeté et détermination » les efforts de la Cedeao pour faire échouer la tentative de putsch. « Il en va de l’avenir du Niger et de la stabilité de toute la région », a souligné le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué. La cheffe de la diplomatie française Catherine Colonna a également affirmé sur France Info qu’il fallait « prendre très au sérieux la menace de recours à une intervention » de la Cedeao.

En outre, certaines armées comme le Sénégal se sont dites prêtes à participer. Une source proche de la délégation ivoirienne à Abuja a également évoqué un envoi de forces armées, sans préciser le nombre éventuel d’hommes mobilisés.

Des voix appellent à privilégier l’option diplomatique

Mais des voix s’élèvent contre une telle option. À commencer par celle du Forum des sénateurs du nord au Niger. Son porte-parole, Suleiman Kawu Sumaila, a alerté sur le fait que « les victimes seront des citoyens innocents qui vaquent à leurs occupations quotidiennes », ajoutant que les habitants du nord du pays, seraient « affectés négativement ».

Au Nigeria, poids lourd de la Cedeao avec ses 215 millions d’habitants et qui partage une frontière de 1.500 km avec le Niger, des sénateurs nigérians ont appelé le président Bola Tinubu à « renforcer l’option politique et diplomatique ». Selon la presse nigériane, ils sont une majorité à avoir exprimé leur opposition à une opération militaire, lors d’une réunion à huis-clos. Or, selon la Constitution du pays, les forces de sécurité ne peuvent combattre à l’étranger sans l’aval préalable du Sénat, sauf exception en cas de « risque imminent ou danger » pour la sécurité nationale.

Un point de vue que l’on retrouvé aussi en Algérie qui, si elle n’est pas membre de la Cedeao, partage néanmoins près de 1.000 km frontière avec le Niger. Samedi soir, son président, Abdelmadjid Tebboune, a estimé à la télévision publique qu’une intervention serait « une menace directe » pour son pays. « Il n’y aura aucune solution sans nous (l’Algérie) », a-t-il ajouté, craignant que « tout le Sahel (ne) s’embrase » en cas d’intervention.

Le Burkina Faso et le Mali en soutien au Niger

D’autant qu’à Niamey, les militaires ont de leur côté promis cette semaine une « riposte immédiate » à « toute agression ». Et ils pourraient compter sur le soutien de deux voisins: le Burkina Faso et le Mali qui ont prévenu qu’ils seraient solidaires du Niger et que toute intervention armée serait considérée comme une « déclaration de guerre » à leur encontre.  Ces pays également dirigés par des militaires sont toutefois confrontés, comme le Niger, à des violences jihadistes récurrentes qui mobilisent leurs troupes.

« Il faut empêcher le scénario catastrophique d’une guerre », a alerté de son côté un collectif de chercheurs, spécialistes du Sahel, dans une tribune publiée samedi soir dans le quotidien français Libération« Une guerre de plus au Sahel n’aura qu’un vainqueur : les mouvements jihadistes qui depuis des années construisent leur expansion territoriale sur la faillite des Etats », ont-ils écrit.

 

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