Dans un communiqué publié ce vendredi, Haut-commissaire en charge des droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk, a exprimé ses vives inquiétudes sur la situation qui prévaut au Niger depuis le coup d’État militaire du mois dernier, appelant dans la foulée la junte militaire à rétablir immédiatement l’ordre constitutionnel et à libérer l’ancien président Bazoum Mohamed.

« Le Niger est l’un des pays les plus pauvres du monde, et est extrêmement vulnérable au changement climatique. La population a déjà subi beaucoup d’épreuves au fil des ans », a déclaré Volker Türk, pour qui, « aujourd’hui, même les personnes élues par la population du Niger pour construire une voie permettant de mettre fin à leur dénuement ont été destituées par la force et sont détenues par les responsables du coup d’État remettant ainsi en cause l’ordre constitutionnel ». Pour le chef des droits de l’homme des Nations unies, « elles doivent être libérées immédiatement et la voie de la démocratie doit être rétablie ».

Selon le communiqué, près de la moitié de la population est plongée dans l’extrême pauvreté (moins de 2,15 dollars par jour) et des millions de personnes dépendent de l’aide humanitaire. Depuis le coup d’État, poursuit le document, leur situation s’est aggravée en raison des frontières du pays qui ont été fermées, le commerce est paralysé ainsi que de graves coupures d’électricité et des prix des denrées alimentaires qui ont augmenté.

Le Haut-Commissaire a saisi l’occasion pour appeler à « un accès libre et total de l’aide humanitaire, y compris des marchandises, des vols et du personnel, afin de permettre l’entrée dans le pays de denrées alimentaires, de médicaments et d’autres produits de première nécessité ».

Dans la note, M. Türk s’est également inquiété de la décision annoncée par les putschistes de poursuivre le président Mohamed Bazoum et d’autres personnes travaillant avec lui pour haute trahison. « Cette décision n’est pas seulement motivée par des considérations politiques à l’encontre d’un président démocratiquement élu, mais elle n’a pas de fondement juridique puisque le fonctionnement normal des institutions démocratiques a été entravé », a-t-il dénoncé. Il s’est également inquiété de « la répression de l’espace civique » notamment les allégations d’intimidation contre les journalistes, l’interdiction des médias internationaux et d’autres restrictions affectant la liberté d’expression et de réunion publique.

Inquiétudes sur la tendance aux changements anticonstitutionnels en Afrique de l’ouest

Le Haut-Commissaire des droits de l’Homme des Nations unies a, par ailleurs déclaré que la tendance récente à des changements anticonstitutionnels de gouvernement par des forces militaires en Afrique de l’Ouest – le putsch du Niger est le sixième dans la région au cours des trois dernières années – est profondément troublante, et que les conséquences sont toujours supportées par la population locale. « La notion même de liberté au Niger est en jeu », a-t-il déclaré, notant par la même occasion, que la victoire de Bazoum en 2021 constituait la première transition démocratique dans l’histoire du pays, marquée par les coups d’État. « Les généraux ne peuvent pas s’arroger le droit de défier – sur un coup de tête – la volonté du peuple. La règle du fusil n’a pas sa place dans le monde d’aujourd’hui », a-t-il asséné.

Le 26 juillet, une junte militaire sous le nom du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) a pris le pouvoir au Niger en renversant le régime de Bazoum Mohamed, arrivé au pouvoir en avril 2011, à la faveur de la première alternance démocratique de l’histoire politique du pays. Depuis, et malgré les appels de la communauté internationale, l’ancien chef de l’Etat est retenu par les militaires au sein de la résidence présidentielle de Niamey, en compagnie de sa femme et de son fils. Plusieurs autres dignitaires de l’ancien régime sont aussi aux mains des putschistes qui, malgré les injonctions de la Cédéao, qui menace d’user de la force, refuse de restaurer l’ordre constitutionnel et instaurent progressivement une transition militaire à la tête du pays.

En début de semaine, le CNSP a annoncé qu’il dispose « des éléments de preuves nécessaires », pour traduire l’ancien chef de l’Etat et ses complices devant les juridictions compétentes pour « haute trahison » et « atteinte à la sureté de l’Etat ».

La semaine dernière, le Haut-commissaire des nations unies s’est d’ailleurs inquiété des conditions de détentions de la famille de l’ancien président. « Je suis extrêmement préoccupé par la détérioration rapide des conditions de détention du Président du Niger, Mohamed Bazoum, de son épouse et de son fils, détenus arbitrairement. Des rapports crédibles que j’ai reçus indiquent que les conditions dans lesquelles ils sont détenus pourraient constituer un traitement inhumain et dégradant, en violation du droit international des droits de l’homme », s’était alarmé Volker Türk, qui a tenu à rappeler aux responsables de la détention du Président, « leur obligation de garantir le plein respect et la protection de ses droits humains ainsi que de ceux de toutes les autres personnes détenues ».

AYB/ac/APA

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2 Commentaires

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