Des accessoires militaires burkinabè ont été saisies mardi dernier par des soldats en faction à la suite de la fouille d’une fourgonnette ayant transporté des effets d’un ressortissant français à l’Ambassade de France de Niamey.

La fourgonnette et les effets saisis ont été mis à la disposition des services compétents pour enquête mais l’information publiée sur la télévision nationale, en pleine tensions diplomatiques entre Paris et Niamey, a vite fait d’amplifier la polémique sur cette découverte qui continue à attiser moults interprétations.

C’est la Radio-Télévision du Niger (RTN) qui a pour la première fois diffusé l’information, dans l’édition de la soirée du journal télévisé du mardi 5 septembre 2023. D’après la même source, 16 tenues treillis, 21 tee-shirts militaires et deux paires chaussures ont été retrouvés en début de soirée du mardi 05 septembre 2023 dans une fourgonnette à l’Ambassade de France après une fouille.

En effet, précise le communiqué des autorités cité par la télévision publique, « c’est aux environs de 19h30 qu’une fourgonnette a amené des meubles et quelques matériels appartenant à un Français ayant déménagé de son domicile en ville pour l’ambassade ». Et d’ajouter qu’après « une fouille minutieuse », le véhicule a accédé à l’Ambassade, « mais à sa sortie et après une seconde fouille, les agents ont constaté ces objets ».

« La fourgonnette ainsi que les tenues ont été mises à la disposition de la brigade de recherche de la gendarmerie sous escorte de la police nationale et de la gendarmerie », a indiqué le communiqué alors que les effets retrouvés, notamment des insignes des forces armées de l’air burkinabè, ont été diffusés, pour appuyer le communiqué.

Polémiques

En pleine escalade diplomatique entre Niamey et Paris, cette annonce a vite fait d’enflammer la polémique particulièrement sur les réseaux sociaux nigériens. D’autant que ni l’ambassade de France au Niger et encore moins le propriétaire du matériel saisi, ne se sont pas encore manifestés pour donner leur version des faits.

Sur les réseaux sociaux, certains ont vu une confirmation de l’accusation faite à l’ancienne puissance de « parrainer » le terrorisme au Sahel alors que d’autres, dont la rhétorique verse plus dans la théorie du complot, y ont vu la confirmation que la France préparerait « une agression contre le Niger sous l’égide de la Cédéao », en utilisant de « subterfuges » pour infiltrer le pays.

Contactés par des médias nigériens, de sources proches des services consulaires français à Niamey, ont fait circuler, sous couvert de l’anonymat, une autre version de l’affaire. Il s’agirait, selon ces derniers, des effets d’un coopérant militaire français ayant servi récemment au Burkina avant d’être déployés au Niger.

Des images à l’appui ont été même mises à contribution pour étayer cette version sans pour autant qu’elle dissipe les diverses interprétations surtout qu’aucune source officielle n’est encore sortie brandir des arguments plausibles.

En attendant les conclusions de l’enquête ouverte par les services compétents, cette affaire est venue amplifier les tensions diplomatiques entre le Niger et la France.

Depuis plus d’une semaine et suite à l’expulsion par les nouvelles autorités nigériennes de l’Ambassadeur de France au Niger, les forces de sécurité ont imposé un quasi-embargo au niveau de la chancellerie française à Niamey. Tous les véhicules qui entrent ou qui sortent sont systématiquement fouillés par les éléments des forces nigériennes.

Le même mardi d’ailleurs, l’Ambassadeur de l’Union européenne (UE), Salvador Pinto da França, qui voulait rendre visite à l’Ambassadeur français Sylvain Itté, qui serait toujours dans l’enceinte de l’Ambassade, n’a pas pu accéder aux locaux de la résidence.

Dans une déclaration publiée hier mercredi par son porte-parole, Nabila Massrali, l’UE a dénoncé et regretté « les entraves à la liberté de circulation dont l’Ambassadeur européen, en poste à Niamey, a été victime le mardi 5 septembre alors qu’il se rendait à l’Ambassade de France ».

Dans la déclaration, l’UE rappelle qu’« au titre de la Convention de Vienne de 1961, l’Ambassadeur de l’Union européenne a été accrédité en bonne et due forme et il doit, dès lors, pouvoir mener sa mission dans le plein respect de ladite Convention ».

AYB/ac/APA


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