L’ancien Premier ministre Moussa Mara, candidat désigné de son parti à la prochaine élection présidentielle, a animé ce dimanche 7 décembre, une conférence de presse. Jamais dans l’opposition formelle, et jamais avec le pouvoir, sans être au pouvoir, Moussa Mara a encore soufflé le chaud et le froid devant les hommes de média.

« Parier sur l’échec de la transition, c’est parier sur l’échec du Mali », prévient Moussa Mara, en mettant en garde les hommes politiques qui font ce « pari suicidaire ». Selon l’ancien Premier ministre d’IBK, la transition a réveillé le sentiment patriotique en le Malien. « C’est une réussite qu’il faut préserver », a-t-il souligné. Car, dit-il, «si les Maliens sont déçus, cette fois encore, ce sera l’ouverture de la porte du désespoir ».

« La transition est menacée », a alerté Moussa Mara dans ses propos liminaires. Et de poursuivre : « des gros nuages » se forment au-dessus du Mali. Parce qu’il faut «anticiper sur ce que la transition va devenir » dans les semaines et mois à venir, Moussa Mara a fait des propositions sur ce qu’il a présenté comme les défis urgents à relever par les autorités de la transition.

Selon le conférencier, le premier défi qui peut « compromettre la réussite de la transition » est la paix entre les Maliens. Le dialogue inter-Mali notamment avec la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) est nécessaire. Pour panser les blessures, les parties au conflit doivent se parler. Moussa estime que le problème de l’électricité est le second défi qui peut compromettre la transition. « Je ne me rappelle pas, dans ma vie d’adulte, de délestage en décembre et janvier à Bamako », a-t-il affirmé. Continuer à accuser les régimes passés, assure Mara, ne résoudra pas le problème, il faut annoncer des mesures concrètes et donner un délai de patience aux Maliens.

« Nous nous enfonçons » | Mara

Sur le plan économique Moussa Mara, expert-comptable de formation et de profession, s’inquiète du taux de l’endettement de l’Etat. A ses dires, le taux d’intérêt des dettes contractées par l’Etat est passé de 4 à 5 % sous IBK à 8% sous la transition. C’est dire, selon lui, que les prêteurs font de moins en moins confiance à l’Etat. Pendant ce temps, dénonce l’ancien Premier ministre, les budgets des institutions de la République augmentent. « Nous nous enfonçons », a-t-il commenté.

Les deux derniers défis de la transition évoqués par Mara portent sur les restrictions aux libertés individuelles notamment la liberté d’expression et le retour à l’ordre constitutionnel. « On ne peut pas vouloir le rassemblement de tous et priver de parole certains acteurs » de la vie publique. « On ne mobilise pas sans libérer la parole », a-t-il ajouté. En rappelant que des Maliens sont morts pour la liberté d’expression.

Enfin, le candidat Mara pense que le retour à l’ordre constitutionnel en 2024 évoqué par le président de la transition dans son discours de l’An n’est pas clair. Sinon, comment expliquer, selon Mara, que le budget des élections n’a pas été programmé dans la Loi des finances 2024. Comment expliquer, selon Mara, qu’aucun chronogramme n’a été établi depuis le « léger report » de l’élection présidentielle annoncé septembre 2023.

Mamadou TOGOLA/maliweb.net

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