Au moment où ces lignes étaient tracées, sa mort n’était pas encore confirmée. Mais pour ce que l’on sait, c’est que son nom figurait sur la liste des dix passagers à bord de l’avion qui effectuait la liaison entre Moscou et Saint-Pétersbourg, et qui s’est écrasé ce mercredi 23 août dans la région de Tver à moins de 200 km de la capitale russe. Evgueni Prigojine, le patron du groupe paramilitaire russe Wagner, puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’est-il plus de ce monde ?  Les secours sont, pour leur part, formels :  aucune personne n’a survécu au crash. Le cofondateur de Wagner, Dmitri Outkine, figurerait aussi parmi les victimes.

Si la mort du seigneur de guerre russe à la sulfureuse réputation, venait à être confirmée, ce serait un tournant ; en effet, une page se verrait ainsi arrachée des annales de l’Histoire de ce groupe qui a et continue de cracher le feu sur plusieurs théâtres d’opération à travers le monde, et dont les méthodes continuent de susciter critiques et indignations.

Reste à s’interroger sur les causes du drame.  Serait-ce lié à une panne technique ou est-ce l’aboutissement d’un acte prémédité ?  Le scénario d’une élimination physique n’est pas à exclure, tant le patron de Wagner n’avait pas que des amis, bien au contraire.  L’on sait que le soldat qui, dans une autre vie, fut le cuisinier du président Poutine, avait maille à partir avec l’état-major russe ainsi que le ministre russe de la Défense dont il critiquait l’inefficacité dans l’opération spéciale de Moscou contre Kiev.  Qui pis, il avait mené une rébellion avec ses hommes et pris la direction de la capitale russe. Même s’il avait renoncé à cette mutinerie au bout de quelques heures, le 24 juin dernier, le patron du Kremlin qui avait senti passer le vent du boulet, a certainement très mal vécu cet épisode douloureuse, pour ne pas dire, cet affront qui lui sera sans aucun doute resté en travers de la gorge. Si « la vengeance est un plat qui se mange… froid », il est probable que Vladmir Poutine ait attendu son heure et mis tous les moyens pour s’offrir le scalp de l’indiscipliné-repenti.  En tout cas, pour l’Ukraine, le coupable de ce crime présumé, est tout désigné : l’actuel occupant du Kremlin dont sait qu’il a l’art de faire payer très cher, quiconque a le malheur de se dresser sur son chemin ou de contester son autorité.

Cela dit, ce n’est pas l’Ukraine qui pleurera la mort de Prigojine – au cas où la disparition était confirmée – ce bourreau en chef et allié de Poutine dans l’expédition punitive de Moscou contre Kiev.

Quant aux pays du continent noir où Wagner a établi ses quartiers, la question qui vient immédiatement à l’esprit, est celle de savoir quelles pourraient être les conséquences de la disparition du mercenaire en chef. En attendant d’y revenir, on sait d’ores et déjà que la nouvelle de la disparition présumée de Prigojine, ne manquera pas de remplir de joie, bien des cœurs, que ce soit à Moscou ou au-delà.

« Le Pays »

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2 Commentaires

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