Human Rights Watch appelle Ryad à « cesser immédiatement » le recours à la force meurtrière contre des migrants et demandeurs d’asile, exhortant l’ONU à enquêter sur ces allégations

Illustration : Des réfugiés éthiopiens qui ont fui les combats intenses dans leur terre natale du Tigré, préparent leur repas dans le centre d'accueil frontalier de Hamdiyet, dans l'État de Kasala, à l'est du Soudan, le 14 novembre 2020. (Crédit : Ebrahim Hamid/AFP)

Illustration : Des réfugiés éthiopiens qui ont fui les combats intenses dans leur terre natale du Tigré, préparent leur repas dans le centre d’accueil frontalier de Hamdiyet, dans l’État de Kasala, à l’est du Soudan, le 14 novembre 2020. (Crédit : Ebrahim Hamid/AFP)

Les gardes-frontières saoudiens ont tué des « centaines » de migrants éthiopiens qui tentaient de pénétrer dans la riche monarchie du Golfe en passant par sa frontière avec le Yémen de mars 2022 à juin 2023, a dénoncé l’ONG de défense des droits de l’Homme, Human Rights Watch (HRW), dans un rapport publié lundi.

Des centaines de milliers d’Éthiopiens travaillent en Arabie saoudite, empruntant parfois la « route de l’Est » reliant la Corne de l’Afrique au Golfe, en passant par le Yémen, pays pauvre et en guerre depuis plus de huit ans.

Les autorités saoudiennes contestent les faits rapportés par l’ONG. « Les allégations contenues dans le rapport de HRW selon lesquelles des gardes-frontières saoudiens auraient tiré sur des Éthiopiens traversant la frontière entre l’Arabie saoudite et le Yémen sont infondées et ne reposent pas sur des sources fiables », a déclaré à l’AFP une source gouvernementale saoudienne.

Dans son rapport de 73 pages, HRW s’appuie sur des entretiens avec 38 migrants éthiopiens ayant tenté de pénétrer en Arabie saoudite depuis le Yémen, des images satellite et des vidéos et photos publiées sur les réseaux sociaux « ou recueillies auprès d’autres sources ».

Les personnes interrogées ont parlé « d’armes explosives » et de tirs à bout portant, les gardes-frontières saoudiens demandant aux Éthiopiens « sur quelle partie de leur corps ils préféreraient que l’on tire ».

« Les autorités saoudiennes tuent des centaines de migrants et de demandeurs d’asile dans cette zone frontalière reculée, à l’abri du regard du reste du monde », a déclaré dans un communiqué Nadia Hardman, spécialiste des migrations à HRW.

Illustration : Une capture d’écran de la vidéo de migrants éthiopiens en Arabie saoudite diffusée par Human Rights Watch. (Autorisation)

Les « milliards dépensés » dans le sport et le divertissement « pour améliorer l’image de l’Arabie saoudite » ne devraient pas détourner l’attention de « ces crimes horribles », a-t-elle fustigé.

Meurtre « généralisé et systématique » 

Les ONG accusent régulièrement Ryad d’investir dans les grands événements sportifs et culturels pour « détourner l’attention » des graves violations des droits humains et de la crise humanitaire au Yémen où l’armée saoudienne est impliquée.

Le meurtre « généralisé et systématique » des migrants éthiopiens pourrait même constituer un crime contre l’humanité, estime HRW.

L’année dernière, des experts de l’ONU ont fait état « d’allégations préoccupantes » selon lesquelles « des tirs d’artillerie transfrontaliers et des tirs d’armes légères par les forces de sécurité saoudiennes ont tué environ 430 migrants » dans le sud de l’Arabie saoudite et le nord du Yémen sur les quatre premiers mois de 2022.

Le nord du Yémen est largement contrôlé par les Houthis, des rebelles combattus depuis 2015 par l’Arabie saoudite qui soutient les forces pro-gouvernement.

Des migrants ont déclaré à HRW que les forces houthies collaboraient avec les passeurs et leur avaient extorqué de l’argent ou les avaient transféré dans ce que les migrants décrivent comme des centres de détention. Ils ont affirmé que des personnes y étaient maltraitées jusqu’à ce qu’elles puissent payer un « droit de sortie ».

Les Houthis ont nié travailler avec les passeurs, les décrivant comme des « criminels ».

« Pluie » de balles 

Dans les témoignages recueillis par HRW, des migrants racontent des scènes d’horreur : « femmes, hommes et enfants éparpillés dans le paysage montagneux, gravement blessés, démembrés ou déjà morts ».

« Ils nous tiraient dessus, c’était comme une pluie [de balles] », a témoigné une femme de 20 ans, originaire de la région éthiopienne de l’Oromia, citée par l’ONG.

« J’ai vu un homme appeler à l’aide, il avait perdu ses deux jambes », mais, a-t-elle raconté, « on n’a pas pu l’aider parce qu’on courrait pour sauver nos propres vies ».

Des personnes voyageant en petits groupes ou seules ont affirmé que des gardes-frontières les avaient frappés avec des pierres et des barres de métal, selon le rapport. 14 personnes interrogées ont été témoins ou ont elles-mêmes été blessées par des tirs à bout portant, a ajouté HRW.

Certaines ont déclaré que les gardes-frontières saoudiens descendaient de leurs postes d’observation et frappaient les survivants.

HRW appelle Ryad à « cesser immédiatement » le recours à la force meurtrière contre des migrants et demandeurs d’asile, exhortant l’ONU à enquêter sur ces allégations.

Par AFP


Washington demande une enquête saoudienne sur les allégations de meurtres de migrants éthiopiens

Les Etats-Unis se sont alarmés lundi d’un rapport de l’ONG Human Rights Watch (HRW) selon lequel des gardes-frontières saoudiens ont tué des centaines de migrants éthiopiens, et ont appelé à une enquête.
 
« Nous avons fait part de nos inquiétudes concernant ces allégations au gouvernement saoudien », a précisé un porte-parole du département d’Etat.
« Nous appelons les autorités saoudiennes à conduire une enquête approfondie et transparente et à respecter leurs obligations en vertu du droit international », a-t-il ajouté.
 
Les gardes-frontières mis en cause dans le rapport n’ont pas été formés par les Etats-Unis, et n’ont pas reçu de fonds venant du gouvernement américain, a assuré le département d’Etat.
 
Washington est un partenaire de longue date de l’Arabie Saoudite, riche monarchie pétrolière. Mais la question des droits de l’homme est un point sensible, qui pousse l’administration du président Joe Biden à un exercice d’équilibriste: critiquer certaines actions de Riyad tout en cherchant à renforcer leur relation.
 
Dans un rapport, Human Rights Watch a déclaré que des gardes-frontières saoudiens avaient tiré sur des Ethiopiens traversant la frontière entre l’Arabie saoudite et le Yémen, tuant des centaines de personnes.
 
Les autorités saoudiennes ont affirmé que ces accusations étaient « infondées » et ne reposaient « pas sur des sources fiables ».   
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