La poursuite des travaux de construction d’un immeuble R+12, « au mépris des règles de sécurité », inquiète les parents d’élèves et les responsables du Collège Cours Sévigné, un groupe scolaire situé en Zone 4, dans la commune de Marcory.
Lors d’une conférence de presse animée lundi à Abidjan, l’Association des parents d’élèves de cet établissement d’enseignement primaire et secondaire français a exprimé son indignation, dénonçant l’incivisme du promoteur immobilier chargé de la conduite des travaux de cet immeuble haut de 30 mètres.
« Si nous sommes devant vous aujourd’hui, c’est parce que nos plumes et nos réseaux ne suffisent plus », a déclaré, résigné, Lombardo Cédric, président de l’Association des parents d’élèves du Collège Cours Sévigné.
Il a expliqué qu’à l’origine, ce bâtiment de 12 étages devait être construit à 4 mètres de l’établissement, mais que les travaux se déroulent à seulement 1,2 mètre, « au mépris des règles de sécurité », ce qui constitue, selon lui, un réel danger pour les élèves.
« Il y a régulièrement des débris ou du matériel qui tombent dans notre établissement », at-il fait savoir. Il a révélé que, le 23 janvier dernier, un marteau a chuté du dernier étage et est tombé à moins d’un mètre d’un collégien, occasionnant une situation qui aurait pu être dramatique.
Une situation inquiétante pour ces parents d’élèves d’autant plus que début février la chute d’un bloc de béton depuis un immeuble en construction a tué un ancien éléve de l’Institut national des arts et de l’action culturel. Selon M. Lombardo qui cite cet évènement malheureux, cela illustre les risques inhérents aux chantiers de grande hauteur en zone urbaine dense, où écoles et habitations côtoient parfois des constructions insuffisamment sécurisées.
L’arrêt des travaux ordonné mais…
À la suite d’une plainte déposée auprès des autorités, les travaux avaient été suspendus. Mais, contre toute attente, ils ont repris au mois de février. « Nous constatons actuellement le coulage de béton en hauteur, avec la réalisation d’une nouvelle dalle à plus de dix étages, et ce malgré l’arrêté ministériel et la plainte pour mise en danger d’autrui », a déploré le président de l’association des parents d’élève.
Les responsables de l’établissement s’interrogent sur l’attitude du promoteur immobilier, accusé d’ignorer un ordre d’arrêt de construction et de poursuivre les travaux sans mesures de sécurité suffisantes, tant pour l’édifice en cours d’élévation que pour les ouvriers présents sur le site.
Nous allons saisir un juge en référé afin qu’il ordonne l’arrêt des travaux de construction de cet immeuble, qui présente un danger pour nos enfants
« Nous allons saisir un juge en référé afin qu’il ordonne l’arrêt des travaux de construction de cet immeuble, qui présente un danger pour nos enfants », a annoncé M. Lombardo Cédric, président de l’Association des parents d’élèves du Collège Cours Sévigné.
El Hadji Élias, premier responsable de l’établissement, a annoncé que la direction des Cours Sévigné a saisi l’ensemble des administrations compétentes. Dans cette affaire, les parents d’élèves exigent l’arrêt effectif du chantier, la publication du permis de construire, la communication du plan de sécurité, la réalisation d’une expertise indépendante ainsi qu’une mise en conformité immédiate des travaux.
De son côté, le promoteur immobilier aurait promis de respecter une distance de trois mètres avec l’établissement et de transmettre le plan de sécurité. Saisi à la suite d’une alerte citoyenne signalant des manquements en matière de sécurité, le ministère en charge de la Construction indique que ses services ont procédé à une vérification. « Bien que régulièrement autorisé, le chantier a fait l’objet d’un arrêt immédiat des travaux. Une notification officielle a été transmise au responsable du chantier », précise le communiqué.
Jean Kelly KOUASSI















































