Les experts onusiens font également état de l’extension des zones d’influence des jihadistes au Mali. 

Un groupe d’experts des Nations Unies a présenté en début de semaine, un rapport sur la situation au Mali au Conseil de Sécurité.

Selon ce rapport, la violence contre les civils demeure un phénomène préoccupant au Mali, en particulier dans les régions de Ménaka, Gao et Mopti. Pour les auteurs dudit document, toutes les parties signataires de l’Accord au Mali (le gouvernement et les mouvements armés du Nord) recourent à la violence contre les civils. Ainsi, entre juin 2022 et mars 2023, 1 414 incidents de violence contre des civils ont été commis faisant 850 morts.

Les engins explosifs, principales armes des jihadistes 

Le rapport souligne aussi que les groupes jihadistes utilisent de plus en plus d’engins explosifs improvisés (EEI), entrainant de graves conséquences pour les civils. A en croire le document, le nombre de victimes civiles causées par l’utilisation d’engins explosifs improvisés aurait presque doublé depuis 2021(25%  de toutes les victimes causées par de tels engins), passant à 43%  en 2022 et à 44%  en 2023.
Les experts onusiens expliquent que cette tendance alarmante pourrait être due à la pression accrue exercée sur les groupes terroristes par les opérations gouvernementales contre eux. Les groupes terroristes placent de plus en plus d’engins explosifs improvisés sur les itinéraires fréquentés par les civils. Aussi, l’usage répandu d’engins explosifs improvisés est par ailleurs étroitement lié à l’exploitation des enfants, qui sont souvent employés pour les poser.
Ces armes sont plus fréquemment utilisés par les groupes terroristes dans le centre du Mali, notamment pour cibler les forces de sécurité, notamment les Forces armées maliennes et les casques bleus de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma). En février 2023, 15 incidents de ce type ont eu lieu, dont la moitié ont eu un impact sur les civils.  Ces engins explosifs improvisés constituent un obstacle important à l’aide humanitaire. D’ailleurs, fin mai 2023, 77 des 193 incidents d’accès signalés étaient dus à l’utilisation d’engins explosifs improvisés.
Les problèmes de sécurité et la peur des hostilités restent le principal défi perturbant l’accès des acteurs humanitaires et la fourniture de l’assistance. Parmi les 193 incidents d’accès signalés, 50 actes de violence ont été commis contre des acteurs humanitaires. Les acteurs humanitaires ont signalé 41 incidents de refus d’accès et sept cas de violence contre des acteurs humanitaires.
Les jihadistes étendent leurs zones d’influence 
Les experts ont aussi indiqué que les groupes jihadistes ont étendu leurs zones d’influence au Mali profitant de la mésentente, du manque de confiance et la tension entre les parties signataires de l’Accord. Lesquels, pour la première fois depuis la signature de ce document, se sont affrontés récemment à la faveur du retrait de la Minusma de sa base à Ber, localité située à une soixantaine de kilomètres au nord-est de la ville de Tombouctou et qui était depuis 2014 sous le contrôle effectif des ex-rebelles.
Le rapport révèle aussi que dans certaines zones septentrionales du Mali comme dans la région de Ménaka, les forces armées maliennes n’ont pas intervenu contre les groupes jihadistes rivaux qui se livraient à des affrontements fratricides espérant leur épuisement pour le porter le coup de grâce. Toutefois, selon les experts onusiens, cette stratégie ne s’est pas avérée concluante puisque ces groupes ont bénéficié du renfort leur permettant d’étendre leurs zones d’influence, exportant même la violence auprès de certains pays voisins du Mali comme le Burkina Faso et le Niger.
Quand l’insécurité alimente les trafics transfrontaliers 
Le rapport évoque aussi l’affaiblissement des mouvements armés impliqués dans le processus de paix contribuant au renforcement des groupes terroristes. Par ailleurs, les experts onusiens soutiennent également le fait que plusieurs zones du Mali notamment celles affectées par la crise sécuritaire continuent à alimenter le trafic de certains produits comme l’or, la drogue, le carburant, etc.
De même, ils ont déploré la liberté de mouvement accordée à des individus sous sanctions onusiennes. Le rapport cite notamment le cas de Mohamed Ben Ahmed Mahri, PDG de la compagnie de Transport « Tilemsi » qui a effectué des déplacements au Niger avec des billets d’avion à son nom et opéré des transactions financières auprès de certaines banque de la place alors qu’en vertu des sanctions de l’ONU ses avoirs devraient être gelés en plus de l’interdiction de voyager.
MD/ac/APA
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