Les premières informations laissent comprendre que «les lignes n’ont pas bougé» entre les différentes parties.

 

Le ton du Mouvement du 5 juin était aussi sec que le vent de l’harmattan. Les cinq chefs d’Etat de la CEDEAO arrivés ce jeudi 23 juillet à Bamako ont mesuré, de visu, la fracture béante entre le président Ibrahima Boubacar Keïta et le mouvement M5 RFP constitué d’un regroupement hétéroclites d’anciens ministres, de politiciens, de sympathisants islamistes. Bref, de toutes les catégories de maliens.

Le mouvement a réitéré sa demande de démission du président IBK appelant “leurs excellences, les chefs d’Etat, à s’incliner sur la mémoire des 23 victimes” des dernières manifestations. Les premières informations laissent comprendre que «les lignes n’ont pas bougé» entre les différentes parties.

A sa sortie d’audience avec la délégation de la CEDEAO, l’Imam Mahmoud Dicko a indiqué que “les lignes n’ont pas bougé”, ajoutant avec un sourire stratège “pour le moment”. Les membres du M5 n’ont pas refusé de dialoguer, a-t-il encore précisé, mais, martèle-t-il, “nul ne peut venir leur imposer ses solutions”. Le parrain du mouvement du 5 juin a exprimé son insatisfaction des recommandations faites par la délégation des chefs d’État africains. Selon la personnalité, morale du M5-RFP, “il est hors de question de se laisser gouverner par ceux qui ont été à l’origine des assassinats et des tirs à balles réelles survenus les 10, 11 et 12 juillet 2020. À l’en croire, ” le peuple malien n’est pas un peuple résigné “mais un peuple debout”…La suite sur financialafrik


Mali: les cinq chefs d’État butent sur l’opposition à Bamako, la Cédéao convoque un sommet

La mission des cinq chefs d’État ouest-africains dirigée par le président en exercice de la Cédéao Mahamadou Issoufou a pris fin jeudi soir 23 juillet. Si ce dernier ne «désespère pas» de trouver un compromis, pour l’opposition, les lignes n’ont pas évolué. La Cédéao renouvèle son soutien au président IBK.

Premier à atterrir à Bamako, le président ivoirien Alassane Dramane Ouattara prend les choses en main. Il a tout de suite un entretien au salon d’honneur de l’aéroport avec son homologue malien venu l’accueillir. Dans la ville se tiennent une petite manifestation pro-gouvernement et autre contre.

Ensuite, tour à tour, les présidents du Niger, du Sénégal, du Ghana et du Nigeria débarquent. Tous gagnent l’hôtel Marriott de Bamako. Pas de temps à perdre, l’ascenseur indique étage 9. Le huis-clos commence dans la suite du président ivoirien. C’est l’ancien chef d’État du Nigeria Goodluck Jonathan qui prend la parole. Il fait un compte rendu de sa propre mission de médiation au Mali. Ses recommandations sont validées : pas question de démission du président IBK, formation avec un gouvernement d’union nationale, avec pour le moment maintien de l’actuel Premier ministre Boubou Cissé.

Puis c’est le déjeuner des chefs d’État au palais présidentiel au cours duquel « on a franchement parlé à IBK » d’après nos informations. Retour à l’hôtel pour une rencontre avec la majorité présidentielle, la société civile et l’opposition. Mais cette dernière n’approuve pas le schéma de crise.

Bokary Treta est président du RPM, le parti présidentiel.

Nous avons rappelé l’urgence qu’il y a à mettre en place un gouvernement d’union nationale.

Pour clairifier la situation, les chefs d’États de la Cédéao, qui doivent rendre compte à leurs homologues de l’organisation qui n’avaient pas fait de déplacement, convoquent un sommet extraordinaire de l’Afrique de l’ouest ce lundi, a annoncé le président de la Cédéao, Mahamadou Issoufou. Cette fois, par visioconférence.

Le président nigérien ne désespère pas de trouver un compromis entre toutes les parties et il annonce des « mesures fortes pour accompagner le Mali ».

Je ne désespère pas, je pense qu’on trouvera le compromis. Je vous donne rendez-vous lundi prochain à l’occasion du sommet extraordinaire du sommet que nous allons convoquer. La Cédéao prendra des mesures fortes. Le départ du président IBK est sans ambiguité une ligne rouge pour la Cédéao. Faire partir le président IBK aujourd’hui, alors qu’il a été élu démocratiquement par le peuple malien serait anticonstitutionnel pour la Cédéao…La suite sur RFI