Les attaques ont fait plus de victimes civiles que militaires.

Comme chaque année depuis 2012, l’Institut pour l’économie et la paix (IEP) a publié la onzième édition de l’Indice mondial du terrorisme (GTI). C’est un document qui fournit un résumé complet des principales tendances et modèles mondiaux du terrorisme. Cette année encore, le Mali figure dans la liste des 10 pays les plus impactés par le terrorisme.

Selon ce rapport, les décès dus au terrorisme au Mali ont diminué en 2023. Ainsi, le Mali a enregistré 753 morts suite à 253 attaques survenues en 2023. Ce qui représente une baisse de 7% des attaques et une baisse de 20% des décès par rapport à l’année précédente.

Malgré la baisse des niveaux de terrorisme, les extrémistes continuent d’exploiter l’instabilité actuelle au Mali. Le pays peine encore à rétablir l’ordre constitutionnel interrompu depuis août 2020 suite à un putsch militaire. Cette situation a aussi précipité le départ des troupes internationales déployées au Mali depuis 2013 comme l’opération militaire française Barkhane et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA).

Contrairement à la plupart des autres pays de la région du Sahel, davantage de décès sont survenus dans les attaques ciblant les civils plutôt que les militaires (45% contre 35%). On remarque aussi que la frontière du Mali avec le Burkina Faso et le Niger continue d’être la zone la plus touchée par le terrorisme, avec 60% d’attaques survenues dans cette région.

Cependant, le terrorisme semble se propager vers les provinces de l’Ouest du Mali, avec des décès dans les régions de Koulikoro, Kayes et Ségou. La région de Gao, qui partage une frontière avec le Niger et le Burkina Faso, a connu le plus de décès en 2023 avec 255, même si cela représente près de la moitié des décès enregistrés dans la région en 2022. Les décès à Mopti ont reflété cette légère baisse passant de 311 à 235 en 2023.

Le rapport souligne aussi que les Forces armées maliennes et leurs partenaires russes maintiennent une présence dans les régions de l’Ouest du pays comme Koulikoro et Ségou. Toutefois, la violence augmente dans ces zones.

Par ailleurs, la principale filiale d’Al-Qaïda au Sahel, le JNIM continue d’être le groupe terroriste le plus important au Mali causant des décès qui ont plus que doublé en 2023. L’année dernière a vu également le plus grand nombre d’attaques et de décès causés par le JNIM jamais enregistré au Mali, avec 76 attaques et 263 morts.

Comme l’activité du JNIM au Mali a augmenté, celle de l’Etat islamique (EI) a diminué, avec des attaques et des décès en baisse d’un tiers et de 42% respectivement en 2023.

Cependant, 47% du total des décès au Mali de l’année dernière ont été causés par des groupes djihadistes indéterminés, qui sont susceptibles d’être des attaques non revendiquées par le JNIM ou l’EI. Les attaques visant le personnel militaire représentaient près de 56% du total des décès du JNIM au Mali en 2023.

Les attaques armées impliquant des armes à feu étaient la tactique privilégiée du JNIM en 2023, représentant 67% de ses attaques menées durant cette année au Mali. Malgré des améliorations en cours, le Mali continue de faire face à une menace importante du terrorisme. Le rapport note que « le coup d’État militaire de 2021 et l’implication ultérieure de mercenaires russes de Wagner ont exacerbé les tensions entre le Mali et la communauté internationale » dont la Communauté économique de l’Afrique de l’Ouest États (Cédéao). L’organisation sous-régionale continue de plaider pour un retour à l’ordre constitutionnel au Mali.

En septembre 2023, le Mali a formé l’Alliance des États du Sahel (AES) avec le Burkina Faso et le Niger pour renforcer la sécurité, la coopération politique et économique.

MD/te/APA

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