L’injure est devenue la chose la mieux partagée en Côte d’Ivoire. Des leaders politiques aux citoyens lambda, l’éthique et la morale ont foutu le camp et toute contradiction se règle en jurons et invectives.

Le 2 février 2019, c’est une représentante de la nation, la députée du RHDP de Tengrela, qui insultait grossièrement les femmes du PDCI. « Ibiaikissai », a-t-elle injurié en langue malinké.

L’enquête ouverte a été un feu de paille. Et voilà des propos orduriers tenus pour accabler la député du PDCI d’Abidjan-Cocody. « Yasmine bordelle », ont taggué des anonymes après avoir vandalisé, le 30 juin 2020, le siège de son groupe parlementaire baptisé Vox populi.

La violence politique et verbale s’est emparée du pays. Au cours des meetings, dans les interviews, sur les réseaux sociaux et dans les débats, les arguments ont vécu. Au profit de la hache de guerre.

Ne compte plus que le mépris souverain pour l’autre qu’il faut descendre en flèche et présenter sous toutes les mauvaises coutures. Et tous les coups, des plus bas aux plus tordus, sont permis.

La guéguerre, qui a gagné la Fédération ivoirienne de football (FIF) pour l’élection de son prochain président, vient montrer que le ver est dans le fruit. Dans l’œil du cyclone, le pays a perdu ses repères et sa boussole.

Ferro Bally