Comment, depuis 2012, ont évolué les flux financiers illicites (FFI) en Côte d’Ivoire ? Ces flux financiers illicites mesurent les mécanismes sophistiqués de facturations trafiquées et mensongères. On y trouve d’importantes transactions non déclarées ou faussement facturées au depens des finances publiques.
On y trouve aussi les facturations mensongères dans l’exportation de matières premières. La Côte d’Ivoire est ainsi, après l’Afrique du Sud, le Nigéria et le Ghana, le pays africains ayant subi d’importantes pertes que le rapport publié en début 2026, estime à environ 47,7 milliards de dollars US en fin 2022.
La Côte d’lvoire en tant que exportateur traditionnel de matières premières agricoles comme le cacao, et en forte croissance d’exportation d’or et de pétrole), voit des niveaux de plus en plus élevés de flux financiers ilicites organisés autours de son commerce extérieur, pour enrichir des personnes et des réseaux et détourner des recettes budgétaires. Cette situation suggère l’existence d’une importante fraude à la facturation, dans les secteurs d’exportation.
Des facturations erronées tant à l’importation (par exemple, la sous-évaluation des prix et quantités de marchandises pour échapper aux droits de douane) qu’à l’exportation par des sous évaluations des quantités et qualités exportées. De 2013 à 2022, selon le rapport publié le 28 janvier 2026 à Washington DC, ces flux financiers illicites s’élèveraient sur la période étudiée à 47,686 milliards de dollars US, c’est à dire, en Fcfa de fin 2022 à environ 29756 milliards de Fcfa.
À comparer au stock de la dette qui était, à cette même date estimé à 24774,4 milliards de Fcfa. Mais, me dira-t-on, ça n’a pas commencé aujourd’hui et ça ne concerne pas la seule Côte d’Ivoire, donc ce n’est pas grave. Appréciez le rapport par vous-même. Bon week-end. https://gfintegrity.org/report/trade-related-illicit-financial-flows-in-africa-2013-2022/?utm_medium=email&_hsenc=p2ANqtz-_gpkZ2EWwK6Iluf3saVUHbXpQS_4zSPA90-FwoWs1XkIteKmADeT_f0kCIGKztaj21jm1PzcEW14aKFQkoEEo3GwVpeQ&_hsmi=401026418&utm_content=401026418&utm_source=hs_email
Mamadou Koulibaly

Flux financiers illicites liés au commerce en Afrique, 2013-2022

Les flux financiers illicites constituent un obstacle majeur à la croissance inclusive et à la souveraineté économique de l’Afrique. Dans ce nouveau rapport, Global Financial Integrity présente des estimations des écarts de valeur liés au commerce pour tous les pays d’Afrique subsaharienne entre 2013 et 2022. Ce rapport met en lumière comment, au cours de la dernière décennie, des sommes considérables ont été illégalement soustraites aux économies africaines, principalement par le biais de transactions commerciales manipulées, au détriment du bien-être public et des perspectives de développement. Les données et analyses spécifiques à l’Afrique présentées montrent à la fois la concentration de ce problème dans certains pays et son impact généralisé sur l’ensemble du continent.
De fait, le continent a été un créancier net du reste du monde, les capitaux ayant fui illégalement ces dernières années dépassé l’encours de la dette extérieure africaine. Par ailleurs, ces estimations sont probablement prudentes compte tenu de la nature clandestine des transactions illicites ; les pertes réelles pourraient être bien plus importantes.
La facturation erronée, c’est-à-dire la sous-estimation ou la surestimation délibérée des valeurs des exportations et des importations sur les factures, est largement reconnue comme un vecteur majeur des flux financiers internationaux. Des études antérieures suggèrent que les erreurs de tarification à elles seules pourraient représenter chaque année entre 30 et 52 milliards de dollars de déficits de flux financiers dans le commerce africain, soit une part importante (voire plus de la moitié) du volume total de ces flux. Les exportations de matières premières de grande valeur (pétrole, or, diamants, etc.) sont particulièrement vulnérables à la facturation erronée, compte tenu du manque de transparence des prix et des déséquilibres de pouvoir entre les exportateurs africains et les acheteurs multinationaux de ces matières premières.
Points clés
- On estime à 152,9 milliards de dollars en 2022 le déficit total de valeur en Afrique subsaharienne.
- L’Afrique du Sud a enregistré le déficit commercial cumulé (sur 10 ans) le plus important avec tous ses partenaires commerciaux au cours de la période, s’élevant à 478 milliards de dollars.
- La Gambie a enregistré les écarts de valeur cumulés les plus élevés, en pourcentage du commerce total avec tous ses partenaires commerciaux, au cours de la période, à 44 %.
- Au cours de cette période, l’Afrique du Sud a enregistré le déficit commercial cumulé le plus important avec les économies avancées, s’élevant à 238,4 milliards de dollars américains.
- Au cours de cette période de 10 ans, la Gambie a également enregistré l’écart moyen géométrique le plus élevé avec les économies avancées, exprimé en pourcentage du commerce total, à 37 %.
- Aucun pays de la région ne semble avoir réalisé de progrès significatifs dans la réduction des écarts de valeur des échanges commerciaux au cours de cette période.
- Au cours de la période de 10 ans étudiée, les pays d’Afrique subsaharienne ont enregistré, en moyenne, un écart de valeur commerciale de 112,97 milliards de dollars.
Global Financial Integrity (GFI)
















































