Depuis le coup d’Etat du 26 juillet 2023 contre le président Mohamed Bazoum, le Bénin a appliqué la mesure de fermeture des frontières décidée par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

La chambre de commerce et d’industrie du Niger (CCIN) répond aux autorités du port de Cotonou. La CCIN n’accueille pas favorablement la décision de reprise des importations du Niger via le port du Bénin voisin. Dans un communiqué publié jeudi, la structure a appelé les opérateurs économiques nigériens à continuer à importer leurs marchandises par les ports et corridors exploités depuis la fermeture des frontières suite au putsch du général Abdourahmane Tiani le 26 juillet dernier. « La Chambre de Commerce et d’Industrie du Niger rappelle aux opérateurs économique que les sanctions illégales, injustes et iniques de la Cédéao demeurent, notamment celles relatives à la fermeture des frontières, avec pour objectif le blocage des transactions commerciales avec notre pays»? explique Moussa Sidi Mohamed, le président de la CCIN.

Le 27 décembre 2023, les responsables du Port autonome de Cotonou (Pac) ont annoncé la levée de la mesure de suspension des importations destinées au Niger.

La décision avait été prise en octobre dernier pour des raisons de congestion du port. « Pour des raisons d’ordre opérationnel et de congestion, les chargements des marchandises après le 25 octobre 2023 aux ports d’origine à destination du Niger sont suspendus au port de Cotonou jusqu’à nouvel ordre », pouvait-on lire dans le communiqué du directeur général du Pac, Bart Jozef Johan Van Eenoo.

Dans son dernier message sur la situation, le directeur général explique que les conditions opérationnelles de traitement des marchandises se sont nettement améliorées au port.

Cette mesure tombe à un moment où la Cédéao tente de renouer le dialogue avec le pouvoir militaire en place à Niamey.

Le Niger qui est un pays de l’hinterland recevait l’essentiel de ses importations par le port de Cotonou. Des milliers de camions chargés de diverses marchandises faisaient quotidiennement la navette sur les mille kilomètres entre Cotonou et Niamey.

Le 21 décembre passé, dans son traditionnel discours de fin d’année sur l’État de la nation devant l’Assemblée nationale, le Président Patrice Talon a indiqué qu’il souhaitait rétablir les relations avec les pays voisins dirigés par des régimes militaires. Parlant précisément du cas du Niger, M. Talon a laissé entendre que son pays était obligé de suivre les sanctions imposées par la Cedeao.

« Il est clair que le Bénin n’a jamais voulu ni souhaité que les sanctions imposées par les instances communautaires ou internationales aient pour effet de compliquer le quotidien des populations, de leur rendre la vie encore plus difficile. Nous sommes convaincus qu’il y a un temps pour condamner, un temps pour exiger et un temps pour faire le point, voire prendre acte », a déclaré Patrice Talon devant les députés béninois.

Les présidents béninois, ivoirien, sénégalais et nigérian sont considérés comme les tenants de la ligne dure de l’institution régionale contre les militaires qui ont renversé Mohamed Bazoum le 26 juillet 2023 au Niger.

RK/ac/APA

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