Au Niger, le général Tchiani se déclare à la tête du coup d’Etat en cours, la France « ne reconnaît pas les autorités » issues du putsch

L’ancien chef de la garde présidentielle compte sur le soutien de toutes les composantes de l’armée. L’UE menace de suspendre « tout appui budgétaire » et l’ONU a déjà suspendu l’aide humanitaire.

L’ancien chef de la garde présidentielle compte sur le soutien de toutes les composantes de l’armée. L’UE menace de suspendre « tout appui budgétaire » et l’ONU a déjà suspendu l’aide humanitaire.

« Le Conseil national de la sauvegarde de la patrie réaffirme sa volonté de respecter tous les engagements internationaux », a notamment déclaré le général, avant de poursuivre : « Le conseil, par ma voix, demande aux partenaires et amis du Niger, en cette étape cruciale de la vie de notre pays, de faire confiance à nos forces de défense et de sécurité, garantes de l’unité nationale, de l’intégrité du territoire et des intérêts supérieurs de notre nation. »

M. Tchiani devait sa nomination à la tête de la garde présidentielle, en 2011, à Mahamadou Issoufou, le prédécesseur de Mohamed Bazoum. Ce dernier avait décidé de maintenir le général à son poste lors de son arrivée à la tête de l’Etat, en 2021.

L’Union européenne (UE) a condamné « fermement » vendredi le coup d’Etat, et menacé de suspendre l’aide financière apportée à ce pays du Sahel, selon un communiqué du chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell. « Toute rupture de l’ordre constitutionnel aura des conséquences sur la coopération entre l’UE et le Niger, y compris la suspension immédiate de tout appui budgétaire », a-t-il dit, en estimant que le renversement du président Mohamed Bazoum était « une atteinte grave à la stabilité et à la démocratie ».

Le président français Emmanuel Macron, en déplacement en Papouasie-Nouvelle-Guinée, a également condamné « avec la plus grande fermeté le coup d’Etat militaire, parfaitement illégitime et profondément dangereux pour les Nigériens, pour le Niger, et pour toute la région. C’est pourquoi nous appelons à la libération du président Bazoum et à la restauration de l’ordre constitutionnel », a poursuivi M. Macron.

Dans un communiqué, le ministère des affaires étrangères français a par ailleurs réitéré « dans les termes les plus fermes, les demandes claires de la communauté internationale appelant à la restauration sans délai de l’ordre constitutionnel et du pouvoir civil démocratiquement élu au Niger ». La France « ne reconnaît pas les autorités » issues du putsch mené par le général Abdourahamane Tchiani et considère Mohamed Bazoum, « démocratiquement élu », comme « le seul président de la République du Niger », a affirmé le Quai d’Orsay.

Toutes les composantes de l’armée en soutien des putschistes

Des partisans des putschistes manifestent à Niamey, le 27 juillet.

L’armée nigérienne avait apporté, jeudi, son soutien aux militaires putschistes qui ont accusé la France, dont 1 500 soldats sont au Niger, d’avoir enfreint la fermeture des frontières en faisant atterrir un avion militaire à l’aéroport international de Niamey. Ils ont appelé « une fois pour toutes au respect strict des dispositions » prises par la junte.

Les militaires putschistes ont annoncé « la suspension jusqu’à nouvel ordre des activités des partis politiques » et appelé « la population au calme » après des incidents lors d’une manifestation jeudi à Niamey organisée pour les soutenir, pendant laquelle des drapeaux russes flottaient et des slogans antifrançais étaient scandés.

En dépit de l’interdiction décrétée par les militaires, une nouvelle manifestation est prévue vendredi à l’appel d’une coalition de partis d’opposition au président Bazoum, qui « tout en désapprouvant tout changement par la force, soutient les motivations » des putschistes, selon un communiqué.

Après le Mali et le Burkina Faso, le Niger, jusqu’alors allié des pays occidentaux, devient le troisième pays du Sahel, miné par les attaques de groupes liés à l’Etat islamique et à Al-Qaida, à connaître un coup d’Etat depuis 2020. Le Mali et le Burkina Faso se sont notamment tournés vers la Russie après avoir exigé le départ des soldats français de leur sol. Le putsch au Niger a été vivement condamné par les partenaires occidentaux du Niger et les Nations unies.

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