DDM- NATHALIE SAINT AFFRE SERGE AURIER AVEC LA CASQUETTE FOOTBALLEUR A TOTTENHAM EX TFC EX PSG AVEC MAITRE AIME DIAKA AVOCAT DEFEND LA FAMILLE AURIER APRES LE MEURTRE DE CHRISTOPHER AURIER FRERE DE SERGE AFFAIRE AURIER

Le footballeur Serge Aurier a perdu son frère brutalement lundi, au petit matin, abattu devant le Kin’s, un établissement de nuit toulousain (nos éditions précédentes). Trois jours après, épaulé par son avocat, Me Aimé Diaka, l’international ivoirien de football, ex-joueur du TFC et du PSG, aujourd’hui joueur à Tottenham en Angleterre, décrit ce frère qu’il pleure en famille et qu’il attend d’inhumer.

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Qui était Christopher ?

Quelqu’un de famille, de très famille. Il s’occupait de tout le monde ici moi étant loin. Il prenait soin de ma mère, de mes neveux et nièces. Il s’occupait de tout ce qui est matériel avec plaisir. J’appréciais beaucoup de savoir qu’il était là pour ma mère. Il mettait l’ambiance à la maison.

Il avait des projets ?

On avait un projet professionnel ensemble. Il était très religieux. Il avait prévu de se marier à la fin de l’année. C’est encore un projet inachevé.

Comme vous, il était footballeur mais il n’a pas percé…

Il était meilleur que moi mais j’étais plus sérieux. Le talent, il l’avait. Il avait les qualités, moi la détermination. On a fait notre chemin ensemble, on a été formés ensemble au RC Lens. Il avait vraiment plus de talent que moi. D’ailleurs à Lens, ils l’ont pris lui et pas moi d’abord. Sur le terrain, il avait un gros caractère malgré sa gentillesse. Il n’aimait pas l’injustice. Il continuait de jouer ici à Toulouse sans dire qu’il était mon frère. Beaucoup l’ont appris quand il est mort.

Quels étaient vos rapports ?

C’était mon premier supporter. On n’était pas toujours d’accord sur beaucoup de choses. Il m’envoyait beaucoup de messages dans les bons comme dans les mauvais moments. À chaque match, il m’envoyait des messages. C’est une grande perte pour moi.

Et quand vous étiez petit ?

C’était le plus aimé du côté de mon père car il était plus petit (sourire). même quand j’avais raison, je n’avais pas raison. C’était une bonne bagarre. On a toujours gardé cette énergie de se pousser.

« J’ai dû annoncer rapidement sa mort à ma mère et anticiper. Puis je suis resté toute la journée dans mon lit sans bouger. »

Vous avez reçu beaucoup de messages de soutien du monde du football…

Oui et surtout je remercie mon équipe, Tottenham. J’ai joué hier soir (N.D.L.R., mercredi soir). Les joueurs du club ont dédié le match à sa mémoire. J’en ai discuté avec l’entraîneur. Je voulais jouer car on restera toujours debout. Je voulais faire ce match-là et je l’ai fait. C’était un match à enjeu, on a gagné. Je savais que je ne serais pas tout seul sur le terrain…

Comment avez-vous appris son décès ?

Il était 7 heures. J’étais couché chez moi quand un ami m’a envoyé l’image d’un tweet. J’ai demandé s’il était avec sa copine. Mais il était venu à la maison et ressorti. J’ai dû l’annoncer rapidement à ma mère et anticiper. Je suis resté toute la journée dans mon lit sans bouger. Ça a été une journée difficile.

Que savez-vous de cette affaire ?

J’ai rencontré un des amis qui étaient avec lui. C’est une histoire de fille. Il parlait avec une ex d’il y a bien longtemps. Son nouveau copain voulait qu’il arrête. Christopher ne lui répondait pas. Il l’ignorait. Il est parti acheter à manger. Il est revenu et il lui a tiré dessus. Son ami est un brave. C’est difficile d’être avec quelqu’un et de le voir mort la seconde d’après. Je lui ai dit de ne pas s’en vouloir. C’était son jour…

Quels sentiments éprouvez-vous à l’égard du meurtrier ?

C’est une bonne nouvelle qu’il se soit rendu. C’est très intelligent de sa part. Aujourd’hui, il faut apaiser les choses. Je n’ai pas de sentiment de haine ou de vengeance. J’évolue dans un métier où il faut être calme. Je suis calme. J’ai confiance en la justice. Je suis attristé, je suis dans le regret. Je continue à pleurer la mort de mon frère.

Une marche blanche pour Christopher

Les amis et la grande famille de Christopher Aurier, 26 ans, organisent une marche blanche en sa mémoire ce samedi 18 juillet à partir de 14 heures. Lire lasuite sur LADEPECHE