Loin de faire l’unanimité aux États-Unis, l’opération a été décriée par les démocrates et des voix conservatrices.
Donald Trump s’est réjoui samedi de son triomphe militaire au Venezuela, après l’opération des forces américaines contre le président Nicolas Maduro, mais cette intervention à l’étranger pourrait l’exposer à de vives critiques aux États-Unis.
Trump dénonce depuis des années l’implication américaine sur la scène internationale.
Quand il a qualifié l’invasion de l’Irak après le 11 septembre de « stupide » il y a dix ans, Donald Trump a posé les bases d’un principe central de l’idéologie nationaliste et isolationniste de son mouvement MAGA (« Make America Great Again »).
La série d’attaques aériennes sur le Venezuela dans la nuit de vendredi à samedi et la capture du président Nicolas Maduro représentent donc un pari risqué pour le républicain. Et sans surprise, des membres du Parti démocrate ont rapidement réagi.
Le chef de file des sénateurs démocrates, Chuck Schumer, a qualifié l’opération d’« irresponsable ».
De nombreux membres du Parti républicain ont, au contraire, salué l’opération.
La porte-parole de la Maison-Blanche Karoline Leavitt a nourri l’enthousiasme avec une publication sur les réseaux sociaux tôt samedi matin, qui comportait tout simplement trois émojis : un biceps gonflé, un poing et une flamme.
« Je félicite le président Trump, nos courageux soldats et nos agents des forces de l’ordre pour cette opération incroyable », a déclaré l’élu républicain Tom Cotton.
Mike Johnson, président de la Chambre des représentants et rouage essentiel de la machine politique Trump, s’est empressé de couper court aux questions sur la légalité de l’opération militaire, assurant qu’elle était « décisive et justifiée » afin « de protéger des vies américaines ».
M. Johnson a clairement indiqué que le Congrès n’aurait pas à se réunir dans l’urgence. Les responsables de l’administration Trump « travaillent » à l’organisation de réunions qui n’auront lieu que la semaine prochaine, a-t-il précisé.
« Guerres néoconservatrices »
Des signes d’inquiétude se manifestent toutefois parmi les Républicains.
Peu après l’annonce de l’opération menée à Caracas, le sénateur conservateur Mike Lee a écrit sur X qu’il attendait « avec impatience de savoir ce qui […] pourrait justifier constitutionnellement cette action ».
Il n’y a eu, selon lui, aucune « déclaration de guerre ni autorisation d’utiliser la force militaire ».
Mike Lee a cependant rapidement changé de discours, affirmant avoir parlé avec le secrétaire d’État Marco Rubio et avoir reçu l’assurance que l’opération visait simplement à procéder à l’arrestation de Nicolas Maduro.
Cela « relève vraisemblablement des pouvoirs inhérents » du président, a-t-il remarqué.
Marjorie Taylor Greene, fervente militante du mouvement MAGA et partisane de longue date de Donald Trump — qui s’est récemment brouillée avec le président —, s’est montrée beaucoup moins indulgente.
Dans un long message publié sur le réseau social X, elle a vivement démonté la justification de M. Trump, selon laquelle le conflit au Venezuela vise à mettre fin au trafic de stupéfiants.
La plupart du fentanyl mortel qui entre aux États-Unis provient du Mexique, a-t-elle déclaré, alors « pourquoi l’administration Trump n’a-t-elle pas pris de mesures contre les cartels mexicains ? ».
Marjorie Taylor Greene a mis en avant plusieurs points susceptibles de trouver un écho auprès d’une grande partie de la base MAGA, notamment la différence entre forcer un changement de régime au Venezuela et l’agression russe contre l’Ukraine ou celle de la Chine contre Taïwan.
« Le dégoût » vis-à-vis des interventions étrangères, les dépenses à l’international plutôt qu’aux États-Unis et des « guerres néoconservatrices » : « beaucoup de partisans MAGA pensaient avoir voté pour y mettre fin », a-t-elle écrit. « Nous nous sommes vraiment trompés ».















































