Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, se rendra au Nigeria, au Bénin et au Ghana, acteurs régionaux et membres de la CEDEAO, pour tenter d’éviter une escalade au Niger. Alger s’est déjà investi sur le dossier depuis les récents bouleversements politiques.

Alger continue son travail de médiation. Très en vue diplomatiquement depuis la mise à l’écart du Président Mohamed Bazoum, l’Algérie va envoyer son ministre des Affaires étrangères au Nigeria, au Bénin puis au Ghana, pour trouver une issue à la crise nigérienne, rapporte un communiqué.
Le choix de ces pays est tout sauf un hasard, puisqu’ils sont membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui envisage une intervention armée au Niger.
« Le ministre Ahmed Attaf entame des visites de travail au Nigeria, Bénin et Ghana pour tenir des consultations avec ses homologues. Celles-ci porteront sur la crise au Niger et les moyens d’y faire face en contribuant à cristalliser une solution politique, laquelle épargnerait à ce pays et à la région les répercussions d’une éventuelle escalade de la situation », explique ainsi le ministère.

Inquiétudes à Alger

Depuis l’éclatement de la crise au Niger, l’Algérie s’est opposée à une intervention la CEDEAO. Une action armée constituerait une « menace directe pour l’Algérie », qui partage près de 1.000 kilomètres de frontière avec le Niger, avait notamment déclaré le Président algérien Abdelmadjid Tebboune, début août.
Outre les risques d’escalade, rien ne dit qu’une intervention militaire pourrait être couronnée de succès, spécifiait par ailleurs Ahmed Attaf récemment. D’autant que d’autres pays comme le Mali et le Burkina Faso ont déjà fait savoir qu’une action de la CEDEAO serait considérée comme une « déclaration de guerre » à leur encontre.
« Personne n’est sûr, même au sein de la CEDEAO, qu’une invasion militaire a une chance acceptable de succès. Vous pouvez commencer une invasion militaire, mais vous ne savez jamais comment elle se terminera », avait ainsi déclaré Ahmed Attaf au cours de sa visite aux États-Unis, le 9 août.
De nombreux observateurs ont déjà mis en garde contre une intervention de la CEDEAO au Niger, qui pourrait finir par embraser le continent entier. Une crainte partagée même dans le camp du Président déchu Mohamed Bazoum. « Si elle intervient militairement, toute l’Afrique sera en guerre », expliquait ainsi récemment à Sputnik, Antinekar al-Hassan, conseiller du dirigeant écarté du pouvoir.
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