La montée des eaux est un phénomène de plus en plus présent causé par le réchauffement climatique. Les villes côtières sont menacées par l’élévation de l’eau, ce qui provoque fréquemment des inondations. Cela impacte l’économie du pays, mais également le capital humain. Un déplacement de la population devient souvent nécessaire, puisqu’une certaine partie du territoire est tout simplement submergée.

Les États côtiers d’Afrique sont gravement touchés par cette catastrophe, et il peut être difficile de mettre en place des solutions puisqu’ils ont des ressources limitées. Pour la Côte d’Ivoire, c’est plus de 500 km du territoire qui seraient menacés par l’expansion de l’océan Atlantique.

Une situation géographique et économique particulière

La Côte d’Ivoire est un État d’Afrique situé sur la rive du golfe de Guinée, ayant une superficie de 322 462 km2. Il s’agit d’un pays voisin du Mali, du Burkina Faso, du Liberia, etc. (4). Sa proximité avec l’océan le rend très vulnérable aux changements climatiques, particulièrement à la montée des eaux. Un autre désavantage par rapport à cette situation c’est que la Côte d’Ivoire a un relief peu élevé (5). On retrouve quelques montagnes dans l’Ouest, mais la majorité de la superficie est composée de plateaux ou de plaines. En général, on compte une élévation entre 100 à 500 mètres (6). Pour ce qui est du climat, cette région se situe entre chaud et humide. Sur les côtes on retrouve davantage un milieu du type équatorial (7).

La Côte d’Ivoire se classe comme le premier producteur mondial de cacao et de noix de cajou (8). Elle « enregistre l’un des taux de croissance économique les plus rapides et soutenus en Afrique subsaharienne depuis plus de dix ans. Avec une croissance du PIB réel de 8,2 % en moyenne sur la période 2012-2019 (9). »

Selon l’Institut d’études de sécurité, la montée des eaux aurait impacté le produit intérieur brut de la Côte d’Ivoire de 5 % (10). La croissance économique a également diminué ces dernières années, notamment à cause de l’impact de la Covid-19 et de la guerre en Ukraine (11). Le gouvernement a su garder une bonne posture face à la Covid-19 grâce à des actions proactives comme la mise en place d’une politique budgétaire adéquate (12). L’impact de l’invasion russe en Ukraine a aussi affecté l’État africain, particulièrement par le dérèglement de la chaine d’approvisionnement ainsi que l’inflation (13).

Le réchauffement climatique : pire ennemi des Ivoiriens

Plus la société produit des gaz à effet de serre, plus elle met les villes sur le littoral de l’océan en danger. Surtout les États comme la Côte d’Ivoire qui ont peu de moyens pour faire face à ces impacts (14). La montée des eaux est un phénomène général qui s’explique à l’aide de trois facteurs. Le réchauffement des océans, la fonte des glaces des continents et celle de la calotte glacière ont tous un rôle à jouer dans cette équation (15). Ce réchauffement et cette fonte sont le résultat d’une trop grande production de CO2 qui reste dans l’air, ce qui ne donne aucun choix que de l’absorber (16). Les océans emmagasineraient environ 93 % de cette surproduction de ces émissions (17). Le reste de l’absorption de CO2 nécessaire serait partagé entre l’atmosphère, le sol et les glaciers.

Le fait d’absorber ce CO2 n’est pas sans conséquence. La température des océans va donc automatiquement s’élever, ce qui provoque une dilatation de l’eau (18). Ce qui veut dire que le volume de l’eau va augmenter, mais sa superficie, elle, est limitée dû aux côtes de la terre. De ce fait, le niveau de l’eau va monter et donc déborder sur le sol dans les régions côtières. Quant à elle, la fonte des glaciers ne fait qu’accentuer le phénomène. Selon les estimations du Giec, « la hausse du niveau des mers devrait atteindre près d’un mètre d’ici à 2100 dans le cas d’un scénario de réchauffement climatique à +4°C (19). »

Des conséquences dévastatrices

Selon un reportage de TV5 Monde, l’océan Atlantique gruge 40 mètres de plus chaque année (20). Cette montée des eaux a de graves conséquences sur les Ivoiriens, puisque le littoral génère environ 50 % du PIB annuel (21). La pêche côtière est affectée par cette catastrophe, car les pêcheurs ne savent plus où garer leurs embarcations (22). La destruction des mangroves et des écosystèmes impactera assurément la quantité de prises. D’ici 2050, la pêche côtière pourrait être réduite de 26 % (23).

D’autre part, l’océan engloutit de belles plages au détriment de l’industrie du tourisme. Selon un propriétaire d’un hôtel-restaurant, les prochaines saisons de tourisme vont être difficiles, car les voyageurs ne font qu’observer les ravages (24). Des résidus de bâtiments et des arbres déracinés rendent la destination moins attrayante. Il devient difficile de survivre financièrement pour les gens œuvrant dans le tourisme parce qu’ils ne font que pallier les dégâts (25).

La montée des eaux accentue l’érosion sur la côte ivoirienne. L’érosion côtière a de graves conséquences, car elle dégrade tout sur son passage. L’ambassadeur de la République de Côte d’Ivoire s’est déjà adressé aux Nations unies par rapport au problème d’érosion : « celui-ci se traduit entre autres par la disparition complète de certains établissements humains, des pertes considérables de terres, de fermes agricoles et une dégradation à une grande échelle des infrastructures balnéaires (26). »

Pour ces régions côtières, où il n’y a plus de barrières environnementales à cause de l’érosion, que les digues de sables ne fonctionnent pas ou que les maisons soient inondées et ravagées, le déplacement des communautés devient la solution (27). Or, le déplacement de population peut rapidement créer de l’insécurité puisqu’elle pourrait se déplacer vers des régions populaires pouvant devenir rapidement surpeuplées (28). Si la demande augmente, mais que les ressources ne répondent pas aux besoins du peuple, cela peut créer de l’instabilité dans plusieurs villes, comme Abidjan par exemple qui souffre déjà d’une grande quantité de précipitations engendrant des inondations (29). Le gouvernement ivoirien a investi dans des systèmes de drainage et devra sans doute continuer à le faire vu la situation climatique (30).

Un avenir incertain

Selon l’Institut d’études de sécurité, l’Afrique pourra s’adapter à cette montée des eaux, si celle-ci met en place et investit dans des solutions résilientes (31). Il y a plusieurs programmes en Afrique qui ont vu le jour notamment pour la protection du littoral. On peut compter sur l’action du programme de gestion du littoral ouest africain (WACA), une initiative de la Banque mondiale dont l’objectif est de lutter contre l’érosion afin de tout faire pour protéger le littoral africain (32). La Côte d’Ivoire fait d’ailleurs partie des pays qui ont demandé la création de ce programme.

En revanche, d’autres personnes dénoncent l’inaction du gouvernement ivoirien face à ce problème. Le journaliste Yves-Landry Kouamé en fait partie. Il craint que son pays se fasse engloutir, si le gouvernement n’arrive pas à mettre en application des politiques sérieuses.

Justine Danis

 


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