En Côte d’Ivoire, plus d’une dizaine de projets financés par des dons n’ont toujours pas démarré. Un rapport de la Cour des comptes évoque un montant de plus de 30 milliards volatilisé.

Une information qui a déclenché la polémique en Côte d’Ivoire. La Cour des comptes a révélé que 14 projets financés par des dons n’ont toujours pas démarré. Se posent, dès lors, des questions sur la gestion des fonds publics dans ce pays ouest-africain. Le journal ivoirien Linfodrome reprend que les projets financés sur dons au cours de l’année 2022 ont été exécutés à hauteur de 39 852 795 628 FCFA. Soit un taux d’exécution de 47,4%.

Scandale financier qui implique plusieurs ministères

Seulement, le média ivoirien souligne que ce montant est bien en deçà des 84 116 711 159 FCFA prévus. Selon le rapport de la Cour des comptes, quatorze projets financés sur dons n’ont connu aucun début d’exécution. Lesquels projets sont financés à hauteur de 34 244 907 000 FCFA. Et le média de révéler que ce scandale financier implique plusieurs département ministériels.

Sont concernés : le ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, le ministère de la Santé, le ministère du Commerce et de la Promotion des PME, de même que le ministère de l’Environnement et du Développement Durable. Le rapport de la Cour des comptes identifie des irrégularités dans les dépenses d’investissement sur financement extérieur en 2022, avec une exécution très éloignée des prévisions.

Transactions directes effectuées par les bailleurs

Suffisant pour que la Cour des comptes exige du ministre ivoirien du Budget et du Portefeuille de l’État des explications sur la non-exécution de ces projets. Ce département ministériel justifie cette situation par les transactions directes effectuées par les bailleurs. Cela n’a pas empêché la FIDHOP (Fondation Internationale des Droits de l’Homme et la vie politique) de réagir de façon énergique.

Dr Boga Sako, président de la FIDHOP, a interpellé le Président Alassane Ouattara et le Premier ministre Robert Beugré Mambé. Il demande une clarification urgente de cette situation préoccupante. D’autant qu’il voit un contraste entre le message de fin d’année du président de la République et les révélations troublantes du rapport de la Cour des comptes. La Cour des comptes de la Côte d’Ivoire pointe assez souvent des irrégularités.

Le ministère ivoirien du Budget interpellé

On se rappelle du Rapport définitif sur l’exécution de la loi de finances en vue du règlement du budget de l’année 2022. Celui-ci condamnait la gestion des ressources publiques du pays. A l’époque, le scandale concernait les frais de passeport et de carte nationale d’identité pour l’année 2022. Des fonds visiblement détournés, puisque les versements sont jugés dérisoires par rapport à l’affluence constante dans les lieux d’enregistrement des passeports et carte d’identité nationale.

Un montant de 792 000 FCFA avait été collecté au titre des droits de timbre sur les deux pièces administratives. Alors qu’il faut payer 5 000 FCFA pour une carte d’identité nationale et 40 000 FCFA pour un passeport. D’ailleurs, la Cour avait demandé des comptes au ministère ivoirien du Budget. La Cour étant convaincue que ces fonds, au lieu d’être reversés dans les caisses de l’État, ont connu une autre destination.

Par Etienne Dione, Afrik.com
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