La commune balnéaire, située dans le sud de la ville d’Abidjan, est confrontée, à certains endroits, notamment les quartiers sur la route de Grand-Bassam, à des inondations. Les populations vivent quasiment sur pilotis.

Lundi 10 juillet 2023, il est 9h, une pluie diluvienne s’abat sur la ville d’Abidjan. Une équipe de reportage se rend sur les lieux pour comprendre les réalités des populations de la localité.

A Anani, un quartier jouxtant l’autoroute de Grand- Bassam, il est pratiquement impossible d’avancer au niveau du nouveau centre de santé urbain.

Une vaste étendue d’eau fait obstacle aux véhicules.

De couleur verte et sale, cette eau montre l’ampleur des pluies qui continuent de tomber dans le quartier. Étienne, un riverain, dit n’avoir pas fermé l’œil de la nuit. Car occupé à sauver les meubles et appareils électroménagers.

« Chaque année, à la même période, nous sommes confrontés aux mêmes risques. Nous sommes contraints de vivre dans cet endroit, car nous n’avons nulle part où aller », relate-t-il. Une situation périodique qu’il qualifie d’inconfortable et de déplorable.

Conséquences sanitaires

Non loin de là, dans le sous-quartier ‘’Abraham’’, Abdoul Kader, un habitant, explique que souvent l’eau monte jusque dans les maisons, dépassant le niveau des prises électriques.

« Ça déborde souvent jusqu’au niveau du lit. Nous sommes obligés de marcher dans l’eau. Ici le niveau de l’eau est bas… », s’exclame-t-il avec un brin d’ironie.

Cette situation n’est pas sans conséquence pour les habitants. Abdoul Kader raconte qu’il y a seulement une semaine, sa sœur et sa mère étaient hospitalisées dans une clinique, puis au Chu de Treichville.

Également ses deux frères cadets ont vécu les mêmes symptômes. Ils ont tous été diagnostiqués positifs au choléra. Il craint une épidémie de choléra dans cette zone si rien n’est fait.

« C’est difficile de laisser des populations abandonnées à leur sort. C’est désolant ! », s’insurge Seydou K. S’adressant à l’équipe de reportage, il déclare : « Vous ne voyez qu’une infirme partie de l’inondation. Plus loin, il y a beaucoup plus d’eau qui atteint parfois à la cuisse. Depuis le début de la saison des pluies, il ne passe pas un jour sans qu’il y ait de déménagement. Nous sommes fatigués de cette situation qui n’a fait que trop durer. Chaque année, à la même période, c’est le même constat. Nous crions au secours, à l’aide mais rien n’est fait », dénonce-t-il.

Insécurité grandissante

Au carrefour de l’école Les Roitelets, dans le sous-quartier de Gonzagueville Terre Rouge, impossible d’aller plus loin. La rue est complètement obstruée par les eaux.

Les magasins et petits commerces sont fermés sur un kilomètre. Aucune autre issue.

Le malheur ne venant pas seul, des mauvais garçons profitent de la situation pour s’adonner à des agressions.

Pour avoir accès à ce qui reste de leurs domiciles, les riverains sont obligés de revenir tôt du travail pour éviter de se faire agresser dans cette ruelle dépourvue d’électricité. En témoigne Isaac, un jeune du quartier, qui a érigé un pont de fortune. Ce pont traverse la ruelle en largeur et sert à aider les habitants du quartier moyennant quelques pièces d’argent.

« Je le fais pour avoir les fruits de la générosité de certaines populations. Ici, nous sommes tous concernés par ce phénomène », déclare-t-il.

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