C’est la deuxième fois que le Président Umaru Sissoco Embalo dissout le parlement depuis qu’il est arrivé au pouvoir en 2020. Suite à des blocages politiques, il avait déjà interrompu le mandat de la dixième législature en mai 2022.

Dans un communiqué publié ce lundi, la présidence bissau-guinéenne annonce la dissolution de l’Assemblée nationale populaire. Selon le texte, les évènements des 30 novembre et 1er décembre ont été la principale raison ayant poussé le Président Umaru Sissoco Embalo à prendre cette décision.

Des militaires de la Garde nationale, avaient pris d’assaut les locaux de la police judiciaire à Bissau pour libérer le ministre des Finances, Souleiman Seidi, et le secrétaire d’État au trésor, Antonio Monteiro. Ils étaient en garde-à-vue dans le cadre d’une enquête sur des supposés retraits irréguliers de 10 millions de dollars US.

Au moment des faits, le président était à Dubaï pour participer à la COP 28, la 28e Conférence des Nations Unies sur le climat. A son retour à Bissau, il a qualifié les faits de « tentative de coup d’État ».

« Il s’agit d’un acte visant à renverser l’ordre constitutionnel, entraînant la perte de vies humaines du fait de cette action criminelle. Face à cette tentative de coup d’État, qui serait menée par la Garde nationale, et à l’existence de preuves solides de complicité politique, le fonctionnement normal des institutions de la République est compromis », explique le Président Bissau Guinéen dans sa décision de dissolution de l’Assemblée nationale populaire.

La dissolution du parlement entraîne également la fin des fonctions du premier ministre et du gouvernement.

Le Parti Africain pour l’Indépendance de la Guinée Bissau et du Cap-Vert (PAIGC) qui contrôlait le parlement dissous, dirigeait également l’équipe gouvernementale. Le Président accuse la majorité parlementaire d’avoir couvert des actes délictueux au sein de l’appareil gouvernemental.

« Lors du récent débat parlementaire sur le détournement des fonds publics, l’Assemblée Nationale Populaire, au lieu de lutter pour la stricte application de la loi d’exécution du budget et d’exercer son rôle de contrôle des actes du Gouvernement, a préféré prendre la défense de les membres de l’Exécutif soupçonnés d’être impliqués dans des actes de corruption portant gravement atteinte aux intérêts supérieurs de l’État», souligne le communiqué.

C’est la deuxième fois en trois ans de règne que Umaru Sissoco Embalo dissout l’Assemblée nationale populaire. Il l’avait déjà fait en mai 2022 suite à des tensions entre lui et le parlement. Les législatives organisées en juin 2023 ont remportées par la principale coalition de l’opposition Tera Tanka dirigée par le PAIGC.

RK/ac/APA

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