Interdite dans le pays depuis 2015, la pratique se fait toujours en cachette.

Abdoulie Fatty, un fervent militant pro-mutilations génitales féminines (MGF), a fait son plaidoyer devant l’Assemblée nationale gambienne pour soutenir un projet de loi qui vise à lever l’interdiction de cette pratique.

Lundi, l’imam Fatty a conduit un groupe d’autres religieux et quelques écolières voilées dans les couloirs de l’Assemblée nationale à Banjul, alors qu’un projet de loi défendu par un député était présenté devant les députés.

À quelques mètres de là se tenait un groupe de ferventes militantes anti-MGF parmi les activistes gambiens de l’égalité des sexes qui se sont dressées contre le projet de loi depuis qu’il a été proposé par Almamy Gibba, le député de Foni Kansala.

Gibba appartient à une faction de l’ancienne Alliance pour la réorientation et la construction patriotiques (APRC) de l’ex-président en exil Yahya Jammeh. L’autre faction est dirigée par l’actuel président de l’Assemblée nationale, Fabakary Tombong Jatta.

Les militants anti-MGF ont décrit ce projet de loi comme un triste jour dans l’histoire de la Gambie.

La pratique de l’excision avait été criminalisée en Gambie en 2015, date à laquelle l’ex-président Jammeh l’a décrite comme un moment décisif faisant entrer son pays de plain-pied dans le XXIe siècle, où de telles pratiques, qui marquent les femmes et les filles à vie, n’ont pas leur place dans l’avenir du pays.

Cependant, neuf ans après cette interdiction, des activistes locaux et internationaux ont averti que la législation contre les MGF était menacée par une campagne inflexible menée principalement par des érudits religieux et des gardiens de la tradition pour « ressusciter cette pratique ».

Les religieux ont poussé leur campagne un peu plus loin, en payant les amendes des personnes pratiquant les MGF poursuivies et reconnues coupables d’avoir enfreint la loi et en évoquant le Coran pour justifier la pratique comme étant vertueuse dans l’Islam.

Cette campagne a suscité la réaction d’organismes de surveillance continentaux comme le Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant, qui s’est associé à un groupe de la société civile en Gambie pour critiquer un « débat parlementaire régressif » sur la question et s’engager à protéger les femmes et les jeunes filles contre les conséquences préjudiciables des MGF.

Un amendement à la loi sur les femmes de 2010 a été adopté en 2015. Elle s’appuie sur une série d’instruments juridiques, dont le protocole de Maputo, adopté par l’Union africaine en 2003 et ratifié par certains de ses États membres.

WN/as/lb/te/APA

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