En délicatesse avec le pouvoir d’Abidjan, l’ex-président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro, qui vit en exil depuis 2019 suite à sa condamnation judiciaire pour « complot » et « tentative d’atteinte contre l’autorité de l’Etat », a encore maille à partir avec la Justice. Cette fois-ci, il est visé par une information judiciaire en France où il fait l’objet d’une plainte pour torture et assassinat, déposée en mai 2020, au nom de la fille du chef du « commando invisible », Ibrahim Coulibaly dit IB.

En attendant de voir à quoi aboutira ce nouveau dossier judiciaire que l’avocat de Guillaume Soro qualifie de « procédure calomnieuse et politique, une tentative de réécriture mensongère de l’histoire », on peut dire que les tuiles continuent de s’amonceler sur la tête de l’ancien chef rebelle qui avait pourtant réussi à gravir les échelons jusqu’à se hisser au rang de deuxième personnalité de l’Etat, après le président Alassane Dramane Ouattara (ADO), avant de tomber en disgrâce dans les conditions que l’on sait.

Et ce, au moment où l’ancien fidèle du président ivoirien, est loin d’avoir abandonné ses ambitions politiques. Lui qui ne faisait déjà pas mystère de sa volonté de briguer le fauteuil présidentiel en 2020, et qui ne semble pas désespérer de se retrouver sur la ligne de départ de la course menant au palais de Cocody en 2025. En tout cas, tout porte à croire que s’il s’est fait réélire, en 2022, à la tête de sa formation politique, Génération des peuples solidaires (GPS), c’est pour mieux rester au-devant de la scène politique, malgré son éloignement du pays. Toute chose qui dénote d’une volonté, pour l’ancien député de Ferkéssédougou, de continuer à peser dans le jeu politique, même s’il y a des raisons de penser que la perspective de son retour au pays natal, paraîtra toujours lointaine aussi longtemps que le fossé de la rupture entre lui et le maître d’Abidjan, continuera de s’agrandir. En un mot comme en mille, à regarder aujourd’hui la situation d’une telle personnalité politique qui est pratiquement contrainte à la clandestinité, l’on peut se convaincre que, sans pour autant avoir touché le fond, Guillaume Soro est en train de plonger. Surtout avec ce nouveau dossier judiciaire qui ne manquera pas de troubler encore son sommeil.

 

Laurent Gbagbo espère toujours être réhabilité

Mais au moment où l’avenir politique de Bogota continue de s’assombrir, l’ex-président Laurent Gbagbo, qui a été exclu de la liste électorale en raison d’une condamnation privative de ses droits civiques, et qui ne pourra pas voter lors des élections locales de début septembre prochain, garde espoir que d’ici à la présidentielle de 2025, il pourra être réhabilité. Pour le moment, l’ancien pensionnaire de la prison de la Cour pénale internationale (CPI), qui « considère cette non-inscription comme une manœuvre politicienne visant à l’écarter de la vie politique », affirme qu’il n’est « point affecté par la situation ».

Mais qu’en sera-t-il dans quelques mois, si le Christ de Mama n’obtient pas gain de cause, en ce qui concerne la présidentielle de 2025 qui avance déjà à grands pas ? Que va devenir la Côte d’Ivoire ? Va-t-on assister à un nouveau bras de fer entre le fondateur du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) et son rival de toujours, le président Alassane Dramane Ouattara ? La question est d’autant plus fondée que tout porte à croire que le désormais ex-époux de Simone Gbagbo dont le divorce a été officiellement prononcé devant la Justice ivoirienne, le 30 juin dernier, est loin d’avoir enterré ses ambitions de reconquérir le fauteuil présidentiel qu’il a perdu dans les conditions que l’on sait. Et si Gbagbo doit revenir dans le jeu électoral, au moment où le président ADO est dans une logique de passage de témoin générationnel, on peut se demander si le natif de Kong ne reverra pas sa position. De là à présager de l’éventualité d’une autre situation hautement conflictogène, qui verrait les trois grandes figures de la scène politique ivoirienne qu’ils constituent ensemble avec Henri Konan Bédié se remettre dans le jeu électoral, il y a un pas que d’aucuns pourraient vite franchir. C’est dire si l’on peut nourrir des craintes au fur et à mesure qu’approchera la date de la présidentielle de 2025, si rien n’est fait pour désamorcer la crise latente qui semble couver sous ces récriminations qui sont loin d’être anodines. En tout état de cause, la Côte d’Ivoire n’a pas besoin d’une répétition de l’histoire. Et l’on espère que tous les acteurs de la scène politique auront appris la leçon et l’auront comprise.

« Le Pays »

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