Reporté d’une semaine suite à une décision de Justice, le congrès du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA), s’est finalement tenu, le 22 décembre dernier à la Fondation Félix Houphouët Boigny pour la recherche de la paix, à Yamoussoukro.

Et comme il fallait s’y attendre, c’est l’ex-banquier, Tidjane Thiam, candidat favori, qui a été porté à la tête du plus vieux parti de la Côte d’Ivoire, avec 96,48% des voix contre 3,23% pour son challenger, Jean Marc Yacé, régulièrement élu maire de Cocody. Henri Konan Bédié peut donc reposer en paix, puisqu’il a désormais un successeur de taille, et de surcroit un neveu des Houphouët. Ainsi donc, le destin se joue du PDCI-RDA. En effet, voir un Thiam d’origine sénégalaise succéder au père de l’ivoirité ressemble bien fort à une leçon.  Malheureusement que le Sphinx de Daoukro à qui le destin parle, n’est plus de ce monde. Cela dit, il faut féliciter les militants du PDCI-RDA qui font montre d’une démocratie interne. Ils sont d’autant plus à féliciter qu’ils ont réussi, en l’espace d’une semaine, à aplanir leurs divergences pour aller à l’essentiel. En tout cas, c’est peu dire qu’ils ont fait preuve de maturité en évitant l’implosion du parti que certains pronostiquaient. Et on ose espérer qu’en appelant à l’union sacrée autour du parti, le nouveau patron du PDCI-RCA a pris la pleine mesure des défis qui l’attendent. Il a, certes, obtenu 96% des suffrages exprimés mais au-delà de ce chiffre, il doit se convaincre d’une chose : son élection n’a pas fait que des heureux.

 En choisissant un homme de réseaux, le PDCI-RDA nourrit le secret espoir de revenir aux affaires

 Ce d’autant que tout laisse croire que tout a été mis en œuvre pour qu’il devienne le troisième président du PDCI-RDA, après le père fondateur Houphouët Boigny, l’ancien président de Côte d’Ivoire, Henri Konan Bédié. C’est dire s’il doit tendre la main à ses adversaires, en commençant par le candidat malheureux et ceux qui ont intenté des actions en Justice contre le parti. Tidjane Thiam se doit de travailler à rassembler tous les militants afin de bâtir un parti uni et conquérant. Cela est d’autant plus important que le parti compte se lancer dans la course à la présidentielle de 2025 pour laquelle d’ailleurs, les congressistes souhaitent qu’il soit le porte-étendard du PDCI-RDA. Au-delà des défis internes, l’ancien patron du Crédit suisse devra également œuvrer à l’audit du fichier électoral et à la dissolution de l’actuelle Commission électorale nationale indépendante (CEI). En tout cas, en choisissant un homme de réseaux, le PDCI-RDA nourrit le secret espoir de revenir aux affaires. Et c’est son droit le plus absolu car, tout parti qui se veut sérieux, a pour vocation de conquérir et de gérer le pouvoir d’Etat. C’est vrai que Tidjane Thiam hérite d’un parti qui a une solide base politique puisque le PDCI-RDA dispose de grands cadres dont certains occupent de hautes fonctions électives. Mais tout cela peut paraître insuffisant pour faire mordre la poussière au candidat du RHDP. Cela dit, l’élection de Tidjan Thiam à la tête du PDCI-RDA, est un signal fort que le parti de l’éléphant envoie aux autres partis politiques.

 

Dabadi ZOUMBARA    

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