Il n’y a pas de date annoncée mais on devine déjà l’évènement. La Côte d’Ivoire va se préparer à rendre bientôt un hommage national à son ancien président, le « Sphinx de Daoukro », décédé, rappelons-le, le 1er août dernier.

Ce sera, à n’en pas douter, l’occasion de tourner la page d’un homme qui aura marqué l’histoire de son pays et ce, depuis 1959 avec son premier poste de fonctionnaire à l’ambassade de France à Washington. Et surtout, qui s’était donné pour mission de continuer l’œuvre de son mentor, l’ex-président Félix Houphouêt-Boigny.  

Cela dit, si le pays tout entier va faire ses adieux à ce membre du triumvirat (Henri Konan Bédié, Alassame Dramane Ouattara et Laurent Gbaggo, ndlr) qui a monopolisé la scène politique ivoirienne ces dernières décennies, il reste que sa famille politique, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire/Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA), fera son deuil avec, en tête, des questions importantes et inéluctables : quel avenir pour le parti ? Que vont devenir les militants du deuxième parti politique en Côte d’Ivoire né en 1946 et qui est aujourd’hui le plus vieux parti du côté de la lagune Ebrié ?  Voilà des questions légitimes que vont se poser Tidjane Thiam, Gaston Ouassenan Koné, Emile Constant Bombet, Allah-Kouadio Rémi, Alphonse Djédjé Mady, etc. Et voilà un faisceau de questions qui va hanter les esprits des militants de base du parti, de Daoukro à Abidjan en passant par Yamoussoukro. Cela s’explique aisément.  En effet, depuis la mort de Houphouêt Boigny en 1993, HKB était le seul maître à bord du parti.

Le plus vieux parti de Côte d’Ivoire a suffisamment de ressources pour survivre au Sphinx de Daoukro

 Malgré la poussée jeune, le poids de l’âge, la maladie, l’exil politique et les défaites électorales consécutives, le « sphinx de Daoukro» n’a jamais lâché les manettes du parti. Bien au contraire. Et parce qu’il n’a pas digéré son départ du pouvoir lors du coup d’Etat du général Robert Guéi en 1999, HKB n’avait pas renoncé à son rêve de réinstaller ses pénates au palais présidentiel d’Abidjan. Même les multiples défections de cadres du parti n’avaient pas émoussé la détermination de l’ancien président, à garder la tête de son parti et à se lancer de nouveaux défis politiques, notamment la présidentielle de 2025 à laquelle sa candidature ne faisait l’objet d’aucun mystère.  En tout cas, « le vieil Akan» vient de laisser son parti dans un avenir flou et des perspectives politiques incertaines. Outre les risques d’assister à un départ massif de militants vers d’autres partis, en l’occurrence le RHDP de Alassane Dramane Ouattara, il faut craindre une implosion du PDCI-RDA du fait des rivalités intenses entre les cadres et entre jeune et ancienne gardes au sein du parti, rivalités sur lesquelles a su surfer Henri Konan Bédié, pour garder le bâton de commandement. Le PDCI/RDA va-t-il payer cher la gestion monopolistique de son défunt président et pour avoir été incapable de préparer un leader à même de prendre la relève ? L’avenir nous le dira. Mais déjà, le plus vieux parti de Côte d’Ivoire a suffisamment de ressources pour survivre au Sphinx de Daoukro. D’abord, son histoire de plus de 75 ans d’existence lui offre une capacité de résilience et de sursaut pour faire face aux défis qui lui sont aujourd’hui posés. Ensuite, le PDCI-RDA regorge toujours de cadres compétents, capables de lui redonner ses lettres de noblesse. Enfin, la base sociale d’un tel parti qui a traversé les âges, reste solidement ancrée. La conjugaison de l’ensemble des facteurs favorables pourrait aider le parti à rester au devant de la scène politique ivoirienne. Seulement, cela dépendra de la vision et des choix des cadres du parti.

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2 Commentaires

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