L’Afrique de l’Ouest, notamment la Côte d’Ivoire, est confronté depuis le début des années 2000 à la cybercriminalité.

Cependant, le phénomène tend a considérablement diminué depuis que le cyberespace est plus régularisé et que les internautes sont de plus en plus sensibilisés sur les différentes formes de cyberarnaques (escroquerie, mensonge, piratage de site informatique privée, chantage à la webcam, etc…). Ceci a contraint les cybercriminels à prendre des mesures plus drastiques. Celles-ci impliquent le recours aux pratiques mystiques pour arriver à leurs fins.

Les technologies de l’information et de la communication (TIC) représentent un atout essentiel dans l’évolution et l’émergence de l’Afrique. Néanmoins, Il est malheureux de constater qu’elles servent aussi et le plus souvent de canal dans l’élaboration d’activités criminels.

Et avec la complexification du cadre législatif et des mécanismes de lutte dans de nombreux pays africains, faire appel aux services d’un féticheur ou marabout est devenu pour de nombreux cybercriminels en manque d’imagination, une étape indispensable dans l’extorsion en ligne.

Aussi, les victimes, pour la plupart issues de pays occidentaux deviennent de plus en plus averties sur les dangers et pièges du web. Un facteur qui complexifie la mission de ces derniers.

Selon les propos d’un cybercriminel recueillis par Paulin Konan, anthropologue ivoirien chargé de recherches à l’Institut National de Santé Publique (INSP), dans une étude collective récemment parue dans L’Information Psychiatrique (Cybercriminalité et occultisme chez des adolescents ivoiriens), celui-ci avoue être obligé d’envouter ses clients afin qu’ils puissent lui envoyer de l’argent sans aucune objection ni résistance. « Ils sont devenus plus prudents maintenant » a-t-il fait savoir.

Par ailleurs, la Côte d’Ivoire n’est pas le seul pays en Afrique de l’Ouest où la cybercriminalité a pris une dimension mystique. Un exemple est celui du Bénin où des jeunes compris entre 20 et 30 ans et pour la plupart à l’université se lancent dans cette activité. Leur but ultime est de se faire de l’argent et ceci par tous les moyens possibles.

Apparu au Bénin au cours de cette dernière décennie, l’escroquerie via les TIC n’a cessé de prendre de l’ampleur. Et ceci malgré l’adoption d’une Loi en 2011 portant sur la corruption qui consacre tout son chapitre XV aux infractions cybernétiques, informatiques et à leur répression, condamnant fermement la cybercriminalité.

Même si la législation au Bénin est de plus en plus rigide à l’égard de cette pratique criminelle, de nombreux jeunes s’y plaisent encore et parfois avec la complicité de certains acteurs cupides. Quelques textes de lois sont toutefois importants à souligner.

Au Bénin, l’Article 124 de la Loi No. 2011-20 portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin prévoit que : « Quiconque a procédé à la falsification de documents informatisés, quelle que soit leur forme, de nature à causer un préjudice à autrui, est puni d’un emprisonnement d’un an à cinq ans et d’une amende de deux millions à vingt millions de francs CFA. »

Sans oublier la Loi n° 2017-20 du 20 avril 2018 portant Code du numérique en République du Bénin. Il urge cependant de mettre en place une stratégie adaptée à cette nouvelle forme de cybercriminalité pour contrer ce phénomène.

Christelle HOUETO 
Journaliste digital

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