La réélection de M. Bio en juin a à peine masqué ces divisions politiques parfois profondes en Sierra Leone.

Les autorités de Freetown veulent faire la lumière sur la tentative avortée du mois dernier de renverser Julius Maada Bio.

Le dernier rebondissement de la saga post-coup d’État a consisté à élargir le filet d’enquête à des personnalités politiques de premier plan.

Et il n’y a pas plus haut placé que l’ancien président Ernest Bai Koroma, qui a été convoqué pour être entre entendu.

M. Koroma, quatrième président de la Sierra Leone entre 2007 et 2018, a déclaré qu’il ne se contenterait pas de coopérer avec les enquêteurs, mais qu’il leur apporterait également son soutien inconditionnel afin de garantir que l’État de droit prévale à tout moment.

Jeudi, il s’est vu accorder 24 heures pour se présenter à la police après que l’un de ses anciens assistants militaires a été désigné comme un possible suspect de coup d’État.

L’ancien président, qui jouit toujours d’une grande popularité, a condamné la dernière tentative de renversement de son successeur Julius Maada Bio et a nié toute implication, appelant ses partisans à faire preuve de retenue et à rester « dans le cadre de la loi ».

Il a été suggéré que plusieurs officiers ayant servi sous ses ordres auraient pris part au coup d’État sanglant avorté du mois dernier, au cours duquel 21 personnes ont été tuées, dont 13 soldats.

Dans le but de renverser Julius Maada Bio, des soldats rebelles ont fait une incursion dans la caserne principale de Wilberforce et dans les prisons centrales situées le long de la route de Pademba, réquisitionnant des armes lourdes et libérant plus de 2000 détenus.

Ils ont finalement été repoussés par les troupes loyales.

Bien que de nombreuses arrestations aient eu lieu, certains des assaillants seraient toujours en fuite et leur tête a été mise à prix.

Selon les observateurs, l’insurrection armée met en évidence la précarité de la stabilité démocratique de la Sierra Leone, quelques mois seulement après que M. Bio a remporté un second mandat présidentiel.

La réélection de M. Bio en juin a à peine masqué ces divisions politiques parfois profondes en Sierra Leone, qui suivent des lignes tribales, et que les politiciens des deux bords n’ont que peu ou pas apaisées.

Ce pays de 8,4 millions d’habitants, riche en minerais, a connu une guerre civile dévastatrice qui a duré du début des années 1990 à 2002.

WN/as/lb/ac/APA

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