Au Niger, des militaires ont annoncé avoir renversé le président, Mohamed Bazoum dans une prise de parole à la télévision, cette nuit, par le colonel-major Amadou Abdramane, entouré de neuf autres militaires. C’est donc un nouveau pays du Sahel qui connaît un coup d’État, depuis 2020 dans cette région, les rivalités internes au sein des armées ont eu tendance à s’accentuer ces dernières années. C’est le constat que dresse Niagalé Bagayoko qui préside le centre de recherche African Security Sector Network.

Les institutions du pays sont suspendues, un couvre-feu a été décrété entre 22 heures et 5 heures et les frontières terrestres et aériennes ont aussi été fermées.

Pour Niagalé Bagayoko, qui préside le centre de recherche African Security Sector Network, il y a une tendance au retour des régimes militaires sur le continent :

« C’est une tendance que l’on constate de manière de plus en plus généralisée sur le continent africain. Aux cas du Mali et du Burkina Faso, il faut bien entendu ajouter ceux de la Guinée et du Soudan, ce qui s’est produit aussi au Tchad. Il y a une tendance très claire au retour du prétorianisme sur le continent africain, et il ne faut pas oublier que cette tendance s’inscrit dans une trajectoire historique avec des États qui ont été soumis, de par leur passé, à des régimes militaires de manière très fréquente, et le Niger fait partie de ceux-ci. »

Depuis la fin de la colonisation française, en 1960, le Niger a connu de nombreux soubresauts militaires, dont quatre coups d’État.

Des rivalités internes exacerbées au sein des armées

En Afrique, les rivalités internes au sein des armées ont eu tendance à s’accentuer ces dernières années. C’est le constat que dresse Niagalé Bagayoko.

« Les logiques propres aux appareils militaires sont extrêmement particulières sur le continent africain. On a des armées qui sont souvent traversées de rivalités qui ont eu tendance, au cours de la dernière décennie, non pas forcément à être gommées mais parfois, aussi, à être renforcées du fait des programmes d’appui qui ont été apportés à ces différents appareils de défense et de sécurité.

Les équilibres en leur sein, tout comme les relations entretenues avec les civils et avec les autorités politiques, ont eu tendance à se modifier, et cela n’a pas forcément été perçu par les partenaires internationaux parce que cela demande une connaissance assez fine de la sociologie interne des rapports de pouvoir au sein de ces armées. »

Niagalé Bagayoko-Penone est docteur en Science politique, diplômée de l’Institut d’Études Politiques (IEP) de Paris. Elle fut chargée du programme « maintien et consolidation de la paix » à l’Organisation internationale de la Francophonie.

 

Niagalé Bagayoko-Penone est docteur en Science politique, diplômée de l’Institut d’Études Politiques (IEP) de Paris. Elle fut chargée du programme « maintien et consolidation de la paix » à l’Organisation internationale de la Francophonie.

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